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 from memoriam (w/asulf)
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Sujet: from memoriam (w/asulf)   - Mer 1 Mar - 12:20



Asulf & Gunhild
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to give weight to what we have


S
on souffle décrivait de curieuses volutes de buée, en cette matinée où la fraîcheur régnait, enrobant les corps, mordant la moindre parcelle jusqu’au derme profond. Gunhild prenait en chasse le vilain garnement qui n’avait de cesse, depuis plusieurs minutes, d’emprunter les chemins les plus alambiqués pour échapper à sa prise, proie dotée d’une célérité occulte à laquelle elle n’arrivait jamais à faire pleinement face. Par Odin, elle n’était point loin d’en invoquer les déités, peut-être qu’au panthéon , ses prières trouveraient une oreille attentive. Elle accéléra, répondant à la ruse par l’agilité, elle contourna l’étole d’un marchand de fruits, s’engageant dans une ruelle étroite ; la jeune femme manqua de peu de se retrouver au sol, pour en apprécier l’étendue de boue qui le maculait. Elle aperçut la silhouette qui s’éloignait progressivement, aussi prompte qu’un feu-follet, était-ce son imagination ou des ailes prenaient forme et battaient , flanquant le garçonnet svelte ? Elle déglutit et poursuivit l’effort. « Peste soit de toi, Ole. C’est bien la dernière fois que j’accepterais de te prêter quoi que ce soit » - à bout de souffle, sa détermination ne faiblit guère, au contraire, elle gagna en férocité pour exploser en un cri stridulant qui offrit au roublard la certitude que ce qui l’attendait n’allait guère s’apparenter aux enjoleries pour lesquelles la jeune Haug était réputée. A l’évidence, cela invoqua la terreur couarde qui amplifia la vitesse du feu-follet, il courra avec tel désespoir qu’il disparut du champ de vision de la dryade en moins de temps qu’il ne fallait pour cligner des paupières. Elle pila, démunie, posa ses mains sur ses hanches , elle venait de perdre plusieurs septims, par pure stupidité. Il y avait, chez ce garçon, quelque chose d’impénétrable qu’elle désirait à tout prix, et ce littéralement, comprendre. Elle se pencha en avant, pour mieux retrouver correcte respiration. Lorsque se fut chose faite, elle releva la tête pour rencontrer le regard gouailleur d’un bon gaultier passant par là : « Il court drôlement vite pour un Umagi »- drôlement, en effet, ce qui les fit aussitôt rire – et qui rappela à son souvenir un certain goût amer. « Où donc te mèneront tes pas, l'ami ? »- lança-t-elle, bien plus par politesse que par réel intérêt, ses lèvres se fendirent aussitôt d'un sourire qui adjura une chaleur qui vint empoigner l'homme au collet. Il se racla la gorge et fit signe vers le chemin qui menait en dehors de Skogen, « Forgeciel,ma dame » - il s'interrompit quelques secondes, fronçant les sourcil; Forgeciel s'entendit-elle murmurer, il ne lui fallut point plus de réflexion pour déclarer qu'elle ferait route en sa compagnie, hâtée d'apprécier la touffeur de cet endroit où les plus belles lames étaient confectionnées. « Votre oncle n'app... »- le regard qu'il reçut lui coupa la chique, il n'ajouta rien. « J’ai une lame à récupérer, figure-toi » - répliqua-t-elle, avec désinvolture. Il y avait quelques semaines de cela, décidée à remplacer le surin qui lui avait été subtilisé par ce filou méphitique d’Ole, elle avait passé commande auprès d’un certain Asulf. Du moins, une Thraell affectée à son cortège s'en était chargée à sa place, pour ne point éveiller l'intérêt  commun. On le disait consciencieux et doué. Si le peuple unanime s’évertuait à l’interpeler par le prénom qui lui avait été octroyé, il n’en demeurait pas moins un Digh. Et en cela, beaucoup se retenaient d’en prononcer le nom, par peur d’attirer le malheur sur leur cahute, qui s'exprimerait surement par le carmin décrivant des sillons à travers les aiguilles de pins.  Personne ne désirait cela, pas même Gunhild. Elle ne connaissait que trop bien les esquisses bileuses de celui qui servait d'oncle, sa bonté éteinte tressautait en permanence lorsque les discussions ravivaient les temps anciens.L'avant.    à chaque fois qu’elle y dédiait une pensée, même la plus fugace, la plus infime ; son cœur ratait un battement. Il y avait des matins radieux et des journées du même acabit qui succédaient aux heures mélancoliques. Elle avait, années faisant, appris à en délier les artifices, sans pour autant en combattre l’aprêté qui creusait indubitablement de profondes pelletées dans la quiétude toujours transitoire. Elle se rappelait les archiptères d’antan, jouissant des fluctuations du cycle vital. Gunhild était persuadée qu’arriverait un jour où l’astre honorerait à nouveau la haine abyssale qui filait les ruelles pour unifier les plus récalcitrants. « Guerrière ? » – demanda l’homme, arquant un sourcil. Elle fit la moue. « Cela et tout son contraire » - claqua-t-elle, décidant de presser le pas. Lorsque Forgeciel se dessina enfin sous son regard d’ambre, la jeune femme observa quelques secondes de léthargie. Incapable de comprendre le sens de l’intuition qui venait de la frapper, elle esquissa quelques pas, se sépara de son compagnon de route non sans lui souhaiter que les dieux lui portent leur bienveillance. Elle dût demander à quelques hommes où pouvait donc se trouver le dénommé Asulf. Elle finit par en saisir les contours, penchés là, au dessus d’une enclume, le martinet levé au dessus de la tête. Elle prit quelques minutes qu’elle floua à Idunn, contemplant l’artisan et l’homme, appliqué dans la composition d’une arme qui finirait certainement fichée dans le torse d’un combattant. Gunhild avança à pas feutrés et fit halte à quelques mètres du ferronnier. « Forgeron, je crois que tu as travaillé une lame m’appartenant » - elle esquissa un sourire, expectative.


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Sujet: Re: from memoriam (w/asulf)   - Jeu 2 Mar - 18:24


From memoriam
Un ultime coup retentit dans la bâtisse qui se confondit bientôt avec ceux provenant de l'arrière. Le forgeron jeta un coup d’œil appliqué partant du bas de la pièce de métal à la pointe rougeoyante avant de plonger toute sa longueur dans une cuve remplie d'eau. Instantanément, on entendit un son net provoqué par la rencontre du chaud de la saxe forgée avec le liquide glacial. La trempe était l'un des moments préférés du jeune nordique, elle marquait l'accomplissement de son véritable travail, l'ornement et le manche n'étaient que des tâches mineures face au martelage qui prenait une éternité et qui demandait une force conséquente. L'acier de Skogen était réputé pour être le meilleur des terres gelées, cette réputation n'était ni due au hasard ni à des légendes, elle était le fruit d'un travail de dur labeur. Chaque pièce était travaillée des jours durant pour lui donner sa robustesse et sa noblesse. Elles alliaient des matières premières de qualité avec un savoir-faire hautement conservé. Asulf avait hérité de ce dernier, malgré lui. Frapper du fer toute la journée n'était pas ce qui l'intéressait le plus, mais c'était sa condition et il l'avait accepté depuis très longtemps. On pourrait croire que si le travail n'était pas plaisant, le cadre serait une contrepartie alléchante, loin de là. Travailler au cœur des braises toute la journée aux côtés de Therfhild ajoutait une difficulté supplémentaire. Ils ne s'étaient jamais apprécié, cet homme qui lui avait servi de mentor contre son gré l'avait toujours méprisé en tout point, sûrement était-ce lié au fait que le jeune apprenti était un Digh et que le veuf n'avait jamais supporté cette famille. Quoi qu'il en soit, il avait apprit à faire avec et les deux adultes dont les générations séparaient évoluaient désormais à la même place. Ils ne s'adressaient que très rarement la parole et économisaient leurs mots. Pourtant, les deux artisans allaient bientôt avoir l'occasion d'échanger quelques mots quand deux personnages s'attardèrent non loin de la forge.

Ce fût entre deux martellements qu'il perçut la voix de la jeune femme qui se trouvait à quelques mètres de lui. Il relevât aussitôt la tête, la fixant pendant quelques minutes l'air intrigué. Elle affichait un sourire poli qui accompagnait ses mots. Effectivement, le viking s'était chargé d'élaborer une dague pour une acheteuse de la famille du jarl. Asulf était surpris, surpris de la voir dressée devant lui alors que les semaines précédentes, elle avait envoyé un serviteur pour s'occuper de cette affaire. Cet endroit n'était pas l'aspect le plus attrayant du village, toujours recouvert d'un voile de brume permanent, bruyant et peuplé d'hommes aux gueules suantes et noircies par la crasse et les fumées. Il était loin d'être accueillant et encore moins sain et pourtant, elle était là. Quelque chose bougea à l'arrière, le cinquantenaire commençait à se diriger vers l'entrée pour connaître l'origine de la voix. Le Digh tourna légèrement la tête et s'adressait désormais à son compagnon. "Laisse, je m'en charge". Cela suffit au maître des lieux pour lui faire tourner les talons et repartir de là où il venait, marteau et pointe à la main. Dirigeant son regard à nouveau vers son interlocutrice, il décida simplement de lui tourner les talons pour aller saisir une lame nichée sur une pierre et enroulée dans un tissu. Il la rapporta avec lui jusqu'à ce qu'il se trouve en face du commanditaire. "Voici ta dague, fais attention elle est très aiguisée, je voudrais pas que tu te blesses Gunhild". Il affichait désormais un sourire taquin, il ne doutait pas du fait que la jeune femme arrive à manier un couteau de ce genre sans tuer quelqu'un accidentellement, mais il ne pouvait pas contenir sa surprise face au sérieux de la demande. Cette personne, il l'avait connu plus jeune et elle ne partageait pas cette attirance pour les combats que certaines filles pouvaient développer. Il se demanda alors si elle l'avait reconnu, peut-être, en tout cas elle savait qui il était, beaucoup de villageois le savaient. "Je m'appelle Asulf, si tu as oublié". Il lui tendait à présent l'artefact en prenant soin d'avoir dégagé sa main du manche, permettant ainsi à la Haug de pouvoir le saisir sans se couper.
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Sujet: Re: from memoriam (w/asulf)   - Ven 3 Mar - 1:24



Asulf & Gunhild
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I
l n’y avait en cet endroit pas de place pour la délicatesse féminine, ni même pour la pureté ; tout n’était qu’un amoncellement de suie. Prédominait une étrange odeur d’empyreume qui exhalait de divers points incandescents situés çà et là, elle qui avait hâte d’être happée par la chaleur se rendit compte à quel point ses attentes venaient d’être spoliées. Il n’y avait pas de place pour Gunhild Haug et ses fines parures, seuls les brimborions auraient pu y être flattés. Nonobstant cela,  ne disait-on pas que la beauté se trouvait dans l’œil de celui qui regardait ? Elle soutint le regard du  jeune homme, d’insignifiantes secondes  où les réminiscences prirent part à l’échange. Iris citrins contre iris céruléens, porteurs de nombreuses interrogations. Elle n’avait jusque là aucunement eu l’intention de venir s’enquérir de cette tâche par elle-même, seulement, l’intuition qu’elle avait eu tantôt avait été précédée d’une autre. Ce maudit Ole devait certainement être un esprit malin, enclin à lui jouer bien des tours, peut-être avait-il placé l’insolite graine qui depuis , au contact de toute cette moiteur, germait de cette manière aussi imperceptible qu’effective. Sa Thraell s’était montrée peu javotte au sujet du dénommé Asulf, elle comprit dès lors pourquoi ses pommettes se teintaient d’un éclat amarante  à sa mention et pourquoi l’enthousiasme détonait à la moindre escapade à Forgeciel. Lorsqu’elle entendit un bruit, elle esquissa un pivot ; elle ne prêta pas attention à l’homme qui n’eut même pas le temps de se joindre à eux, vite éconduit par le plus jeune. « L’on m’a narré une éloge dressée à tes talents de ferronerie » - entre autres, songea-t-elle, on lui avait davantage conté la bienveillance des Digh et , la cruauté d’Alderik, sous le poids de l’alcool. Gunhild se retrouvait fréquemment garante de confidences scabreuses ,qui tombées dans les mauvaises oreilles auraient entrainé des conséquences bien regrettables. Existait chez elle un besoin viscéral de converser pour filer l’histoire et lui octroyer une contenance, s’il était capable de marteler le fer pour lui imposer une forme précise, elle était capable quant à elle de flatter les cordes sensibles. Chacun était artisan, certes,  de son propre destin en l’occurrence. Elle l’observa, silencieusement, lorsqu’il alla chercher sa commande, lorsqu’il revint pour se poster face à elle, projetant son ombre ; il possédait une présence lupine harassante. Il prononça son prénom. L’étonnement qui déflagra aussitôt en elle ne put être aperçu sur ce visage où l’impassibilité était aussi feinte que l’entrain qu’elle avait affiché en pénétrant dans ce lieu où la pénombre exigeait quelques dimes. « Par où dois-je l’attraper ? La pointe ou la poignée ? » - demanda-t-elle, d’une voix ingénue, du ton le plus caustique en réserve.  « Ce ne sont pas les armes qui me font peur, mais les hommes qui se trouvent à l’autre bout » - rien n’était plus pernicieux que l’esprit vif et la cruauté humaine, car si les armes infligeaient des blessures pour la plupart mortelle, les hommes, eux, décidaient de porter les coups, les dirigeaient, donnaient instantanément, aussi furtifs que des fléchettes, naissance à des légendes, à des veuves, à des orphelins. « Elles ne tailladent que si l’homme le veut » ajouta-t-elle, et en cela, il n’y avait pour la jeune femme rien de bien noble à usiter de lames lorsque les mots pouvaient être aussi tranchants. Elle ne cilla pas , au contraire, l’espièglerie prit ses marques sur les traits d’un visage que l’on voulait plaisant, en tout temps. Cependant, si ses charmes pouvaient annihiler bien des volontés masculines, elle ne pouvait hélas compter sur ses seuls galbes pour arriver à bout de quiconque n’avait nul intérêt à lui conter fleurette. Elle arqua un sourcil et présenta sa paume pour attraper l’arme qu’il lui tendait. « Je me souviens très bien de toi, Asulf » - lança-t-elle, prenant soin de soupeser l’arme, légère, facilement maniable, affutée comme il le fallait ; elle pria pour que l’occasion ne lui soit jamais donnée de l’utiliser. « Je n’oublie jamais un visage, pour beaucoup c’est un défaut, surtout pour ceux qui ont des choses à se reprocher » - elle leva l’arme, l’agita quelques instants sous son regard avant de la pointer dans la direction du jeune homme, un sourire en coin de lèvres. « Mais, ça n’est pas ton cas... » - elle apprécia une courte pause puis poursuivit : « Es-tu capable de parementer le pommeau ? Cette arme me paraît bien triste » -  de sa main libre, elle se saisit  des boucles qui paraient ses oreilles, faite d’un or récupéré lors d’un raid , un gage de son oncle. Lorsqu’elle s’en départit, elle les tendit aussitôt au jeune homme, ne lui donnant guère l'occasion de refuser.


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Sujet: Re: from memoriam (w/asulf)   - Sam 4 Mar - 15:29


From memoriam
Au milieu des cendres et des fumées se tenait cette jeune femme qui ne semblait ni inquiétée ni hésitante. Son visage traduisait de l'assurance et elle ne paraissait pas malaisée par l'environnement difficile de la forge. Elle dirigea un compliment en faveur d'Asulf, que ce dernier pris soin de relever. "Je me débrouille comme je peux". Il n'aimait pas que l'on estime son travail plus méritant que les autres hommes qui martelaient en ces lieux toute la journée, ils forgeaient aussi bien et pourtant n'avaient pas forcément la même formation très centrée sur cet art lorsqu'ils étaient plus jeunes. Lui, on l'y avait plongé instantanément, lui donnant toutes les cartes en mains pour réussir, à défaut d'un mentor qui l'appréciait. Cependant, les mots de Gunhild lui avaient procuré une certaine reconnaissance, ce n'était pas courant de les entendre dans la bouche de ses pairs.

Lorsque le jeune homme lui tendit la dague fraichement façonnée, la jeune Haug fît mine de ne pas savoir par quel côté elle devait l'attraper. "Si tu es assez habile, tu ne feras pas la différence". Il était vrai que lorsque l'on prenait l'habitude de manier ce genre d'artefact, on savait où mettre ses doigts pour ne pas se couper. Dès lors, on pouvait ou bien le saisir traditionnellement par le manche, mais également par la lame voire le bout de la pointe pour projeter le couteau vers une cible. Après cette remarque, la jeune femme devint plus sérieuse et pris un ton soudainement austère. Elle parlait justement, les lames étaient manipulées par les hommes eux-même responsables des malheurs causés par elles. On ne pouvait changer le monde, lui ôter toutes ces armes et instaurer la diplomatie universelle dans le cœur et l'esprit des gens, certains étaient attirés par le sang et uniquement le sang. Asulf avait vu ces mêmes démons agir sur le champs de batailles, des faiseurs de veuves qui ne combattaient ni pour le victoire ni pour défendre ce qu'ils chérissaient, mais seulement pour ressentir le plaisir de trancher la chaire et faire régner la peur. Il repensa alors à la manière dont les habitants avaient pris le pouvoir cinq ans auparavant, la façon dont Aldarik avait orchestré la mort des siens. Sur ces pensées, Asulf releva la tête et regardait à présent la nordique dans les yeux. Il préférait s'abstenir de répondre tant son avis était partagé, bien trop contrasté pour être exposé devant ce personnage qu'il n'avait pas vu depuis longtemps. Bien des fois il s'interrogeait sur la nature de l'acte qu'il comptait entreprendre, était-ce le seul moyen ? Il n'avait pas de doute dans le fait qu'il devait punir, mais ne se rapprochait-il pas de son ennemi à force de vouloir le combattre ?

Perdu dans ses pensées, il ne fallut pas beaucoup d'efforts de la part de la jeune dame pour saisir le coutelas et le retourner contre l'artisan. Elle disait se souvenir parfaitement bien de lui, cela ne l'étonna pas réellement puisque durant leur enfance, la petite fille à la chevelure en cascade était brillante et toujours habile avec les mots. Elle les choisissait intelligemment, c'était toujours le cas. Lorsque Gunhild décida de relâcher sa posture et abaisser la dague, Asulf afficha un sourire taquin tout en balayant la pièce des yeux. Il revint finalement se perdre dans ceux de son interlocutrice. "Qu'est-ce qui te fait croire que je n'ai rien à me reprocher ?" lança-t-il sur un ton de défi. Quelque chose qu'ils avaient potentiellement en commun, c'était l'amusement qu'ils pouvaient avoir à jouer avec l'art de la parole. Une demande fût alors formulée, cette dernière lui donna nature à hésiter pendant quelques secondes en lorgnant sur la dague dépourvu de parure. La jeune femme détacha ses boucles d'oreilles dans le but de les voir incrustées dans le pommeau. Sans nul doute c'étaient de belles pièces, trop belles pour prendre le risque de les voir dégradées par les outils d'un forgeron. Soit, il était doué et pourrait arriver à les fixer pour en faire une décoration plus que convenable, il s'appliquerait pour ne pas s'attirer les foudres de la belle. Après avoir pris sa décision, il tourna les talons pour plonger ses mains dans un sceau d'eau glacée pour les nettoyer, il enfouit son visage dans ses mains imbibées qui permirent de lui retirer les traces de suie. Plus présentable, il était temps pour lui de donner sa réponse. Assurément, c'était un travail qui allait lui demander du temps et de la minutie, il ne voulait pas voir l'un de ses Thraell venir effectuer ses basses besognes à sa place, elle devrait être sure de le vouloir. "Je m'engage à le faire si tu es prête à revenir la chercher en personne". Sur ces mots, il entoura la partie libre du poignard en effleurant les doigts de l'autre personne qui le saisissait de l'autre côté.
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Sujet: Re: from memoriam (w/asulf)   - Dim 5 Mar - 14:16



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«T
oute personne est présumée innocente jusqu'à preuve du contraire, forgeron » souffla-t-elle , la voix vrillée d'un sourire, et c'était là une vérité ineffable  qui en  offusquait plus d'un. Un droit réel et inaliénable.  L'expérience lui avait donné la possibilité d'en apprécier tous les rouages. Il y avait chez cet homme , dans tous les regards dont il la gratifiait , un éclat brillant rubicond qui lui évoquait les traînées de sang sur une épaisse couche de neige; derrière ses rictus amènes se cachaient des crocs luisants et à n'en pas douter, il lui parut limpide qu'il n'était guère exempt de travers. Ni innocent, ni coupable; simple mortel. Il n'y avait nul être en ce bas monde pouvant se targuer de ne point avoir commis d'erreur. Elle soutint sa mirade, attrapa l'air de défi et fit avec exactement ce qu'elle faisait toujours, elle ricana, insinuant à l'ego qu'elle ne mordait pas. Pas à cet hameçon là. L'homme qui s'escrimait les heures d'une journée à s'écorcher la chair , sous une chaleur insupportable, valait bien mieux que le plus illustre des marauds qui s'employait à la confection d'épées. Elle plissa les paupières, surprise qu'il ne donne promptement une réponse à sa requête, il fit une chose à  laquelle elle n'était guère habituée, il se détourna d'elle, instaurant un silence perturbé par moment par le bruit caractéristique du contact entre le fer et le martinet. Celle d'une volonté ployant devant une autre, plus violente. Cette interlude déroutante agaça ses nerfs et l'irrita jusqu'à la moelle, elle leva les yeux au ciel et retint un commentaire acerbe dédié au pittoresque du cadre auquel elle se retrouvait soumise. La seule présence du jeune Digh aurait certainement attisé les feux de la fureur chez celui qui dirigeait Skogen ; cette pensée aussi éphémère invoqua une gêne qu'elle déglutit lorsqu'il lui daigna un autre regard. « Derrière la crasse se cache donc un minois » - pas déplaisant, accorda-t-elle, changeant de posture pour accueillir la réplique tant attendue. Avait-elle bien entendu ? Ou  ses sens s'étaient donc joués d'elle ? Elle s'apprêtait à lui arguer la douceur de mots acides mais il ne lui en laissa pas le temps, sa paluche vint effleurer la sienne pour la délester de son surin, surprise, elle resta coite. Elle devait lui reconnaître une certaine expertise, son bagou semblait aussi affuté que la lame qu’il avait travaillé, combien donc de faibles donzelles avaient subies les affres du venin qu'il distillait ? Un nombre effarant, pour sûr.   « Je vois que tu es agile » - lui fit-elle la remarque, baissant le regard sur la pointe par laquelle il venait de saisir l'objet.  « Je ne peux hélas rien te garantir, je n'en ai peut-être pas l'air mais je suis une femme très occupée ». Elle officiait en tant qu'alleresse, Frigg s'était montrée généreuse, Gunhild attendait pas moins de trois naissances et ce  avant la prochaine lune. N'était point  né celui qui se montrerait capable de biaiser ses plans. Esprit libre et réfractaire, elle n'était portée que par les vents contraires. Et l'un d'entre eux semblait vouloir souffler, à cet instant là,  avec une véhémence inopinée. Elle arqua un sourcil, apostrophée. « Je te trouve bien confiant, Asulf. Je pourrais tout aussi bien octroyer cette tâche à quelqu'un de plus expérimenté et de moins exigeant.. »- elle pouvait aisément trouver un forgeron, après tout , Forgeciel en était peuplé. Mais, elle savait qu'elle ne le ferait pas, sa curiosité était bien trop molestée, disputée entre ce qu'elle savait déjà et ce qu'elle était encline à savoir,saisie , elle poussa un long soupire avant de le fixer , pensive. En quoi sa présence pouvait-elle changer quoi que ce soit ? Mis à part l’empêcher de déléguer des besognes qu’elle était capable, toute cicéronne, de trouver objectivement indignes d’elle. C’était mal la connaître, ses paumes ne présentaient guère de callosités, néanmoins, elle savait excellemment les utiliser. Beaucoup se fourvoyaient la concernant. « Soit ...» débuta-t-elle,  secouant la tête l'air d'insinuer qu'elle le ferait probablement, mais cela sans grand enthousiasme. «... s'il s'agit là d'une condition sine qua non » - reprit-elle. De l'index elle désigna l'arme désormais en la possession du jeune homme.« Comment comptes-tu t’y prendre ? » - Elle esquissa quelques pas, pour instaurer une distance convenable entre Asulf et elle ; les langues vives ne manquaient pas, elles prenaient racines là où les esprits se montraient le plus ataraxiques. Gunhild ne perdait jamais le nord, ni tous les points cardinaux qui avaient été inventés jusque là. « Je ne doute pas de ton savoir-faire, Asulf. Et ton assurance manifeste ne fait qu’affirmer ma confiance, cela étant dit, les hommes sont connus pour leur...brusquerie. Ce sont là des pièces finement travaillées »- elle désigna du menton les boucles sur lesquelles il avait déjà posé un regard appréciateur quelques minutes auparavant. « J’y tiens »- et c’était là la raison pour laquelle elle désirait en parer sa dague. Des reliques datées d’un temps ancien, l’accompagnant en toute épreuve, amulette d’un genre nouveau. « Alors, maintenant, tu sais également dans quoi tu t’engages » - le regard qu’elle lui envoya était sans équivoque ; elle était doucereuse et prévenante, tant qu’on n’en caressait pas les limites.


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Sujet: Re: from memoriam (w/asulf)   - Jeu 9 Mar - 22:03


From memoriam
Implacable, si la jeune femme n'était sans doute pas la plus adroite avec une lame, ses mots fusaient dans les airs venant s'enfoncer directement dans l'égo du jeune homme. Elle n'en était pas à son premier échange, probablement adepte des joutes verbales auxquels se livraient les beaux parleurs du thing. Malgré son visage ne laissant rien paraitre si ce n'est cet éternel air défiant, elle était ici probablement contre la volonté de son oncle qui aurait sans nul doute écourté leur discussion pour séparer la tête du reste du corps du jeune homme. "Dis-moi, ton jarl sait que tu es venue ici ?". Il l'avait posé sur un ton plus austère, il n'avait pas goût à plaisante lorsqu'il s'agissait d'Aldarik, non pas qu'il lui inspirait de la peur, encore moins lorsqu'il n'était pas en tort, mais il ne trouvait guère source d'amusement à évoquer ce personnage. Au fur et à mesure qu'il la regardait, le forgeron se surprenait à se perdre dans les iris sombre de l'alleresse. Cette dernière n'avait pas besoin de se débarbouiller grossièrement le visage, ce dernier était harmonieux et portait les bienfaits d'une délicate peau. Aucun ride causée par le froid ne s'était installé à un coin de sa joue, au dessus de ses lèvres ou non loin de ses paupières. Ses charmes étaient un danger pour tout homme, il en avait bien conscience et ne se laisserait pas amadouer par ses traits flatteurs.

Attentif à ses dires, lorsqu'Asulf compris que son interlocutrice ne concéderait pas si facilement, il afficha un large sourire. "Fais comme bon te semble, je t'assure que tu ne trouveras nul personne ici qui donnera autant de cœur à l'ouvrage". Et pour sur qu'il s'appliquerait dans la tâche qui lui serait confiée. Elle avait attisé sa curiosité, mais au delà de ses interrogations, elle était de bonne compagnie. Quelques instants plus tard, il se hissait sur une poutre peu élevée, balançant ses jambes à la manière d'un jeune garçon, l'air toujours aussi amusé. "Si tu veux tout savoir, il y a un risque que ton or, enfin cet or, soit dégradé par les outils, mais entre mes mains ce risque a tendance à diminuer, jour de chance". Cela n'avait rien à voir avec le talent, travailler les pierres demandait de la rigueur, du calme et de la concentration. Certains tailleurs s'isolaient même parfois quelques jours, à l’abri pour ne pas que leur travail ne subisse cet environnement très ouvrier, peu inspirant. C'était pour cette raison que d'autres artisans moins consciencieux négligeaient cette étape de l’élaboration, donnant un résultat pas aussi esthétique que prévu. De sa hauteur, il pouvait désormais saisir les outils dont il aurait besoin pour satisfaire son audacieuse cliente, il les exposait désormais devant ses yeux pour qu'elle puisse apprécier la qualité de ces derniers. "Si tu veux un travail bien fait, tu dois compter une semaine supplémentaire, c'est ce qu'il me faut pour ne pas endommager la surface des pièces". Gunhild semblait avoir foi en lui, elle lui témoignait peut-être ce qui pourrait bien être l'ombre d'une confiance après tout. En revanche, elle croyait beaucoup moins en la minutie et la délicatesse des nordiques, c'était une image peu envisageable étant donné le tableau dans lequel ils évoluaient. Ils venaient au monde dans le sang, passaient leurs vies à se battre et à se forger, mourrait dans la souffrance au cœur de la bataille, la douceur n'existait pas. Il devrait lui prouver le contraire, il y comptait bien lorsqu'il referma sa main sur celle de la jeune femme, lui ôtant ses précieuses parures.

La foule qui s'était amassée sur la petite place commençait à se dissiper, la partie qu'elle dérobait à la vue d'Asulf se dévoila soudain. Les yeux grands ouverts, appréciant le spectacle depuis sans doute un moment, un garçonnet fixait sans retenue les deux personnages, ou son regard était-il uniquement rivé vers la douce Haug ? Marquant son intention d'un mouvement de cou, l'artisan ne pu s'empêcher de signaler la présence du môme à sa camarade. Lorsque cette dernière l'aperçut, il ne manqua pas de s'élancer dans les rues boueuses du village. Alleresse, hein. Pourquoi pas. "Un coup d'main ?".
 



PS:
 
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Sujet: Re: from memoriam (w/asulf)   - Sam 11 Mar - 15:51



Asulf & Gunhild
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to give weight to what we have


«M
on oncle » - corrigea-t-elle, appuyant sur chaque syllabe pour en extraire la réalité contre laquelle elle tentait vainement de se battre, elle continua, haussant les épaules, nonchalante...« n’éprouve nul besoin d’être au fait de ce que j’accomplis de mes journées ». Certes, et si même au regard de cela, se plaisait-elle à croire qu’elle possédait une certaine liberté, aussi friable pouvait-elle paraître au fil des jours, il n’en demeurait en ce qui la concernait que trop bien informé. La jeune femme soupçonnait ses Thraellar de rapporter , en bon roussins, le moindre de ses faits et gestes ; Aldarik était un être rusé et c’était cette qualité qui l’avait si bien aidé à arracher le pouvoir au tristement célèbre Vilfrid dont les bateleuses à travers les terres contaient l’élégiaque sort. Gunhild  était consciente que son lignage constituait aussi bien un tremplin qu’une faille insidieuse qui pouvaient , selon les conjectures, sceller son fatum. Grand bien lui fasse, elle n’acceptait et surement ne le ferait-elle jamais, d’être réduite à ce simple lien de parenté. Elle suivit du regard Asulf, attentive à ses causeries ; elle décelait derjeau ses sourires, un esprit fort peu gredin. C’était là un fait qui lui avait aussitôt plu. Elle secoua la tête, orientant l’angle décrit par ses iris pour mieux  appréhender les traits qui constituaient un canevas particulier. « D’abord, il s’agit bien de mon or, hardi » - l’insinuation la dérangea , cela ne l'empêcha pas d'esquisser quelques  pas pour considérer les outils qu’il lui présentait ; grossiers comme tout ce qui se trouvait dans cet atelier mis à part le jeune homme et elle. « Ensuite, s’il s’agit de mon jour de chance, je ferais bien d’en profiter ; peut-être devrais-je quémander quelques faveurs aux dieux tant que j’y suis » - elle lui présenta à nouveau ses bijoux, paumes en avant sur lesquelles il referma les siennes pour attraper les boucles. « Je te prends au mot, dans ce cas » - elle présenta sa main, pour conclure l’accord. « Je te donne une semaine, pas un seul jour de plus ».

(...)


« Ole, tu ne perds rien pour attendre  » s’entendit-elle cracher, plissant des paupières pour mieux apercevoir le mensonge prendre forme sur le faciès séraphin du feu-follet, de retour, il semblait vouloir empoisonner son humeur pour lui conseiller des ébauches de châtiments seyant l’ire qu’il éveillait constamment en elle. « Je te croyais  aveugle » ajouta-t-elle, la voix vrillant aussitôt dans les aiguës, exaspérée par l’audace du garçonnet qui lui fit la révérence avant d’agiter sous son regard le butin qu’il lui avait subtilisé, narguant la sombre crédule qu’elle était ; elle sut à cet instant qu’elle tenterait par tous les moyens d’obtenir vengeance et cela, également, à tout prix. D’un naturel circonspect, elle n’entrait -qu’en de rares occasions- en ébullition ; la patience chez elle était aussi bien vertu qu’un tribut gagé à la réussite de toute entreprise, surtout celles qui ne fleurissaient qu’en temps et en heure. Elle se passa une main sur le visage, un soupire viorne s’échappa de ses lèvres, pour aussitôt être étouffé par le vacarme incessant des lieux. Gunhild serra les poings, fit appel à Tyr, lui octroya bien plus qu’une simple pensée, elle fit une prière articulée de promesses d’offrande qu’elle mènerait à terme. « J’espère que tu poulopes bien plus vite qu’autrefois » - elle daigna un clin d’œil au jeune homme et pris aussitôt la direction du dénommé Ole, s’élançant à sa suite dès qu’il décanilla. « Dépêchons-nous » - cria-t-elle à l’attention du forgeron, acceptant sa proposition malgré l'orgueil qui lui intima de ne pas le faire, elle lui fit signe de prendre par la droite ; elle allait quant à elle opter pour la seconde direction. Elle n'était , hélas, pas à son premier essai avec ce vil fripon. Gunhild possédait bien des prépotences , elle était gracieuse, certains disaient même allègre ; l’endurance n’entrait pas en ligne lorsqu’il était question d’énumérer ses capacités. Elle échappa aux quelques entraves qui poussèrent çà et là sur sa trajectoire, lui donnant toujours plus de fil à retordre. « Par Odin » - qu’il abatte sa foudre sur le môme, songea-t-elle, à bout de souffle. Sa tunique était maculée de boue jusqu’aux genoux ; lorsqu’elle se crut sur le point de glavioter ses poumons sur le sol, elle vit une silhouette passer devant elle, celle d’Asulf. « Il se joue de nous, on tourne en rond » - hurla-t-elle, bousculant une femme dont le panier se renversa , laissant des pommes rouler autour.


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Sujet: Re: from memoriam (w/asulf)   - Mer 15 Mar - 0:55


From memoriam
Malgré la confiance que la jeune femme semblait témoigner en sa liberté, le forgeron ne connaissait que trop bien le caractère tyrannique et inquisiteur de son prétendu jarl. La cruauté était si encrée en lui qu'il se demandait même si ceux qui avaient hérité du même sang étaient à l’abri de ses actes imprévisibles et destructeurs. Soit, la jeune lionne souhaitait tenir tête à sa figure autoritaire, ce ne serait pas Asulf qui essaierait de l'en dissuader. "Je vois que tu devenue es une grande fille indépendante" dit-il en tentant d'adoucir son regard, il n'affichait plus cet air moqueur et amusé, ses pensées obscurcies par l'image de l'homme qui subirait le supplice de l'ange. Il repensait au sourire qu'il affichait en trainant la jeune femme dans le boue au milieu d'un foule endiablée, beaucoup l'acclamant, certains se taisant. Le sang ruisselait sur son visage, se mélangeant aux gouttes de pluie, un liquide rouge venait entacher ses dents à la vue de tous, il souriait. Il pensait alors au sentiment qui l'envahirait le jour il mourrait, car il mourrait de sa main sous le supplice de l'Aigle de sang. Elle semblait être si différente de lui, pourtant elle entretenait une telle proximité avec ces bêtes enragées. Il se reportait alors sur les dires de son interlocutrice. Le délai était posé et la jeune dame ne voulait pas qu'on la fasse attendre inutilement, il n'allait donc pas se faire prier et attaquer son oeuvre dès qu'il en aurait l'occasion. Par delà sa volonté d'accomplir les exigences de la Haug, ces pièces étaient d'une beauté, faites d'un minerai raffiné que l'on ne trouvait pas dans ces plaines et forêts stériles de toute richesse. Il ne céderait pas à la pression, il avait passé trop de nuits à travailler sous la menace permanente des hommes de main d'Aldarik, c'était comme s'il devait opérer à cœur ouvert avec une lame sous la gorge. "Tu es sûre d'avoir besoin de faire appel aux dieux ? Je trouve que tu t'en sors plutôt bien toute seule". Il n'avait pas pour but d'offenser les divinités qu'ils chérissaient, il devait cependant reconnaître une certaine débrouillardise de sa part, venir seule poser les bonnes questions à un artisan, la plupart des femmes de son rang ne se serait pas même donner la peine d'arpenter les rues bondées et crasseuses de ces lieux.

Lorsque Gunhild se rendit compte de l'intrusion du petit forcené, elle s'écria en sa direction et provoqua la surprise générale. Visiblement, elle ne se laissait vraiment pas marcher sur les pieds, le Digh imaginait sans grande difficulté le comportement exaspérant que pouvaient avoir les enfants dont elle se chargeaient, tous fougueux en quête d'aventures, ou désireux de passer leurs journées à s'amuser plutôt qu'à apprendre à devenir un adulte. Ce devait être le cas de celui qui se faisait appeler Ole, il n'était pas si différent à son âge, aussi intrépide que fourbe, un vrai roublard. Ces souvenirs refaisant parfois surface arrivait toujours à décrocher un sourire nostalgique au coin de la joue du jeune homme. Une qui semblait moins amusée par la situation, c'était bien l'alleresse qui s'empressait de pestiférer en direction du garçonnet. En l'espace de quelques instants, les deux jeunes gens s'étaient engagés dans une poursuite effrénée, sillonnant avec rapidité les dédales du village. Sur la droite, il y avait bien entendu autant de monde qu'auparavant, car si la place s'était en somme toute vidée, la populace s'était amassée dans les ruelles conduisant aux habitations. Il tentait tant bien que mal de ne pas lâcher le môme des yeux, bien que la carrure de ce dernier lui permette de se faufiler dans les moindres recoins, passant par dessous les jambes de certains passants, par dessus ses congénères plus petits que lui, en prenant soin de ne pas ralentir la cadence. Il fallait bien reconnaître une certaine agilité au bougre et Asulf n'eut d'autre choix que de s'arrêter pour reprendre ses esprits et se concentrer sur la direction à prendre. De courtes secondes s'écoulèrent, il aperçut une touffe dépasser d'une étale, filant comme l'éclair qui finirait bientôt par s'écraser telle la foudre. La jeune chasseuse était dans les parages, elle semblait avoir flairée sa proie et s'élançait dans sa direction, ils étaient quasiment revenus à la même hauteur. "Je pense savoir où il se dirige, on peut couper par là, suis moi !" Sa voix s'était haussée promptement, il ne pouvait se permettre de garder la même tonalité étant donné le bruit ambiant qui perturbait les sens de chacun. Il saisit énergiquement la main de sa camarade pour l'entrée dans la première allée sur le gauche. A partir de là, il leur faudrait doubler d'effort pour atteindre l'entrée du village. Les esquisses du garnement se hissant dans les hauteurs de l'arbre sacré se dressaient déjà dans sa tête.


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Dernière édition par Asulf Digh le Sam 8 Avr - 11:56, édité 2 fois
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Sujet: Re: from memoriam (w/asulf)   - Dim 26 Mar - 19:10



Asulf & Gunhild
   Nothing to carry,
some stones to fill our pockets,
to give weight to what we have


E
lle caracola vainement pour éviter les fruits qui s’étaient éparpillés sur le sol ; des salves de jurons s’élevèrent, percutant avec efficience ses tympans ; « Bougre de congre ! » « Cryptorchide ! » -  elle n’y prêta aucune attention. Dans de telles circonstances, fautive, elle méritait amplement d’être destinataire d’invectives. Toutefois, si par bonheur ils arrivaient à mettre la main sur ce chancre puant d’Ole, elle allait se faire un plaisir d’en flatter les joues, pour mieux y faire circuler le sang. Elle put tout de même se pencher pour attraper une pomme, la  fourrant rapidement dans son carnier ; après autant de jolis mots essuyés, elle méritait d’en tirer récolte, aussi maigre soit-elle. Gunhild songea qu’à l’avenir, elle tenterait sérieusement d’apprendre à se montrer plus sémillante, pour peu qu’elle trouve bon précepteur. « Plait-il ? » - siffla-t-elle, désorientée par l’explosion d’adrénaline qui avait à cet instant lieu à l’intérieur de son organisme et qui amplifiait chacun de ses sens. De fait, lorsque le ferronnier lui attrapa la main, avec fermeté, l’entrainant à sa suite , en route vers l’intuition, elle fut consciente de la moindre particule de peau en contact avec la sienne. De l’air ripant ses joues, des mèches folles décrivant à sa suite un étrange ballet d’hongres. De la terre sous ses gambettes ; ces centimètres d’enfoncement, réguliers. De toute ce qui paraissait acquis, perpétuel, présent. Elle se découvrit capable de poursuivre un but, heureusement que le jeune homme avait proposé son aide ; l’allestant d’un poids notable. A travers cette jonction, elle puisa la force de poursuivre, d’accélérer ses enjambées. Tout ce qui s’esquissait autour disparu au profit d’une gouache sensationniste ; les arbres, les cahutes ne devinrent plus que des coups de pinceaux lâches, ébauchés avec légèreté, à partir de vernis transsudés par le temps.

Les minutes filèrent à la même allure que celle qu’ils avaient emprunté. Son palpitant rudoyé y trouva un contentement soudain lorsque l’arbre sacré déchira son horizon, donnant raison à Asulf, car une ombre ondoyait là.  Un sourire effrangea ses lèvres , ses joues, adjurant ses pommettes qui firent briller son regard d’un éclat carminé. La joie déflagra en elle et elle quitta l’étreinte du Digh pour poursuivre, au singulier. Elle lui jeta une œillade, valant certainement mille mots. C’était un monument qui avait connu guerres, famines : tous les commencements. Elle passait devant sans le voir ; elle n’en contemplait plus le feuillage, n’en caressait plus l’écorce rêche. Elle se perdait dans cette forêt sans en apprécier le roi, silencieux, soumis au vent. Il était là depuis toujours, il constituait donc cette constante là où une infinité de variables pullulaient sans que l’homme n’en prenne conscience. « Retrousser ma tunique ne me rebute guère, même si cela risquerait de dénuder mes jambes par ces temps froids » - lança-t-elle , pilant à quelques mètres de l’immense végétal, main en coupe-soleil pour mieux observer l’ombre poursuivre son ascension. « Cela étant dit, la perspective de me briser le cou ne me plait pas vraiment » - elle orienta ses billes vers le forgeron. « Le feuillage est bien trop épais pour confirmer qu’il s’agit bien du garnement et pas d’un quelconque piaf» - les certitudes étaient pernicieuses, ici, ainsi que partout ailleurs, comme les doutes. Elle jeta un regard circulaire autour d’elle, l’impression d’être surveillée toujours présente. « Je crois que s’il existait des règles de bienséance, elles te désigneraient comme volontaire »  - fit-elle remarquer, convaincue, le sourire accroché aux lèvres.  Un pénitent venu d’une lointaine contrée s’était un jour arrêté au village, il y était resté plusieurs années ; il lui avait appris à lire et à écrire, dans cette autre langue alors qu’elle ne maîtrisait point la sienne. En repartant, laissant derrière lui une poignée de souvenirs, il lui avait offert un livre, celui des us et coutumes de cette terre de provenance appelée terre des angles. La bienséance, elle n’en connaissait que trop peu à ce sujet mais, elle savait qu’elle se tenait bien éloignée de tout ce que l’on rencontrait à Skogen. Si Asulf acceptait de se hisser sur l’arbre et de risquer sa vie, il le ferait surement par fierté.  « Ole, tu es fait comme un rat. Je te conseille vivement de descendre » - cela leur épargnerait bien de l’embarras. Silence. Elle considéra la hauteur puis ses socques. « Bien, j’arrive » - elle abandonna sa besace et entreprit de remonter les pans de sa tunique. Tout compte fait. « Asulf, je vais surement avoir besoin d’un levier ».

WILDBIRD


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