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 ragnarök, twilight of the gods (groupe)
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Verdandi Manirodinn
Bondi - le peuple vikings.

behind the shield.
POSTS : 819
SEPTIMS : 1179
ARRIVAL : 01/03/2017
IDENTITY : arté (agathe)
MULTILINK : princesse thora (hallðora)
FACECLAIM : carice van houten + carnavage ♥ / bann ©Ravn

AGE : 40 balais.
STATUT CIVIL : célibataire volontaire, merci au revoir. maîtresse d'un konungr & d'un trésorier, ça suffit, non ?
METIER : conteuse itinérante & espionne insoupçonnée.
LOCALISATION : sur les routes & dans les villages, en compagnie du pire scalde de Norvège.

INVENTAIRE : joker n°1 • un sac en toile de jute qui contient des habits plus ou moins chauds et plus ou moins rouges, un coussin en cuir défraichi et une petite jarre scellée par un bouchon de cire • une lame courte, à son côté droit • quelques bijoux et fibules.

AFTER NOURISHMENT, SHELTER AND COMPANIONSHIP, STORIES ARE THE THING WE NEED MOST IN THE WORLD (Philip Pullman)

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Sujet: ragnarök, twilight of the gods (groupe)   - Mar 28 Mar - 23:30

— ragnarök, twilight of the gods —

795, le 15 mars

L
a nuit était tombée sur Solstheim et le reste de la Norvège et, enveloppés par les ténèbres secouées par des flammes vacillantes et ragaillardies par chaque bourrasque de vent qui soufflait sur la place où s’était installée la conteuse, emmitouflée dans sa cape rouge sang, les ouailles de la Rouge tremblaient. Était-ce la brise glaciale qui leur dévorait les os et les transissait de froid, ou bien l’effroi qui montait progressivement tandis que la conteuse avançait inexorablement vers le dénouement du Ragnarök ? Le récit avait commencé paisiblement, alors que le vent ne soufflait pas encore du port et que le soleil descendait à l’horizon pour ne former plus qu’une ligne rouge à la surface de la terre, en cette fin d’après-midi hivernale plutôt douce. Point de nuage, point de pluie ou de neige à craindre pendant la nuit, mais probablement un gel sévère attendait les habitants de Solstheim à leur réveil. Un coin du port avait dû être brisé le matin même à la hache pour pouvoir en dégager les knerrir qui y avaient mouillé l’ancre, avant que leur coque ne soit endommagée.

À présent, il s’agissait de vraiment amener la fin des dieux sur eux, et la conteuse avalait une gorgée de mjödr avant que son souffle ne s’échappe en fumée blanche de sa bouche, et qu’elle reprenne le fil de son récit, tenant en haleine son auditoire qui pourtant savait bien comment le monde prendrait fin. « Personne n’épargnera personne. », reprit-elle ainsi, et un sourire triste accompagna ses mots tandis qu’elle couvait du regard l’assemblée autour d’elle, posés sur des peaux de bête et enroulés dans des manteaux épais. « Le sol tremblera sous les pas des géants de glace et de leurs alliés, menés par Loki, libéré des chaînes faites des entrailles de son fils et voguant sur Naglfar. » Le châtiment de Loki, elle l’avait raconté plus tôt dans l’après-midi : certains s’en rappelleraient, d’autres auraient encore en mémoire d’autres moments où elle l’avait raconté. « Les pions avanceront et le ciel s’assombrira encore plus, si cela est possible, ne laissant percer aucune lueur astrale. La seule lueur du monde sera alors détenue par Surtr, le géant de feu, échappé de sa prison, à la tête d’une armée, son épée dans la main droite. » S’il est bien un événement qu’elle ne souhaite jamais vivre, c’est bien le Ragnarök : elle se considère très bien comme elle est ici, à cette heure, et espère que les quinze ans de règne du Konungr n’amèneront pas le royaume à sa perte. Oh, elle sait qu’il fait du mieux qu’il peut, l’assistant comme elle-même en a le pouvoir. Mais rien de tout cela ne peut obscurcir ses pensées à une heure aussi fatidique. « D’Asgard descendront les Ases, les Vanes, et tous les Einherjars qui auront résidé au Valhalla en vue de ce jour. D’Hel et du Jotunheim, monteront leurs adversaires, cohorte de monstres et de morts de paille, sujets d’Hel à deux visages, et partisans du Tortueux. » Les flammes étaient agitées, et donnaient à son visage une teinte rougeâtre et terrible alors qu’elle prononçait ces mots. « Où serez-vous ? Quel bord servirez-vous ? Quelles armes porterez-vous lorsque le temps viendra ? Vous-même ne pourrez y échapper. » D’un œil inquisiteur, elle toise certains de ses interlocuteurs, cherche à capter la lueur au fond de leurs prunelles, et poursuit, imperturbable, impénétrable : « Heimdall le Loin-voyant sonnera Gjallarhorn et éveillera tous les Ases, aussi profond qu’ait pu être leur sommeil, Mimir murmurera ses derniers secrets au Père-de-tous, Yggdrasil tremblera, et toutes les larmes de Freyja ne sauront sauver ceux dont le destin était déjà scellé à leur naissance. Les flammes de Surtr embraseront le monde et les deux armées s’atteindront pour s’anéantir. » Un temps, une gorgée, elle s’humecta les lèvres en se remémorant la suite tragique de cette légende centrale.


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but do not ask the price I paid, I must live with my quiet rage, tame the ghosts in my head, that run wild and wish me dead. (Mumford&Sons ©️alas)




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Enóla Sivertsen
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FACECLAIM : Olga Kurylenko (Praimfaya)

AGE : Trente-quatre ans
STATUT CIVIL : Divorcée
METIER : Chasseur
LOCALISATION : Isenseg

INVENTAIRE : joker n°1.
Un arc offert par sa famille auquel elle tient comme à la prunelle de ses yeux, un carquois plein de flèches. Un couteau de chasse à hauteur de la ceinture, un autre plus petit glissé dans la botte. Elle peut avoir également une besace lors de plus longs trajets contenant de l'eau, un peu de nourriture séchée, de la corde et une petite statuette de bois représentant une femme qui lui ressemble étrangement.
Elle a également quelques pièges en réserve qu'elle dépose à certains endroits stratégiques aux alentours d'Isenseg et elle va en vérifier les prises tous les jours.

Listen, listen. I would take a whisper if that's all you have to give, but it isn't. You could come and save me. Try to chase it crazy right out of my head.




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Sujet: Re: ragnarök, twilight of the gods (groupe)   - Sam 1 Avr - 23:35

— ragnarök, twilight of the gods —

795, le 15 mars

L
es frères se battront et se mettront à mort. Les parents souilleront leur propre couche ; Temps rude dans le monde, adultère universel. Temps des haches, temps des épées, les boucliers sont fendus. Temps des tempêtes, temps des loups, avant que le monde s'effondre. Personne n'épargnera personne. Les mots se glissent dans son esprit avant même que la conteuse toute de rouge vêtue ne les prononce. Les prunelles de la chasseuse remontent toutefois pour capter celles de Verdandi qui poursuit son histoire avec brio. Elle possède un talent indéniable, un don des dieux peut-être tant ces derniers ne pouvaient rêver de meilleure oratrice pour raconter leurs légendes et histoires. Emmitouflée dans sa cape constituée d’épaisses fourrures, Enóla concentre son attention sur le récit qui lui est offert. Elle le connaît par cœur, et a déjà eu l’occasion d’entendre les faits relatés par la conteuse à quelques reprises. Toutefois l’habitude n’apaise en rien l’appréhension qui secoue la brune. Bien évidemment elle espérait ne plus être là lorsque le Ragnarök viendra, elle espérait ne pas avoir à vivre un tel chaos et surtout l’idée même d’une mort contre laquelle elle ne pourrait rien faire la dérangeait fortement. C’était le destin, bien sûr, mais cela la gênait. Elle se garde bien d’en parler cependant, se contentant de demeurer captivée, buvant les paroles de Verdandi comme beaucoup d’autres. Assise à même le sol, adossée contre un arbre à peine plus loin du feu de camp, la jeune femme se complaît dans l’ombre et bien que l’on soit au courant de sa présence, elle passe suffisamment inaperçu pour jauger autrui en quelques coups d’œil poussés et pour se resservir un verre de mjödr sans que l’on n’y prête attention. Mais si elle estime passer inaperçu, ce n’est pas le cas de tout le monde et en tendant l’oreille, la chasseuse finit par capter une bribe de conversation entre deux hommes, ces derniers semblant débattre afin de savoir si la vision de Surtr, géant de feu qui deviendrait alors seule source de lumière, à la tête d’une armée avait quelque chose de vraiment effroyable. Ils finirent par estimer que ce n’était pas le cas et se turent à nouveau, avant que Verdandi ne commence à évoquer des horreurs véritables, des annonces rapidement suivies par des verres enfilés à toute allure. Il n’en fallut pas plus à la brune pour imaginer le pari qui devait animer leur soirée, ce qui suffit à lui arracher l’esquisse d’un sourire amusé.

Profitant du fait que la conteuse reprenait la parole, car il était bien plus subtil et respectueux de se déplacer lorsqu’elle donnait de la voix que lorsqu’elle laissait un silence s’installer pour appuyer son histoire, Enóla finit par se glisser derrière les deux hommes, passant un bras entre eux tandis qu’ils se resservaient afin de réclamer qu’on remplisse également son contenant à elle tout en lâchant dans un souffle à leur attention : « Je crois que vous avez bien fait de ne pas boire lors de l’annonce précédente, on aura suffisamment à faire par la suite. On. Un simple moyen de se greffer au duo, sans hésitation quelconque et sans gêne apparente. Les gratifiant tout deux d’un sourire avenant, elle remercia d’un simple signe de tête le brun qui avait rempli sa coupe avant d’attendre, relevant les yeux vers la conteuse qui reprenait la parole. Yggdrasil tremblera, et toutes les larmes de Freyja ne sauront sauver ceux dont le destin était déjà scellé à leur naissance. Pas besoin de se concerter pour savoir que ce n’était pas un sort bien enviable et la brune commença à boire l’alcool tandis que la suite s’enchaînait. Les flammes de Surtr embraseront le monde et les deux armées s’atteindront pour s’anéantir. Faisant les gros yeux tout en s’empressant de finir d’une traite son verre, Enóla ne peut que se maudire intérieurement d’une telle sottise. Chercher à se rapprocher des quelques individus qui semblaient prendre cette histoire avec plus de légèreté que les autres n’était peut être pas une si bonne idée finalement. Grimaçant alors qu’elle remplissait son verre et faisait de même pour ceux de ses nouveaux camarades, la chasseuse souffla de nouveau à leur attention : Dîtes moi, y a pas d’argent de misé dans cette histoire hein ? » Car soudainement, elle semblait bien moins confiante quant à sa capacité à tenir bon. Le Ragnarök n’avait rien d’une plaisanterie et la jeune femme ne se permettait cette détente que parce qu’elle avait déjà entendu la conteuse la lui relater plusieurs fois. Mais c’est bien parce que cela n’avait rien d’une blague, et parce qu’elle connaissait les aboutissants de l’histoire, que la brune savait qu’elle finirait sûrement ivre morte à même le sol avant la fin du récit. Et encore, Verdandi la tuerait sûrement avant cela.


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Sujet: Re: ragnarök, twilight of the gods (groupe)   - Mar 4 Avr - 11:55

— ragnarök, twilight of the gods —

795, le 15 mars

D
écambuter , l’idée ne lui paraissait plus si séduisante ; cette ville n’était qu’aquatinte  de joliesse gravée dans la rétine. Partout où son regard se posait s’élevaient merveilles , enchantant sa vue et adjurant tant de raisons d’en haïr la substance profonde. Les maximes assénées par son oncle perdaient en incidence, elles s’effaçaient à pas comptés au profit d’un ravissement incongru qui lui aurait certainement valu quelques bramements, à Skogen, ville qu’elle avait quitté de cela quelques lunes, invoquant des mensonges, enrobés par les rodomontades de rigueur. Elle en appréciait les effets trompeurs. Le ton emprunté était toujours sirupeux et les manières, quant à elle, mystifiantes. Gunhild et sa Thraell avaient chevauché, la peur accrochée aux boyaux et les idées fuselées. Si leur escapade à Solstheim était découverte, il était fort à parier que la camériste perde sa tête ; Gunhild arriverait à échapper à toute sentence définitive par le verbe qu’elle maniait avec cautèle. Pour autant, la crainte lui emboîtait le pas comme l’ombre d’un éventreur, prêt à la passer au fil d’une dague dissimulée. Celle qui l’accompagnait aux aguets, passait en revue quiconque s’approchait de trop près de sa maitresse. Le jeune femme s’était installée à quelques pas d’une bateleuse au crin brasillant, qui à ne pas douter possédait l’art des mots qu’elle contraignait entre ses lèvres pour en dégager l’essence. Le froid exhortait à l’inconfort, les yeux s’en retrouvaient rougis. Gunhild resserra davantage son mantel autour de ses épaules, enfouissant son nez dans la fourrure qui en constituait le col ; elle n’était guère sûre s’il s’agissait là de l’effet du froid ou du récit qui était conté avec tant d’allocutions poignantes. Avant que le monde s'effondre, personne n'épargnera personne. Elle se sentit faiblir, emprunte de culpabilité, sa présence en ces lieux en constituait une preuve accablante. Le Ragnarök lui était paru, lorsque petite elle s’illustrait comme un vilain garnement pragmatique, comme une billevesée racontée avec la volonté dissimulée d’éveiller la peur ; il fallait que la terreur règne pour contenir l’effervescence enfantine. En grandissant, Gunhild avait été amenée à en comprendre les détails imperceptibles et les nuances, désormais, elle démontrait une ferveur occulte à en respecter les principaux dogmes , pour peu qu'ils s'imbriquent aux doxas. Les flammes dansaient sur ses prunelles et lui rappelaient le sort qui les attendait tous si les trois années d'hiver venaient à se présenter à eux. Le chaos, total.

Lorsque la conteuse s’apprêta à poursuivre, Gunhild se pencha vers sa  compagne et se mit à susurrer les paroles avant qu’elles ne retentissent des lèvres de l’experte : « Heimdall le Loin-voyant sonnera Gjallarhorn et éveillera tous les Ases, aussi profond qu’ait pu être leur sommeil, Mimir murmurera ses derniers secrets au Père-de-tous » - Yggdrasil  tremblera, elle sentit des trémulations au bout de ses doigts et elle se surprit à retenir son souffle, pendue aux lippes de celle que l’on ne présentait plus. On la disait originaire de Skogen et d'ailleurs. Cette information  alarmante n'eut guère l'effet escompté, il lui semblait avoir eu l'occasion d'en admirer les paroles et l'apparence. «  Je crains de m'exposer aux langues aristarques qui pourraient trouver leur chemin jusqu'aux ouïes de mon cher oncle» - l'oeillade qu'elle offrit à sa Thraell se montra bien plus éloquente; le goût du risque vint toutefois imprégner ses papilles et éveiller une part de son être qu'elle muselait constamment. Elle se leva alors, pour quémander un verre de Mjodr, bien qu'elle n'ait pu se sustanter, esquivant le dogurdr pour se remettre de la fatigue du voyage.  «  Pour vous» - quelques pièces déposées, elle s'éloigna des hommes pour se rapprocher de l'amuseuse, profitant d'une courte pose pour lui tendre un autre verre, la gratifiant d'un regard approbateur. En silence, elle reprit sa place. Gunhild savait exactement à quel risque elle s'exposait aussi impunément.



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Verdandi Manirodinn
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Sujet: Re: ragnarök, twilight of the gods (groupe)   - Ven 14 Avr - 10:46

— ragnarök, twilight of the gods —

795, le 15 mars

D
u coin de l’œil, elle les voit tous : ceux qui boivent, ceux qui frissonnent, ceux qui parlent à voix basse à leur voisin. D’eux, elle distingue surtout des silhouettes assez sombres et ne reconnaît pas vraiment les visages, sauf ceux qui sont parmi les plus proches du feu autour duquel l’auditoire s’est installé. Verdandi comprend peut-être plus les mouvements des hommes et des femmes que leurs regards, et tout en contant un classique de son répertoire, elle reste alerte, méfiante et si elle accepte avec gratitude la chope qu’on lui apporte -une brunette aux traits familiers, mais qui ne reviennent pas immédiatement en mémoire de la Rouge, trop concentrée dans son récit-, elle n’en reste pas moins sur le qui-vive. Elle hoche la tête légèrement, pour remercier silencieusement sa gracieuse bienfaitrice et la suit du regard tandis qu’elle retourne s’asseoir.
Un temps, une gorgée du verre qu’on lui a offert : rien de bien méchant, rien de bien grave, juste de l’alcool. « Personne n’épargnera personne », répète-t-elle encore une fois, avant de poursuivre, un regard lancé vers les buveurs du fond de l’auditoire : « Les morts se relèveront une dernière fois pour prendre part au combat, et la plaine de Vigrid sera rouge du sang des vaincus et des vainqueurs. » Vigrid, cette plaine qui n’a pas encore ce nom, mais qui le portera au dernier jour des Ases. « Vaste carré de cent vingt mille, c’est là, dans la plaine de Vigrid, que les destinées se scelleront. » D’une main, elle attise les flammes devant elle, tandis que de l’autre elle caresse le matou lové sur ses jambes. Comme tout conteur, elle revient sur ses effets d’annonce, histoire de ne perdre aucune ouaille, et raconte avec précision l’installation des deux camps sur la plaine prophétique :
« C’est là que le Loup Fenrir se rendra, et ses pas embraseront le sol qu’il foulera. Il sera rejoint sur la plaine assignée au combat final, par son frère, Jörmungand, le serpent du Midgard, qui se hissera sur le rivage et pourra ainsi combattre aux côtés de son père, Loki, et de ses frère et sœur, Fenrir & Hel, cette dernière montée à la tête des morts de paille. L’océan se déversera alors sur les terres autour de la plaine et le chaos sera total. Bifrost s’effondrera sous les pieds des géants de Surtr, les falaises s’émietteront dans la mer envahissant tout sur son passage, et Loki, à son tour, manœuvrant Naglfar, atteindra la plaine avec ses armées et celles de Hrym, géant de glace. » Elle semble transportée par ce qu’elle dit, alors que sa voix est empreinte d’une gravité extrême et que ses yeux paraissent perdus dans un futur qu’elle espère lointain et jamais connu de son vivant. « Les rangs se formeront de part et d’autre de la plaine, Surtr et les fils de Muspell seront là, êtres enflammés dont la lueur sera insoutenable pour les hommes, les soldats de Hel & Loki sortiront de terre, les géants de glace auront traversé les mers, et gèleront le sol sur leur passage. Fenrir avec eux, et Jormungand : les pires ennemis que l’esprit pourrait se représenter seront là, en ce jour funeste et sombre. »

Un temps, elle reprend son souffle qui s’était fait ténu tandis que le timbre augmentait à mesure qu’elle approchait du véritable combat. Elle revient aux Dieux, à l’Asgard, pour assurer un semblant de suspense, même si tous savent très bien ce qu’il se passera : « C’est là, en Vigrid, que les Ases et les Vanes et les Einherjars les rejoindront et croiseront le fer avec eux, après s’être réunis auprès du Puits d’Urd pour y recevoir bénédictions et conseil des Nornes. Odin chevauchera Sleipnir jusqu’au puits de Mimir, qui chuchotera ce qu’il sait -et qu’il saura- du futur à Odin : ce qu’il lui apprendra donnera au Père de Tous de l’espoir, même alors que tout semblera voué aux ténèbres éternelles. Yggdrasil tremblera, oui, et les occupants du Valhalla prendront les armes pour aller mener ce combat. Ensemble, ils s’élanceront vers Vigrid, pour y faire face aux plus dangereuses créatures que les Neuf Mondes aient portées. » Une gorgée d’alcool, et elle touille d’une baguette en métal le feu qui s’était apaisé. Les flammes remontent vers les cieux, la réchauffent et la voilà qui continue et lance les hostilités attendues par son auditoire : « Odin, les menant au combat, atteindra le premier la plaine : son armure scintille et son casque d’or brille en écho ; à ses côtés, Thor chevauchera, Mjollnir en main. Dès lors qu’ils toucheront Vigrid, la bataille finale commencera. » Ça trinque dans certains coins de la foule assise, et Verdandi reprend : « Sans plus tarder, Celui-qui-n’a-qu’un-Œil-et-qui-s’est-pendu-à-Yggdrasil-en-sacrifice-à-lui-même-pour-la-connaissance se dirigera immédiatement vers Fenrir, plus immense encore que ce que l’esprit peut imaginer, et le défiera, sa lance Gungnir en main. Thor, voyant Odinn se diriger vers le Grand Loup, sourira et prendra sur lui d’abattre Jormungand, son marteau tenu par son gantelet en fer. Frey, lui, se dirigera vers Surtr, enflammé et monstrueux. » On pourrait presque entendre les coups de métal qui s’entrechoque alors qu’elle décrit le duel entre le Vane et le géant de feu, et pourtant : « Frey combattra vaillamment, mais Frey sera le premier des Ases à trouver la mort sur Vigrid, son épée et son armure n’étant pas de taille face à l’épée de feu de Surtr. Il mourra en songeant à l’épée qu’il avait donné à Skirnir, il y a si longtemps pour l’amour de Gerd : cette épée l’aurait sauvé. » Et ainsi commencera réellement le crépuscule des Dieux et du monde tel qu’ils l’auront connu. Le vent souffle et s’engouffre sous sa capuche, jusqu’à l’ôter et à révéler la chevelure rouge qui paraît sanglante au rythme de ce récit, dont certaines mèches volettent sans que la conteuse ne cherche à les maintenir quelque part.

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Osten Fölksonn
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STATUT CIVIL : seul, et c'est mieux comme ça.
METIER : bourreau, abatteur, bûcheur, béquillard, boucher, coupe-tête, exécuteur, sadique, tortionnaire, tranche-tête. Il fait le sale boulot, celui que tout le monde acclame lorsqu'il est face à la foule, mais que jamais l'on ne remercie.
LOCALISATION : dans les hauteurs de Solstheim.

INVENTAIRE : (joker n°1) Un poignard toujours bien aiguisé dans un fourreau accroché à sa ceinture, une besace dans lequel il range divers choses : un gourde d'eau, de quoi allumer un feu et des friandises pour son chiot. Pour le travail, il utilise très souvent la hache de son père qui commence à se faire vieille et pour chasser, il fabrique des pièges ou utilise une arbalète.

NOT A LOVER
A DISASTER
☾ Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse; ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins, qui d'une main distraite et légère caresse avant de s'endormir le contour de ses seins. Sur le dos satiné des molles avalanches, mourante, elle se livre aux longues pâmoisons. Et promène ses yeux sur les visions blanches qui montent dans l'azur comme des floraisons.
@charlesbaudelaire ✔️

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Sujet: Re: ragnarök, twilight of the gods (groupe)   - Dim 16 Avr - 12:30

— ragnarök, twilight of the gods —

795, le 15 mars

U
ne odeur fumée et boisée s’échappe de son bol, embaumant toute la pièce. Le mince filet de vapeur sortant de sa cruche blanche quelque peu jaunie par le temps vient rependre sa chaleur dans l'air glacé de cet hiver. Bien que n’aimant pas particulièrement le bouillon, je prends la chope entre mes mains, pour la forme et le respect envers mon hôte. Sortant avec peine de la réserve-laiterie, elle dépose sur la petite table, une assiette de biscuits sablés qui me font saliver rien qu’à la vue. S’essuyant les mains sur son tablier, elle m’offre un de ces regards bienveillant qu’ont les parents envers leurs enfants, avant de s’asseoir lentement en face de moi, disposant près du pied de la table sa jambe immobile. Ses mains ridées et abîmées par le temps, poussent alors vers moi quelques feuille de thym que je plonge volontiers dans le breuvage. « Qu’as-tu ramené ?» dit-elle de sa voix chevrotante et  quelque peu rauque, m’offrant en même temps un sourire rieur. Reposant le liquide sur la petite table en bois, j’approche près de moi mon carquois et dispose comme des trophées sur la table, mes prises de chasse restantes de la matinée. Les trois écureuils à la fourrure rousse la font sourire, mais c’est le jeune faisan au plumage brun qui attire presque immédiatement son attention. D’une main tremblotante, elle s’empare alors de la volaille par les pattes, et la soupèse du regard. De l’autre main, elle lisse son plumage comme on le ferait pour solliciter une brave bête et passe l’index sur son cou, autour de la blessure ayant causé sa mort. De son regard jovial, elle me fait comprendre que ça lui convient. Elle repose alors la bête et se lève, marchant en boitillant vers sa réserve.

Seul, j’observe la petite halle que je ne connais que trop bien. Les murs en bois de pins rappellent ceux de la cabane, les moisissures en moins ; le toit, percé de lumière par endroits, sent la poussière et l’humidité, ainsi que cette odeur particulière qu’ont les personnes âgées.  A l’époque où ma mère fréquentait cette bonne femme, elle n’a cessé de me rabattre les malheurs qu’elle avait endurés –bien que je n’ai jamais su ce qui était arrivé à sa jambe. Cette pauvre femme n’a plus personne. Quand elle revient, elle m’offre à nouveau son sourire affectueux et me dépose dans les mains, quelques pièces étincelantes : « Je sais que ton père râlerait, mais tu fais tellement… ».
Acquiesçant en hochant la tête, je me prête au jeu, et la remercie tandis qu’elle se rassoit. J’en profite alors pour l’observer pendant qu’elle dépose mon gibier dans un grand panier plein de sel qu’elle utilise pour garder ses aliments sans qu’ils ne se gâtent, avant de les faire cuire –je me demande toujours où et comment elle se procure ce sel. Ses traits sont durs, comme creusés, semblables à des sillons dans la terre. Dans le temps, elle devait être vraiment belle, avec ses yeux gris et ses pommettes saillantes ; le genre de femme qu’était me mère : belle, svelte, ses cheveux châtains toujours attachés en chignon, les yeux clairs… J'aurais aimé avoir « le physique des Fölsksonn », comme ils disent. Revenant alors aux photos des membres de la famille Maillard, j’observe le portrait de son fils, qui avait vraisemblablement mon âge quand on l’a envoyé dans l’arène.

Suivant mon regard, elle sourit et vient s’asseoir à mes côtés. Elle passe alors une main bienveillante dans mes cheveux et me dit : « Comme tu es beau, Hoël Oh d’ailleurs ça me fait penser, tu pourras passer voir ton père à la forge et lui dire d’aller chercher Caddie chez les Sagans ? Je veux l’emmener chercher des fraises des bois avec moi après, j’en ai vu des belles l’autre jour ! » Souriant à contre cœur, je me lève en lui disant : « Promis, promis, je lui dirais. » Mailla se lève alors à son tour et ramasse son panier qu’elle cale contre sa hanche pour aller le porter dans la réserve. Récupérant mes affaires, je me dirige alors vers l’entrée, jetant un coup d’œil à la neige tombant dehors. Si elle pense trouver des fraises avec sa fille en cette saison, je n’imagine même pas en quelle année doit-elle penser que l’on est. C’est pire que d’habitude.

Mailla sort à nouveau de l'arrière cuisine avec une expression entre la joie et la surprise sur le visage, en disant : «Oh Hoël ? Je ne t’ai pas entendu rentrer, viens, assied toi mon grand ! ». Désabusé par la situation, je dis alors en soupirant : « Non, non Mère, je passais juste prendre quelque chose… je repars. » Elle me sourit alors en disant : « D’accord, fait attention à toi quand même ! ». Tout en ouvrant la porte, je lui réponds par un sourire  forcé, lui disant que tout ira bien et lui jette un dernier regard avant de sortir. Mon cœur se serre alors : elle  me fait penser à ma mère, beaucoup trop d’ailleurs. Elle est la femme qu’elle aurait certainement été, le malheur et l’oublie en moins je l’espère.

Une fois dehors je pousse un soupir de soulagement et sort de ma poche les petites pièces argentées durement récoltée. Je déteste avoir à me  servir de cette pauvre femme, mais comme on dit : la fin –tout comme la faim d’ailleurs- justifie les moyens. Après ce marchandage peu conventionnel mais qui n’affecte en aucun cas ma conscience et ne me fait absolument pas culpabiliser, je me dirige vers l’endroit que j’affectionne le plus ici-bas : l'hydromelerie ; et peu importe ce que les gens en pensent, je dépense l’argent de cette pauvre femme comme bon me semble –d’ailleurs, que peuvent-ils penser, ils ne savent pas.

Mais je m’arrête avant d'y arriver. En plein mois de mars, en Norvège, un feu de camp est allumé autour de la grande place, et des gens boivent autour de tonneaux de bière dans lesquels ils remplissent leurs chopes. Commun. Usuel. Normal.

M’asseyant dans un coin reculé de la réunion, curieux, j'imite mes camarades en me servant à boire. Sur ma droite, deux jeunes femmes plus que physiquement attirantes, rient et piaillent de tout cœur, tels des oiseaux moqueurs. Profitant alors de l’agréable vue qui s’étend devant moi, je ne remarque pas tout de suite les quelques hommes sur ma droite qui profitent eux aussi de la vue, silencieusement pourtant. C'est la femme qu'ils observent, la femme aux cheveux rouge. Qui est elle donc pour les captiver comme une sorcière.

C'est seulement après quelques minutes que je me rends compte que ce sont ses mots qui les envoûtent. Le récit du Ragnarök.


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