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 a charade of innocence and vice. (vitserk)
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Sujet: a charade of innocence and vice. (vitserk)   - Mar 14 Mar - 21:56

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S
ur houle ambrée, chahutée en fin-fond de pinte par une machinale nutation de poignet, les pensées voguent en rond, sans autre horizon que les margelles leur endiguant toute progression. Le dilemme qui barbote là, dans la cervoise, s'avère de fait trop pondéreux pour en sourdre, mais guère assez pour céder à l'éthylique submersion. Qu'importe l'enfilade des aigres libations, l'idée-fixe a bel et bien des airs de nef délurée, souquant sur l'ivresse au mépris des trombes et des rafales que Byggvir lui fulmine pourtant à la poupe depuis l'heure brune. Aussi, le Commandant, tout bituré soit-il, demeure prostré en queue de comptoir, à distance de la tripotée d'arsouilles bondant la cambuse, pas d'humeur, ce soir, à s'adjoindre aux gaillardises le déridant d'ordinaire. Ça n'intrigue cela dit personne, ci-bas ; l'animal est connu pour ses tendances à la rogne, depuis le temps qu'elle vient s'y clapir pour s'y distiller la hargne. Nul ne vient donc l'y tarabuster, d'autant plus que le moindre ilote, ne sachant pas gribouiller son propre blaze, saurait encore épeler les quatre lettres ornant ce front fauve. Puis, y a qu'à lorgner l'égide qu'elle prend soin de dresser entre elle et populace pour saisir l'ampleur de la connerie qui consisterait à jouer avec le feu ; littéralement, car l'armoriale solaire des Lund, estampé au recto de la rondache, revêt ici ses plus ardents atours. Au point que le tavernier lui-même n'ose trop rouler sa panse à portée sans motif valable — à savoir tout autre que ravitailler la donzelle — craignant d'attiser la grogne de tel hôte de marque qui, mine de rien, confère par la moire de sa seule fameuse tignasse un certain cachet à la maison. C'est pourtant lui, qu'on hèle en sourdine, de l'extrémité d'un index fléchi. « On vous r'met la même, Commandant ? », qu'il s'enquiert, bien aimable, décrottant le plat de ses paluches contre tablier tendu sur bedaine. Non, qu'elle rétorque d'une saccade éméchée de la cabèche, Approche, qu'elle insiste, et au tenancier d'obtempérer, quoi qu'avec prudence. « Aide-moi, ThorgeirThormod. —  … Thormod. Écoute un peu. » Inclinant esgourde, le tôlier hausse de feuillus sourcils à l'entour, à l'adresse de l'audience sitôt ameutée, ce non sans une once d'étonnement flatté. « Si j'peux. » Harponnant alors la fripe crasseuse baillant sous goitre, la rouquine se hisse à hauteur du vis-à-vis, sidérant l'âme de l'infortuné de la foudre de ses prunelles furibardes. « Pile, ou face ? » Désarçonné, le quinquagénaire bredouille un : « Euh, si j'dis face, y m'arrive quoi ?T'es sûr de ton coup, Thorolf ?Thormod.… Thormod ?Euh, non... vous préférez pile ?Je. Non, je ne préfère rien. Pile ou face, par tous les Ases, décide-toi !Face... Face ! » Libérant le pauvre homme tandis que le séant s'échoit, la Flamboyante s'étoile d'un rictus un peu dingue, et à la sénestre de s'en remettre aux Nornes dans un vertigineux lancé de denier. « Merde, pile... Ça pue, c'est ça ? », constate, avec une sagacité toute béotienne, l'aubergiste pris au jeu. « Hm. », rognonne la Skjaldmö, larguant sous l'hure du brave la totalité de sa fortune en poche, ne manifestant cependant ni déception, ni contentement ostensible à l'égard du verdict. « Y a plus que l'compte, là ! » Sans plus broncher autrement qu'en haussant épaules et nouant targe à son râble, c'est sans baguenauder davantage qu'elle décanille alors, se fendant une haie d'honneur parmi la piétaille, à coup d'œils mauvais. Vrai que c'est cher payé la rinçure ; néanmoins, là où elle va, d'or on ne manque pas.

* * *

Ça tangue drôlement, dans les viscères palatiales, à mesure qu'elle s'y abîme. Rompue néanmoins à l'art de tenir un cap en quelque condition que ce soit, c'est avec l'aisance d'un langskip sur flots d'huile qu'elle progresse, ce sans que la foulée ne trahisse autre chose qu'une hâte somme toute coutumière, chez telle va-t'en-guerre aux belliqueux élans. Il n'y a qu'à l'esclave, harpé en chemin et auprès duquel elle s'enquiert de la présence de son maître en ses quartiers, qu'il est donné de flairer, à la poussive haleine de l'empressée, tant l'abus de rogomme en amont que le grabuge à venir. Présage que corrobore la discrète, mais nonobstant éloquente minauderie des ongles contre manicle de saxe. Après avoir reçu l'assurance que son princier museau ne cognerait pas huis clos, les derniers intervalles sont dévorés diable au corps, et c'est sans davantage s'annoncer qu'en percutant fougueusement battant que, tête la première, déboule loup dans la Trésorerie. « LEIKNIR ! », ça aboie, et à la féroce fardée de ses fièvres courroucées de marteler plancher sur quelques enjambées supplémentaires, avant de marquer halte lorsqu'enfin le faraud lui apparaît, dans toute sa splendeur, ainsi sans doute que Frigg s'offrit à Odin, à l'aulne de leur divine union. C'est-à-dire nu, tellement nu, si nu que ça lui sape un instant le pourtant magistral désir de lui bondir à la gorge. « Enfile quelque-chose. », qu'elle gronde alors, timbre guttural, et obliquant regard vers les sobres solives. « Vite, ou par Thor c'est en cet appareil que je t'expédie en Niflheim te givrer ce qu'il te restera de burnes après notre causerie. Et par causerie, j'entends surtout que tu répondes à ceci : comment, Leiknir, pensais-tu que je prendrais cette dernière fantaisie qui est tienne ? L'un des mes gardes, vraiment ? N'as-tu donc pas assez de chiens qu'il te faille désormais t'en prendre à mes loups ? »


Dernière édition par Moira Lund le Jeu 30 Mar - 3:56, édité 1 fois
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Sujet: Re: a charade of innocence and vice. (vitserk)   - Jeu 16 Mar - 11:29


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Il l’attendait.
Cela faisait un certain moment, même, qu’il l’attendait, et il avait même oublié qu’il était censé l’attendre. L’incident s’était déroulé au matin, alors qu’il revenait des quartiers du roi. Il s’était senti assez las, ce jour-là, alors que l’anniversaire du règne approchait et que l’attente de ce jour rendait tous les autres si ternes. Vitserk Leiknir n’était pas le genre d’homme à s’accommoder docilement de l’ennui. Rendre visite à Stýrr aurait certes pu suffire, mais ce bougre d’individu avait tendance à l’éviter dernièrement. Ce comportement avait, certes, tendance à attirer d’autant plus la couleuvre mais non, cette fois-ci, Vitserk avait envie que l’on vienne à lui. De plus, il avait quelques scrupules à distraire Stýrr alors qu’il avait tant de choses à faire, et, surtout, alors que son cher roi avait tant besoin de lui. Non, il allait devoir se contenter d’une personne plus politiquement dispensable, mais tout aussi socialement alléchante. Et les dieux l’entendirent, puisqu’il ne tarda pas à surprendre la discussion entre deux gardes royaux. Parfait. Rien de tel pour donner rendez-vous à Moira.
On aurait pu croire que, avec le temps, les gens en viennent à arrêter d’emprunter de l’argent à Vitserk. C’était sous-estimer cruellement la terrible tentation de ces doigts offerts, couverts d’or, et de ce sourire presque doux qui assurait qu’il y aurait tout le temps de le rembourser. « Vous êtes jeunes mariés, c’est normal que tu veuilles marquer le coup avec l’anniversaire du règne. Allons, ne fais pas de manières, va lui acheter quelque chose de frais, invite-la au palais, saoule-toi en mon nom, ramène-la entre tes draps et… on verra plus tard pour le remboursement. Je suis sûr que nous saurons nous arranger. » Comme d’habitude, ils se faisaient avoir. Le pauvre, aussi, était bien jeune. A peine dix-huit ans, semblait-il au trésorier, qui avait bien fait attention à lui proposer une somme importante sans être extravagante. Il ne fallait, surtout pas, lui faire peur…
Bien entendu, l’innocent accepta. Il ne resta plus qu’à rentrer tranquillement chez soit, et attendre que la tempête vienne d’elle-même défoncer sa porte.

Elle tarda. Peut-être la nouvelle n’arriva-t-elle pas tout de suite jusqu’à ses oreilles. Il craignait bien pire, cependant : qu’elle se contrôle, qu’elle ne cède pas, et qu’elle cherche à résoudre diplomatiquement un conflit sur lequel il voulait la voir exploser. Si elle venait à se contrôler, une énième fois, face aux taquineries du Leiknir, il allait devoir se résoudre à accentuer ses frasques, à viser toujours plus proche… Il serait malencontreux qu’elle en vienne à en savoir davantage sur… Enfin. Il ne tarda pas à se lasser, comme à son habitude. Il avait cru pouvoir l’espérer dans les heures suivant l’incident, depuis sa salle de travail, à faire et refaire les comptes, arrivant toujours plus précisément à déterminer à quel point ils étaient ruinés. Il n’était pas dupe, tout en étant incapable de préférer le bien-être de son pays à la santé mentale de son ami. Car si on retirait ses dépenses à Markvart, comment Vitserk réussirait-il à tromper sa déchéance ?
Dérivant de la sœur au frère, le rendez-vous fut oublié. Le Trésorier avait bien des choses à faire, et il persécutait bien trop de monde pour en tenir les comptes. Ainsi, la journée se déroula tranquillement et il finit dans ses quartiers, son lieu intime où il aimait retrouver le simple plaisir de la nudité. Au début, les thraellar avaient toujours un moment d’hébétude en comprenant que leur nouveau maître aimait à se balader sans aucun vêtement. Ils craignaient des avances grossières ou d’avoir à assister à ses ébats. Il n’en était jamais rien. Il déambulait, tout simplement, déchargé de ces contraintes, presque satisfait des regards qui se détournaient de lui. Il trouvait, surtout, cela terriblement plus confortable.

C’était alors qu’il était en train d’écrire une lettre à sa femme que la tempête arriva enfin. Tranquillement installé, cherchant les mots précis pour faire comprendre à Siv exactement tout ce qu’il préparait, il leva à peine un regard lorsque la porte explosa presque sous la charge de son Commandant. Il termina sa phrase avec une petite moue de réflexion alors que, déjà, les crachats enragés essayaient vainement de l’atteindre.
Il leva à peine un sourcil, esquissa presque un sourire, lorsqu’elle lui ordonna de s’habiller. Elle en était déjà à le menacer des pires horreurs lorsqu’il daigna enfin se relever, faisant signe aux quelques sous-hommes l’entourant qu’on commence à lui ramener quelque chose de portable. Vitserk, en temps normal, préférait se charger lui-même de ses vêtements. Il aimait bien trop voir les visages se tordre en le voyant ainsi, comme un enfant, tendre les membres alors qu’on amenait, petit à petit, sous-vêtements, pantalon et chemise.

Elle était venue. Il l’avait attendue, et elle s’était présentée au rendez-vous. Que c'était satisfaisant de réaliser ainsi ses paris avec les dieux. « Bonjour Moira, » laissa-t-il échapper entre deux invectives. Un rire, même, lui échappa, lorsque les questions se mirent à pleuvoir, toutes aussi absurdes les unes que les autres. Il avait, bien entendu, bien compris qu’elle accourrait aussitôt, s’il en venait à s’attaquer à ses loups, comme elle disait. Il en aurait fait de même avec ses enfants, et c’était là, peut-être, l’unique chose liant les deux créatures : leur incommensurable loyauté envers ce qui semblait leur appartenir. Elle était attendrissante, s’avoua-t-il alors qu’Alfketill finissait de nouer ses chaussures.
« J’étais chez moi, tranquillement, à m’occuper de mes petites affaires, et tu viens te plaindre de me trouver à poil ? Moira, tu es adorable de venir me voir, mais il y a des conséquences lorsqu’on fait ainsi irruption chez un homme sans s’annoncer. » Cette interlude de nudité aurait sûrement pu être évitée, cela dit, s’il avait un tant soit peu réfléchi avant de se déshabiller. S'il avait fait exprès, cela n’aurait pas été moitié aussi drôle de la voir, ainsi, se préoccuper d’abord de sa nudité avant de son problème. Il lui restait encore un peu trop de contrôle.
« Et de quoi m’accuses tu, exactement ? Je ne me souviens pas avoir embêté un de tes gardes ? Je sais bien à quel point tu y tiens, je n’aurais jamais fait quoi que ce soit qui puisse les blesser ! Tu m'accuses de lèse majesté ? Certainement, Moira, tu es bien plus maline que cela ! »
Il rit, encore, avant que ses yeux ne s’illuminent soudain d’une illumination, toute ouvertement feinte.
« Oh tu veux dire… Ce pauvre garçon, à qui j’ai prêté quelques sous ? Voyons Moira, tu les payes bien assez pour qu’il puisse me rembourser en temps et en heure, non ? »
Et son visage finit de se faire traverser par un large sourire goguenard, alors que les esclaves, ayant finit leur travail, s’éloignaient définitivement du trésorier. Ils tenaient bien trop à la vie pour se risquer à la perdre en même temps que lui.
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Sujet: Re: a charade of innocence and vice. (vitserk)   - Ven 24 Mar - 18:10

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L
'atrabile s'agglutine, en fin fond de gueule, baignant d'aigreur les quenottes en poupe, qu'un tel jus de fiel éroderait presque si, à saccades de glotte lapidaires, l'écumante ne se contraignait guère à le renâcler par déchirantes goulées. Quitte à claboter, ulcérée par son propre venin, cette sale rage ne dégorgera pas plus loin. Telle est l'injonction qu'elle s'assène, s'acharnant à cultiver les germes d'un flegme grossier, à même cette brousse aride lui faisant office de patience, n'aspirant pourtant qu'à s'embraser pour de bon lorsque souffle ce rire, ce feu de joie briguant, de fait et sans subtilité aucune, débusquer par les flammes le fauve escompté, l'adorable chaton qui, naguère il est vrai, feulait à volonté, à la moindre étincelle. C'est drôle de lui riffauder les flancs, hein Leiknir, c'est distrayant ? Au museau rouquin de convulser d'une oblique simagrée à cette vexante pensée, déviant du regard loin de l'olibrius chiadant sa saynète, sans pour autant l'interrompre.

Ce faisant, la vision bigorne une carafe et sur telle mire, le Commandant s'aboule. Trop tard, pour nier. Trop tard, pour tâcher de ravaler proprement l'acerbité tantôt éructée. Une fois encore, elle a cavalé au devant de l'embuscade, et l'y voilà engluée jusqu'à la gorge. Gorge qu'elle a sèche, soudain. Frémissant, le poignet danse au-dessus d'un gobelet, aspergeant d'hydromel tant contenu qu'abords ; elle s'en fout, il lui faut éponger la fureur. Vite. Et à toute biture s'envoie-t-elle ainsi une prime rincée, tout de go, avant que derechef la corne ne s'emplisse, en l'occurrence de façon moins approximative — quoique. Débondant bronches d'un soupir fleuri, elle opère alors volte-face, labre piqué d'une quenotte. « Non, non je ne suis pas maline, Leiknir. », révise-t-elle, dérisoire. Les bras se déploient, salopant tapisserie et plancher d'une éclaboussure liquoreuse. « La preuve, je suis là. » À la seconde rasade d'affluer alors aux lippes laminées, puis au cadavre de bock d'atterrir, suite à un lancé hasardeux, contre l'arsenal de fourrures et soieries pendillant non loin. Au bras de l'esclave qui s'y précipite, griffes se logent et entravent. « Après. », qu'elle somme, fronçant sourcils tandis que la mémoire s'écorche sur le profil de l'inféodé. Lui, elle se souvient de la lui avoir fait courber, sa belle gueule — l'été dernier, celui d'avant ? L'expédiant néanmoins sans tendresse à son poste, d'une lambine lorgnée elle s'avise alors de l'armada de tributaires les cernant, et ce faisant identifie une deuxième de ses pâtures. L'inspection se passant toutefois de commentaire, c'est au Trésorier et à leurs affaires présentes, que l'attention se reporte. « À toi d'en juger, ma foi. L'or avec lequel ils sont rémunérés, tout comme l'or que tu leur prêtes... n'est-ce pas, après tout, le même ? N'est-ce pas l'or de mon frère, celui-là même qu'il t'emploie à. Gérer ? », qu'elle s'enquiert alors, caboche déclinant de côté, exagérant ses faux airs candides. « Ainsi que je te le disais, moi-même n'étant pas très futée, je ne saurais pénétrer les occultes arcanes de ta science budgétaire... Loin de moi, donc, l'idée d'en juger. » Louvoyant ce disant, de-ci, de-là, elle chemine sans diligence mais nonobstant résolument vers lui, jusqu'à accoster le bureau, y juchant sans ambages un séant indifférent au désordre généré. « On ne saurait être docte en chaque matière, n'est-ce pas ? » Au minois de se gondoler alors d'une moue espiègle, tandis que les phalanges chatouillent le pommeau sculpté de la badelaire, escortant les guiboles qui, dans le vide, brimbalent joliment. « La tienne requiert patience, calcul, ingéniosité sans doute. Toutes ces facultés me faisant cruellement défaut. Ma science à moi est autrement plus rustre, plus... impulsive, dirais-je. Enfin, tu sais bien... je ne réfléchis pas aux conséquences, après tout. En un mot, là où toi, tu t'échines à résoudre les problèmes, eh bien moi... » Haussement d'épaules ponctuant sa diatribe, elle ricane. Cependant, la bonne humeur est sur-le-champ sabrée, lors même que les prunelles serinent tels deux coutelas leurs adverses. « Moi, je les tranche. » Alors, la sénestre s'envole et prestement s'agrafe au col du riche habit qu'elle hale jusqu'à ce que les fronts s'emboutissent presque. « Je ne suis pas Markvart, que tes bouffonneries récréent et délassent..., qu'elle lui rauque au visage, Et je me fous bien de l'invulnérabilité que tu supposes — à tort, en ce qui me concerne — soutirer à son amitié. Alors cesse tes pitreries, et dis moi plutôt ce que tu me veux. »
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Sujet: Re: a charade of innocence and vice. (vitserk)   - Ven 14 Avr - 18:37


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Quelle était terrible, Moira Lund ! Monstre de feu déboulant comme un ouragan elle hurlait,  aboierait presque, malmenait ton mobilier, ton alcool, tes esclaves. Elle était armée, terriblement armée car même à main nues elle pourrait mettre à terre à peu près n’importe qui. D’autant plus dangereuse quand elle se laissait aller à ses violences d’antan. La Commandante était froide, sèche, implacable. On oubliait presque que derrière ce visage d’acier se dissimulait Moira Lund, celle qui avait fait hurler tant d’adultes dans son enfance et qui avait tant marqué les mémoires sur tous les champs de bataille qu’elle avait pu joncher de cadavres. Vitserk, lui, n’oubliait pas. Il n’avait pas oublié comme elle pouvait, brusquement, t’exploser entre les doigts, tout jeter en l’air, et devenir cet étrange animal sauvage rodant au coeur de ton antre devenant ta cage. On pourrait presque voir les muscles du félin rouler sous sa peau en tournant autour de sa proie, perturbant tous ses repères, cherchant à déstabiliser son équilibre. Les doigts de la créature caressaient le pommeau de leur arme avec une tendresse amoureuse et les yeux redessinaient parfois une jugulaire, chronométrant peut-être l’infime instant nécessaire à exécuter le microbe sous ses yeux.
Et comme si tout cela ne suffisait pas, ses grognements étaient articulés, formulant distinctement des menaces qui n’avaient pas besoin d’être subtiles. La subtilité n’avait pas lieu d’être quand, d’un simple regard, on pouvait faire s’arrêter un ours en pleine course. Elle n’avait nul besoin d’être subtile, et pourtant prenait une sorte de malin plaisir à alanguir son discours, se plaisant sûrement à décliner en mille subtilités le détail du pourquoi et du comment de son courroux. Elle était habituée à ce qu’on la craigne, la Commandante, et à raison. Elle avait la loi derrière et, surtout, était connue pour son intransigeance, son implacable justice. Si elle t’en voulait, tu savais pourquoi. Si tu la courrouçais, tu savais à quoi t’en tenir. Lorsqu’elle te menaçait, tu pouvais sentir que chaque mot était pesé, et que tu pouvais commencer à compter les minutes avant l’heure de ton décès.

Pourtant, Moira Lund était adorable aux yeux du Leiknir. Il  la regardait, avec fascination, mettre tout en œuvre pour l’impressionner, et il se demandait à quel point elle ignorait tout le plaisir qu'elle lui offrait. Vitserk aimait la violence. Celle qui sort des tripes et qui explose, qui éclate avec égoïsme, qui tord les visages et qui transforme les justiciers en monstres. Lui, si calme, toujours si serein, se nourrissait avec délectation des crises passionnelles que son entourage aimait lui servir. Siv le fascinait lorsqu’elle faisait preuve de la pire des violences pour le plus noble des motifs, tandis que lui restait toujours plus doux lorsqu’il s’agissait de répondre aux caprices les plus vils. Sa femme était cependant la seule, à ses yeux fascinés, qui ai le droit de rester saine sans qu’il veuille en extraire le terrible venin. Moira ne bénéficiait donc pas de cette générosité.
Moira n’était pas encore là où il la désirait. Elle était trop fière, elle avait encore le menton trop droit, lorsqu’elle le malmenait. Elle pouvait lui faire croire tout ce qu’elle voulait, avec son alcool, ses caprices, et la main qui l’avait violenté sans l’once d’un doute. Il était là, front à front avec une promesse certaine de mort, et aucune crainte ne venait pourtant taquiner ses yeux. Tandis que les esclaves se réjouissaient sûrement de le voir en si mauvaise posture, cette joie n’était rien face à la terrible excitation qu’il ressentait de la voir ainsi entre ses mains. Car c’était bien ainsi qu’il voyait la situation.
Si Vitserk n’avait pas la rage de la bataille, il restait un Viking qui avait depuis longtemps renoncé à redouter la mort.

Il était resté silencieux tout du long de sa tirade, à la rouquine qu’il voyait encore, enfant, escalader les murs pour échapper à sa terrible mère. Lui qui avait, alors, mis un point d’honneur à ne pas se mêler de la vie de la sauvageonne faisait aujourd’hui l’effort inverse. Il y avait quelque chose qui manquait en elle, une saveur absente dans l’étendue de sa rage. Quelque chose sonnait faux ou, au contraire, trop juste pour être honnête. Elle s’arrêta enfin de parler et la réponse qu'il lui servit se formula dans un murmure tendre : « Encore une fois, c’est plutôt à moi de te demander ce que tu veux, n’est-ce pas ? » Loin d’être sec, il se tenait doux et docile entre ses serres. A quelques centimètres de la gueule acérée, à quelques millièmes de seconde du froid de l’épée. Il semblait se fondre dans ses menaces, s’adapter à sa poigne comme s’il n’avait jamais été aussi confortable que face au gouffre. Sans élever un instant le ton, il continua : « Tu me reproches, je crois, d’utiliser l’argent de Markvart. Je ne sais pas ce que tu cherches à faire, en m’insultant de la sorte, mais tu peux être sûre qu’aucune de mes transactions n’a été fait avec son argent. Je ne prends de risque qu’avec le mien. » Et tandis que la richesse de Vitserk n'allait qu’en s’accroissant de ses diverses malversations, le trésor royal continuait de se vider de ne jamais être malmené. « Mais arrête quelques secondes de me faire croire que tu es là pour notre Konungr bien aimé. Tu n’es pas ici en tant que Commandante aujourd’hui, Moira. » Le prénom ronronnait entre ses lèvres avec une affection qui frôlait l’insulte. « Que me veux-tu ? Que me reproches-tu ? Je n’ai rien fait d’illégal et, surtout,  » Un sourire, enfin, se dessine avec mesquinerie sur ses lèvres. « je n’ai rien fait que tu ne m’aies jamais demandé de faire. » Le rappel fut déposé, du bout des doigts, sur l’échiquier bancal sur lequel ils jouaient depuis des années. Face au danger, on aurait voulu l’astreindre à la prudence mais Vitserk ne se satisfaisait jamais que du désordre absolu. « Tes menaces sont magnifiques, et tu sais que je respecte ta… science. » Il prit un instant pour fixer ce visage si proche, ce danger qui palpitait sur sa peau, presque fébrile de pouvoir se draper de son sang. « Mais nous savons tous deux que, de nous deux, tu es celle qui redoute le plus les conséquences de tes actes. Tu chercheras toujours à justifier tes atrocités. Tu restes incapable d'agir sans justification. » Elle le faisait pour son frère, elle le faisait pour sa famille, elle le faisait pour ses loups, elle le faisait pour être la plus irréprochable et c’était cela, très exactement, qui était si crasseux. « Alors tue-moi, si cela t’enchante. Mais avant cela, dis-moi plutôt à qui tu demanderas de faire ton sale boulot à ta  place ? »
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