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 bitch better have my money. (les trois fantastiques)
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Sujet: bitch better have my money. (les trois fantastiques)    - Lun 20 Mar - 1:30

— Bitch Better Have My Money —

Y'all should know me well enough.

Seuls ses mâchements s’interposent face au silence. Ceci, et les quelques coups de cuillerée brimant le bois de son assiette garnie de chaire de baleine. Son appétit vaut celui d’un warg vorace, à ceci près que l’ennui est la vraie pitance dont il souhaite désemplir l’écuelle de sa soirée. C’est pourtant bien le Konungr qui, fort d’une préséance que nul n’irait dans la maisonnée contredire, a convié quidams et autrui à respecter le plus illustre leitmotiv de son règne : qu’on lui foute la paix. À l’approche de l’anniversaire de son couronnement, un bourrèlement continu jaspe ses pensées et lui envase la réflexion dans quelque terrible céphalée. Durant ces insignes jours précédant l’auguste cérémonie, son myocarde et son essaim de crapuleries mêlé à des escouades de turpitudes lui font ruminer l’air comme une toxine délétère s’y emploierait. Ces festivités le ramènent au désastre tragi-comique qu’il tient par les brides, tel le cavalier dédaigneux et pinté qu’il peut être dans cette chevauchée régalienne. Autrement dit, le roi est d’humeur à calotter bougres et bougresses rudoyant, comme de coutume, sa triste patience, en invoquant çà et là les incommensurables affaires étatiques nécessitant son attention. Si déléguer les futilités lui est ordinairement aisé, et si la reine sa femme prend infailliblement sur elle de présider les réunions pléthoriques perpétrées sans lui, force lui a été de constater que toutes les charges débourrées par son trône ne peuvent être cédées à ses dévotieux sujets. Il a fini par conchier la vue de ses sous-verges, notamment leur voix nasillarde sifflant auprès de lui lorsque, sur son trône, untel de sa cour lui presse de régler les tribulations brondissant à Solstheim. Des voies marchandes sabotées par l’ondée, des quartiers insalubres nichant la maladie, des rixes entre groupuscules bellicistes, des rumeurs de débauche soudoyée, et monts d’autres billebaudes requérant son étude et jugement. Lors même que, depuis quatre hivers déjà, le suzerain transite la quasi entièreté de son intérêt vers ses effectifs militaires et l’élaboration d’une solution décisive étoupant la faille ouverte par Aldarik Wilhjem : l’amputation faite à l’arsenal de son armée. Et de cela, l’on dirait qu’aucun faquin de son entourage ne semble s’en soucier, préférant chanceler cabèche à l’endroit de ces emmerdants prosaïsmes plutôt que d’accorder crédit aux hostilités flagrantes – et non moins ingénieuses – lancées par ce Jarl mille fois maudit. Que lui restera-t-il à gueuler, à son peuple, lorsque de ses layons esquintés, de ses poutres croulantes, de ses noises phallocrates et de ses ribaudes secrètes, il ne restera plus une seule esquille une fois l’invasion commise par les félons de Skogen ? Il est las de la bêtise humaine, aussi las qu’on peut l'être de devoir nager à contre-courant, espérant sauver le rivage de la marée montante.

Sa dextre se tend et rafle rudement le godet de bière qu’il enfile d’une traite, avant de se resservir généreusement tout en boustifaillant avec rage. Quelqu’un heurte l’huisserie, plantée à plusieurs pas de là, droit devant lui, mais il ne rétorque pas et sourcille encore moins, continuant sa ripaille comme si ses esgourdes n’avaient, au grand jamais, ouï le détestable son de l'effronterie. Nonobstant sa mutité, de nouvelles collisions secouent la porte vers laquelle il finit par darder ses orbes, toute mastication abrogée. Si son acier lagunaire pouvait tuer, c’est un massacre sur plusieurs générations qu’aurait à déplorer le pendard blotti derrière lourde. « Quoi ? », rauque le bas phonème, perclus d’une rogne, si maîtrisée à la perfection, pas encore tout à fait inaudible. D’un signe de mâchoire succinct, il envoie l’un des deux esclaves campés dans l’arrière-salle ouvrir à l’intrus. La bobine madrée de son Trésorier émerge de la pénombre comme une burne sous la soutane de ces moines occis en terre étrangère ; inopinée, mais distractive. Le faciès usé du monarque se déride sensiblement et une patoche armée du couvert fait signe au larbin de revenir à sa place pour laisser Leiknir entrer. « Approche Vitserk, approche mon bon ami. As-tu mangé ? » Sans attendre de réponse, il ordonne qu’on apporte au bellâtre un second bock – il ne connaît que trop bien le Storboendr, aussi est-il certain de devoir, au moins, partager avec lui sa gnôle. Qu’importe. Boire en sa compagnie reste parmi les rares plaisirs qu’il peut encore s’offrir. Lui indiquant cette fois la chaise la plus proche de lui, placée sur sa gauche, il l’invite à s’asseoir après qu’il ait ou non mandé son plat auprès des serviteurs. « Dis-moi que tu ne viens pas m'assommer avec de sempiternelles foutaises. J’aimerais mieux causer avec toi de la suavité de ces cons que tu as pu lutiner dernièrement, ou de la magnificence avec laquelle tu comptes attifer le banquet qui s’en vient. À ta guise, mais par pitié, épargne-moi les tracasseries du royaume. » Et de planter sa fourchette dans le moelleux du cétacé, comme s’il s’agissait d’une des cuisses de cette kyrielle de moralistes lui collant au séant.


Dernière édition par Markvart Lund le Sam 1 Avr - 2:29, édité 1 fois
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Sujet: Re: bitch better have my money. (les trois fantastiques)    - Jeu 23 Mar - 21:33


Le roi, son conseiller et son trésorier.

bitch better have my money


Vitserk était lui-même en train de manger lorsque la nouvelle arriva jusqu’à ses oreilles.

Il n’avait pas mangé depuis le matin, comme d’accoutumée, et venait de s’attabler. Devant lui, on commença, tranquillement, à poser les plats. Vitserk aimait prendre son temps. Il aimait prendre son temps pour boire, pour parler, pour faire l’amour et, surtout, pour manger. Il estimait que toute bonne chose méritait d’être savourée. La nourriture, tout particulièrement, avait le droit à tout un protocole. Il avait tant d’esclaves, tant de bouches à nourrir, qu’il se permettait de ne jamais finir ses plats. La table était pleine, ils étaient tous là, ses caprices du moment, alors qu’il les mirait avec fascination, trempant un doigt de ci, de là, en se le léchant ensuite avec une sainte satisfaction. Il lui arrivait parfois de jeter son dévolu sur un canard, une soupe, un plat précis, et de s’en délecter avec tout un cérémonial. Rien ne devait rester, alors. Ailleurs, il ne prenait qu’une bouchée, n’y enfonçait que trois doigts, voire même ne faisait qu’en humer l’odeur, pendant de longues minutes. Autour de lui, ses esclaves attendaient. Ils mangeaient toujours après lui. Ils le regardaient ronronner de plaisir, commenter la cuisine, la cuisson, l’assaisonnement. Il aimait les plats épicés, des délices pleins de goûts agressant ses papilles. Une heure, entière, cela pouvait durer, puisqu’il ne se formalisait jamais de manger froid.

Il avait commencé à peine vingt minutes auparavant lorsqu’Alf vint se pencher par dessus son épaule pour venir lui murmurer quelques mots.

C’était Sharll, un des esclaves les plus charmants de Vitserk qui avait entendu, au détour d’un couloir, une information intéressante. Il avait toujours les oreilles fouinant les couloirs pour son maître, à la recherche de ses faveurs. Il avait donc entendu la petite Silence, qui n’était pas silencieuse du tout, alors qu’elle cherchait elle-même à capter son affection, lui expliquant ce que son amie, Bibi, lui avait dit. Bibi était une charmante jeune femme, malgré un prénom qui témoignait des goûts douteux de son maître, avait jugé bon de soupirer du dîner qu’elle avait du servir. Le conseiller avec un quelconque invité, qui avaient notamment oser parler des finances du royaume. Il paraîtrait donc que le fameux conseiller du roi s’était mis en tête d’aller parler à son employeur, une fois le repas terminé.

En apprenant cela, Vitserk soupira, profondément. Il n’aimait pas interrompre de la sorte son repas, mais il y avait des obligations auxquelles il ne pouvait pas échapper. Il se leva donc, finissant de se lécher les doigts, avant de s’essuyer sur la première manche d’esclave qui passa par là. Il jeta ensuite un regard circulaire à la pièce. Ce jour-là, ses thraellar mangeraient bien, puisqu’ils devaient toujours se répartir les restes de leur maître. Dans un ordre qu’il se plaisait à décider chaque fois.
Son sourire vint d’abord se poser sur son neveu.  « Je vais devoir m’arrêter ici, pour la suite du repas… le premier à manger sera toi, bien sûr, en premier, avec... »  son doigt vint pointer Sharll « toi ». La main remonta ensuite jusqu’àsa bouche, alors qu’il jaugeait le reste de l’assemblée. Tout le monde voulait être le premier à manger, c’était le moyen de récupérer les meilleurs morceaux, et de vérifier qu’on avait toujours les grâces du Leiknir, qui aimait à punir ceux qui le décevaient…. ou qui, au contraire, l’intéressaient grandement. Ainsi, Alfketill mangeait toujours en premier, sauf les fois où Vitserk oubliait tout simplement de le désigner, pendant plusieurs jours, le condamnant à devoir se nourrir de lui-même, lorsqu'il y arrivait. Un sourire s’installa sur son visage alors qu’il sortait de sa réflexion pour, d’un coup, pointer tour à tour chacun de ses esclaves : « Toi, toi, toi, puis toi, avec toi, ainsi que vous deux et on va finir par… bah oui, toi. » Les visages s’éclairaient d’abord au début de la liste, avant de finir pas s’effondrer. Des regards soucieux, jaloux, inquiets, passaient autour de la pièce. « Quant à ceux qui restent, Alf décidera. »
Il quitta la pièce sur ces mots, laissant la curée se dérouler selon ses termes.

Courir dans un palais n’était clairement pas quelque chose de digne ou de respectable à faire. Lorsqu’on était richissime, et au service du roi, on ne courrait pas. On marchait. Vite. On dévorait les couloirs de ses enjambées, le regard alerte, se permettant quelques foulées précipitées dès que le chemin était parfaitement libre. Nul ne devait être capable de pouvoir prétendre avoir vu Vitserk Leiknir courir où que ce soit. L’homme ne se pressait jamais. Il prenait toujours son temps, et vivait comme il mangeait : avec la lenteur du caprice. Sauf que parfois, malheureusement, il fallait échapper à la pression du mythe et dépêcher sa carcasse afin de pouvoir faire son travail comme il le fallait.
Pour la gouverne de nos lecteurs, il faut savoir que, à l’entendre, Vitserk n’était pas exactement le trésorier du roi. Enfin, il l’était, mais pas seulement. Il était, surtout, à ses yeux, son protecteur et son conseiller. On pouvait lui parler de Moira, de Stýrr, de toutes ces autres personnes cherchant à le protéger et le conseiller, mais Vitserk s’en moquait éperdument. D’après lui, le roi ne pouvait pas se passer de son soutien, car il était absolu : Vitserk lui pardonnait tout. Tant que cela pouvait satisfaire son ami, le calmer, le tranquilliser, il pourrait accepter de lui les pires horreurs et fermer les yeux sur les plus effroyables abominations. Un royaume n’avait aucune valeur si sa ruine de demain permettait de calmer les humeurs d’aujourd’hui. Vitserk se moquait bien du futur. Le futur, il lui pissait dessus avec les honneurs, tout en traitant sa femme de traînée et ses enfants de bâtards.

Vitserk arriva à temps. Ce fut la première pensée qui traversa son esprit alors qu’il déboulait dans la salle. Il inspira profondément, nullement essoufflé, mais peut-être légèrement agité. Markvart était là, et son visage semblait détendu, tout allait bien. « Approche Vitserk, approche mon bon ami. As-tu mangé ? » La vipère s’approcha en effet, observant la tablée, ses yeux pervers grignotant déjà en pensée quelque plat. « Je crains que non, malheureusement. » Mensonge éhonté, mais il ne les comptait plus. « J’étais en train d’écrire à ma chère femme, et j’ai complètement oublié d’avaler quoi que ce soit. » Il rit de sa propre bêtise avant de s’attabler à sa gauche, soupirant d’aise. Il fit signe à un esclave, pendant que, déjà, le Lund doutait de lui. « Dis-moi que tu ne viens pas m'assommer avec de sempiternelles foutaises. J’aimerais mieux causer avec toi de la suavité de ces cons que tu as pu lutiner dernièrement, ou de la magnificence avec laquelle tu comptes attifer le banquet qui s’en vient. À ta guise, mais par pitié, épargne-moi les tracasseries du royaume. » Le rire du Leiknir lui répondit d’abord, véritable cascade amusée, alors qu’il secouait la tête d’un air sidéré.
« Oh, voyons, quelle idée ! Moi, venir t’importuner avec des détails pareils ! Ce n’est pas la place d’un roi que de s’inquiéter de ses dépenses, si on ne demande que mon humble opinion. » Malheureusement, on ne demandait jamais que l’opinion de Vitserk. Il fallait toujours que d’autres viennent se mêler de ce qui ne les regardait pas. Il agita cependant la main, large sourire aux lèvres : « Mais inutile de parler de tout cela ! On n’a clairement autre chose à se dire. » Il se penche en avant, attrape un morceau de pain, commence à manger avec un air victorieux. « J’ai en effet quelque chose à te dire... » Vitserk détenait toujours, quelque part dans sa tête, une petite bonne nouvelle à distiller au roi, pour les moments de stress ou… comme ce jour-là, lorsqu’il faisait semblant d’avoir une raison de se trouver là. (Autre que celle de se mettre entre les pattes du pauvre conseiller.) « Sache que j’ai réussi à trouver, pour notre banquet, les plus divines de toutes les danseuses. Des petits joyaux de sensualité, avec des boucles si brunes, un exotisme merveilleux dans l’air qui semble tout droit venu de- »

Il ne termina pas sa phrase, malheureusement interrompu par le bruit d’une autre paire de mains sur la porte. La vipère dut retenir un ronronnement de joie en devinant, derrière les battants, l’homme qu’il venait de dépasser. Devant lui étaient déposés nourriture et boisson : il n’avait jamais été aussi prêt de défendre son droit à l’excès.
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