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 war is the sea I swim in and the air I breathe (sjoen)
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Verdandi Manirodinn
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LOCALISATION : sur les routes & dans les villages, en compagnie du pire scalde de Norvège.

INVENTAIRE : joker n°1 • un sac en toile de jute qui contient des habits plus ou moins chauds et plus ou moins rouges, un coussin en cuir défraichi et une petite jarre scellée par un bouchon de cire • une lame courte, à son côté droit • quelques bijoux et fibules.

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Sujet: war is the sea I swim in and the air I breathe (sjoen)   - Dim 9 Avr - 16:03

— war is the sea I swim in and the air I breathe —

795, le 15 mars (milieu d’après-midi)

M
aintes et maintes fois elle les a racontés, les combats du puissant Thor contre les géants. Tous, par le chapitre. Auprès des miséreux, des moins dotés, des travailleurs, mais aussi auprès des fortunés et des puissants. Au fil du temps, elle a trouvé le rythme pour les relater, pour laisser planer le doute sur l’issue d’un combat, pour surprendre son auditoire et attirer les rires et les éclats de voix du public, ou les frissons de terreur. Oh, pour sûr, Thor reste victorieux, le sera toujours, à l’exception du Ragnarök, qu’elle compte raconter dans la soirée. Mais pour l’heure, elle réjouit ses ouailles avec le récit de la rencontre indirecte entre Thor et le géant Thrymr, qui avait dérobé le marteau de l’Ase roux, Mjöllnir. Elle leur a déjà raconté comment Mjöllnir était venu à manquer dans la demeure de Thor et Sif, et comment Thor avait fini par consulter le retors Loki qui avait accepté de mener l’enquête (menacé pour une énième plaisanterie ayant mal tourné). Thrymr l’avait, et Thrymr acceptait de le rendre, à la seule condition qu’on lui donne la main de la déesse Freyja (et la déesse avec, hein, ce géant-là n’était pas sot). Cette demande avait achevé de rendre la Vane furieuse, quittant le banquet des Dieux et les forçant à trouver un stratagème qui ne nécessiterait pas de la faire se déplacer. Heimdall, le fils de Neuf-Mères, avait fini par proposer de grimer Thor en Freyja, le travestir en mariée pour duper le voleur et s’approcher suffisamment de Mjöllnir pour pouvoir châtier l’impudent. Loki se métamorphosant en jeune suivante dût trouver de nombreuses réponses à des questions du géant qui s’inquiétait du regard dur et glacé de sa promise, de son appétit colossal, de son mutisme, et ses chevilles épaisses apparues de sous sa robe : elle n’avait pas dormi parce qu’elle se consumait d’amour pendant neuf nuits et avait les yeux brillants de désir ; elle mangeait tant parce qu’elle n’avait pas mangé depuis neuf jours, le temps qu’elle avait mis pour arriver dans la contrée des géants ; elle avait des jambes puissantes et pourrait porter ses enfants, mais était tout de même la plus belle de toutes les déesses d’Asgard ; et ainsi de suite.
Arrivait alors le dénouement, qu’elle déroula avec un sourire amusé et complice pour son auditoire : « Thrymr, rassuré par les réponses de la suivante de sa promise, fit fi des réticences et des mises en garde de sa sœur géante, et ordonna alors qu’on apporte le marteau qu’il avait dérobé au Dieu de la Foudre, pour consacrer et leur union, et sa fiancée. Mal lui en prit, car sitôt l’objet à sa portée, Thor s’en empara, se mit à rugir en dévoilant sa véritable nature, le tonnerre cognant en écho, et frappa mortellement Thrymr, avant de décimer le reste de sa famille. » Des rires et des exclamations approbatrices accueillent la résolution du conte burlesque, et la conteuse se redresse de sa position assise en tailleur, dans laquelle elle était depuis deux bonnes heures. Époussetant le bas de sa cape qui avait été en contact avec la terre de la place au cœur de la ville basse, la conteuse rassemble ses affaires, se penche pour laisser le skogkatt au poil touffu grimper sur son épaule et se tourne vers la silhouette qui se tient probablement là où son père s’est tenu, il y a près de vingt ans de cela.

Un sourire étire les lèvres de Verdandi tandis qu’elle s’approche de la petite dernière des Lund, et qu’elle plie les genoux pour la saluer avec respect, sans pour autant se pencher, vu qu’elle a un chat en équilibre sur son épaule. Le matou dévisage la princesse tout en baillant, les griffes rentrées, pattes arrières dans le dos de la Rouge ; pattes avants pendant dans le vide. La conteuse se remet droite et regarde autour d’elle avant de repérer l’escorte de Sjoen. « Je me disais bien que vous n’étiez pas seule. » Un signe de tête au garde, histoire de le saluer, lui aussi, et retour à la fille du Konungr. « J’avais prévu de me rendre sur la colline sacrée, histoire de rendre grâce aux Ases avant d’invoquer une nouvelle fois le Ragnarök ce soir… Souhaitez-vous m’accompagner ? » Et d’ajouter, avec un sourire entendu : « J’ai quelques informations qui pourraient vous intéresser… »
C’est un jeu auquel elles jouent, un jeu relativement innocent, où l’enfant (la jeune fille maintenant) ne se doute nullement du rôle que joue la Rouge auprès de son père, tant professionnellement que personnellement. On ne se cache jamais mieux qu’en pleine lumière, considère Verdandi qui reprend certains principes du maître en la matière, le dieu Loki lui-même : l’enfant depuis plusieurs années la considère ainsi comme son « informatrice personnelle », et Verdandi lui rapporte les bruits qui montent des petits groupes de gamins du port ou des tavernes. Et à l’heure où elle s’engage sur le chemin de la colline sacrée, marchant tranquillement, autant à cause du chat sur son épaule qui pourrait sauter s’il trouvait que ça tanguait trop, qu’à cause de la présence de Sjoen à ses côtés, Verdandi songe déjà à ce qu’elle devrait raconter le soir même, récit qu’elle débutera alors que le soleil se couchera, à deux jours des festivités pour les quinze ans de règne du Konungr Markvart Lund.

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Sjøen Lund
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Sujet: Re: war is the sea I swim in and the air I breathe (sjoen)   - Lun 10 Avr - 1:34

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WAR IS THE SEA I SWIM IN AND THE AIR I BREATHE






L
es rues de la basse-ville étaient toujours animées à cette heure de la journée. Les gens déambulaient, portant parfois de lourdes choses qui faisaient trois fois leur poids dans un brouhaha incessant. À cela s’ajoutait le bruit des oiseaux qui survolaient le ciel, certainement en quête de poisson ou d’autres choses à se mettre dans le bec. L’enfant les regardait voler, du haut du muret sur lequel elle avait mis les pieds pour prendre un peu de hauteur. De là, elle avait la même taille que le garde qui l’accompagnait. Elle était une princesse, fille du Konungr, et de fait, à chacune de ses sorties, elle devait en avoir un comme lui. Plus d’une fois elle avait essayé de s’en débarrasser, soit en se mettant à courir d’un coup dans les ruelles sinueuses, soit en tentant de se fondre dans la foule… Cependant elle ne réussissait souvent qu’à gagner quelques trop courtes minutes de répit. Oh il y avait bien des fois où le sort était généreux avec elle ! Tous les gardes n’étaient pas forcément entrainés dans l’art de retrouver une jeune fille de presque quatorze ans dans une fourmillante foule. Pour aujourd’hui, elle s’était fait une raison. Dommage, car elle aurait voulu retrouver les autres enfants avec qui elle forme un petit clan dont elle avait pris la tête, il y a longtemps. Depuis la mort de son meilleur ami, elle se trouvait moins présente lors des guérillas, mais elle n’avait pas abandonné ses camarades. Tous issus de milieux modestes, principalement des fils d’hommes et de femmes vivants non loin de la demeure royale… Des braves ! Ils étaient courageux, ces garçons. La petite savait qu’ils en avaient dans le ventre. Ils se l’étaient tous prouvés dans les difficultés et les défaites. Voilà bien un trait qui les différenciait des enfants du port : tous des froussards. Surtout quand ils s’éloignaient dans les ruelles étroites.

Enfin, la jeune fille avait beau se dire ça… mais les garçons de son propre clan craignaient de lui parler quand elle avait un garde à côté d’elle. C’était légitime : ce n’était pas facile de discuter d’égal à égal avec une princesse quand celle-ci avait un adulte à ses côtés prêt à corriger quiconque s’en prendrait à elle. C’était bien pour cette raison qu’elle préférait ne pas être accompagnée. Malgré toutes les tentatives de persuasion qu’elle avait essayée avec sa mère, avec tous les arguments et les concessions qu’elle pouvait, cette dernière ne céda jamais.

Tandis qu’elle chercha une nouvelle façon de se débarrasser de son escorte, faignant d’observer les oiseaux, quelque chose attira son attention. Il y avait du monde sur la place centrale de la basse-ville. Intriguée, elle descendit de son muret dans un saut avant de s’approcher. Il lui fallut du temps avant d’apercevoir la conteuse rouge au milieu de tous ces gens. Telle une petite souris, elle fit de son mieux pour se faufiler vers l’avant, afin de mieux entendre. Les récits de la dame rouge, Verdandi, avaient toujours quelque chose de spécial. Du moins, quand le sujet l’intéressait… Si ce n’était pas le cas, eh bien elle s’éclipserait de la même façon qu’elle était venue. Mais là, elle reconnut une des légendes de Thor, dieu du Tonnerre et redoutable guerrier ! Le plus grand de tous ! À cet instant précis, la conteuse avait l’entière attention de la petite, à tel point que dans ses grandes prunelles, de nombreuses petites lumières vinrent pétiller comme l’éclat des étoiles dans le ciel. Cette histoire, on la lui avait racontée plusieurs fois mais la petite était persuadée qu’elle ne s’en lasserait jamais. Verdandi avait cette manière de dire les mots de sorte que des images apparaissaient directement dans la tête. Le géant terrassé par la foudre mortelle, c’était comme si elle le voyait en face d’elle ! Stupéfiant. Dommage qu’elle n’ait pas été là au début du récit, cela s’arrêta bien trop tôt et dès que la rouge se leva, tout le monde s’écarta, repartant vers leurs occupations.

Sjøen, elle, restait. Verdandi l’avait vue dans la foule et la jeune fille ne se ferait pas prier pour un peu de sa compagnie. Cela lui changerait du garde… « Je me disais bien que vous n’étiez pas seule. » Elle fit une petite moue dépitée avant de relever son regard vers la conteuse. Cette dernière devait bien le savoir que la princesse avait fait des pieds et des mains pour s’en débarrasser ! C’était le genre de détail qui crevait les yeux. Cela passa pourtant rapidement dans un coin lointain de sa tête. L’invitation de Verdandi ne tomba pas dans l’oreille d’une sourde, et cela lui suffit pour lui redonner un demi-sourire. La journée avait été longue, même en ayant passé presque toutes ses heures à l’extérieur de la demeure familiale. Et puis la conteuse était bien une des rares personnes dont elle appréciait sincèrement la compagnie. Quelle femme fascinante, vraiment… Ce n’était pas pour rien qu’elle était la seule adulte qu’elle ait accepté d’introduire dans ces guerres d’enfants. Sans prendre la jeune fille de haut, Verdandi avait toujours su comprendre ce foisonnement d’alliances, de rivalités, de querelles, de batailles, de conquêtes et de traités que constituaient sa vie de sauvageonne. Ce n’était pas pour rien qu’elle appréciait grandement ses services en tant qu’informatrice ! Elle avait toujours à l’œil les autres groupes d’enfants, et signalait à la princesse tout ce qu’elle pouvait observer et déduire. Un atout non négligeable !

« Vous savez bien que je ne peux pas résister quand vous dites ça. »

Pas qu’elle ne le souhaitait, d’ailleurs. Son demi-sourire se transforma en regard complice pendant qu’elle se fit un plaisir d’accompagner la Rouge, bien curieuse de savoir de quoi il s’agissait cette fois-ci. Est-ce qu’il s’agissait des enfants des tavernes, encore une fois ? Ils avaient essayé de faire la paix voilà bien plusieurs lunes en échange d’un bout de rue que Sjøen accepterait de leur laisser, mais aussi futile que cela paraissait, la princesse avait bien compris l’importance précis de cet endroit : en escaladant un des murs qui l’encadrait, on pouvait avoir une vue sur une grande partie de Solstheim, ce qui correspondait à un atout stratégique évident. Hors de question qu’elle le cède. Alors c’est la guerre…

« De quoi s’agit-il ? Vous avez entendu quelque chose ? Racontez-moi tout. Tommin m’a dit qu’il y avait eu une bagarre du côté du marché, hier… Mais d’après lui, c’était un incident sans lien avec ceux des tavernes ou du port. Il n’a pas pu m’en dire plus puisque son père l’appelait. »

Du coin de l’œil, elle regardait le chat sur l’épaule de la Rouge. Il ne bougeait pas beaucoup, posant simplement ses pattes de sortes à ne pas être trop gêné par les mouvements de sa porteuse.

« Et puis, vous disiez que vous alliez conter le Ragnarök ce soir… C’est vrai ? Vous pensez que je pourrai y assister ? Mère a beaucoup à faire en ce moment, je ne pense pas qu’elle remarquerait mon absence… »

À moins que quelqu’un vende la mèche, évidemment. La jeune fille lança alors un regard vers le garde qui la suivait toujours, mais celui-ci semblait être dans ses pensées. Ces enfantillages ne l’intéressaient probablement pas.
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Verdandi Manirodinn
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Sujet: Re: war is the sea I swim in and the air I breathe (sjoen)   - Lun 10 Avr - 15:57

C
urieuse comme tout, la dernière des Lund emboîte le pas à la Rouge tout en répondant : « Vous savez bien que je ne peux pas résister quand vous dites ça. » Un sourire sur les lèvres de la récitante. Manirodinn sait attirer l’attention de la jeune fille, et elle préfère aussi la savoir traîner avec elle, plutôt que seule dans les rues de Solstheim, après avoir faussé compagnie à son escorte. Parfois, quand elle est sûre que l’enfant ne la regarde pas, Verdandi s’attarde à la scruter et à surveiller autour : oh, ce n’est pas à elle de protéger l’enfant, et elle n’a rien d’une mère poule de substitution, loin de là. C’est simplement que, de son passé, Verdandi a retenu quelques leçons de l’existence, et s’assure qu’il n’y a pas de menace autour de la benjamine des Lund, afin de lui éviter ce qu’elle-même a malheureusement connu. Le garde les suit, à plusieurs mètres, un peu plus détendu depuis qu’il a vu la Rouge, même s’il ne peut lui faire entièrement confiance, ordres d’en haut obligent.

Les ruelles de Solstheim, baignées d’un soleil clair sous un ciel presque blanc, grouillent de petites gens, de commerçants, d’enfants qui se hèlent, çà ou là. Certains ont l’air de reconnaître la conteuse et son acolyte du moment : peut-être comprennent-ils dès lors qui peut avoir transmis certaines informations difficiles à obtenir entre les murs du palais royal, peut-être le savaient-ils déjà, peut-être voudraient-ils prendre des ordres de leur générale. « De quoi s’agit-il ? Vous avez entendu quelque chose ? Racontez-moi tout. Tommin m’a dit qu’il y avait eu une bagarre du côté du marché, hier… Mais d’après lui, c’était un incident sans lien avec ceux des tavernes ou du port. Il n’a pas pu m’en dire plus puisque son père l’appelait. » La petite parle beaucoup, songe la conteuse qui n’avait pas non plus la langue dans sa poche quand elle était môme. « La bagarre n’avait pas grand chose à voir avec un quelconque territoire, vous savez. », la rassure-t-elle paisiblement tandis que le chat baille de nouveau et s’agrippe à la cape sur laquelle il est posé en majesté. Elle pourrait poursuivre, mais Sjoen embraye avec la légende du soir : « Et puis, vous disiez que vous alliez conter le Ragnarök ce soir… C’est vrai ? Vous pensez que je pourrai y assister ? Mère a beaucoup à faire en ce moment, je ne pense pas qu’elle remarquerait mon absence… » Un temps, elle s’arrête et toise la fillette. Elles sont au pied de la colline des dieux, l’ascension va les amener sur des terres sacrées, et Verdandi hésite sur la marche à suivre : elle dirait bien à l’adolescente de faire ce que bon lui semble, mais cela serait probablement lui attirer des ennuis par la suite, si la Drottning venait à en entendre parler. Connaissent la jeune fille, la Rouge est consciente de marcher sur des œufs et elle manœuvre en reprenant son chemin tandis que le chat saute à terre et les précède de quelques mètres.  « Je me vois mal vous interdire quoi que ce soit, Sjoen. Toutefois… Disons que, sans les partager, je comprends les inquiétudes de la Reine et je suppose que celles-ci doivent être exacerbées aussi près de la cérémonie pour votre père, avec tout ce que cela implique de tensions diplomatiques renforcées et de menaces potentielles. » Elle ne veut pas lui dire non, car elle ne veut pas la braquer, mais elle ne veut pas non plus la laisser venir sans lui faire comprendre les tenants et les aboutissants d’une telle décision. Cette petite a une cervelle bien faite, Verdandi en est convaincue, alors rien ne sert de l’envelopper dans un cocon sécurisé non plus. Elle ajoute tandis qu’elle se retourne vers la ville en contrebas, sous leurs pieds : « De plus, je garderais bien sûr le secret si vous souhaitez qu’il en soit ainsi, mais je ne garantis pas que votre tante ne sera pas présente. » Et si Moira est présente au récit de ce soir, eh bien Sjoen verra probablement ses espoirs de récits écourtés. L’enfant savait déjà que Verdandi connaissait bien sa tante, puisque la Rouge lui avait parlé dans l’une de leurs premières discussions dans la ville basse de la propension de la sœur de Konungr à venir se mêler au peuple —mais le peuple ignorait pour la plupart qui elle était à ce moment-là.

Elle appelle le chat qui s’en allait batifoler entre les hautes herbes de la colline et le récupère sur son épaule en se penchant un peu pour qu’il y saute de nouveau. Le skogkatt commence à se faire un peu âgé, mais il tient toujours le coup, le pépère. Les cimes des temples apparaissent à mesure qu’elles gravissent la haute colline et la conteuse reprend, après un coup d’œil pour vérifier la présence du garde : « Pour revenir à plus amusant : la bagarre du côté du marché entre deux bandes mettait en scène des fils de tisserands avec la cousinnade des enfants des forgerons. Je ne sais plus quel enfant a insulté la mère de Niels, le petit avec les oreilles particulièrement décollées et une tâche de vin à la naissance du cou. » Un rictus amusé découvre les canines de la femme quand elle repense à la scène. « Ceux du port se tiennent sages pour le moment, je crois qu’ils ont eu vent de la tentative de trêve entre vous et les tavernes. Ils doivent préparer quelque chose, mais ils n’agiront qu’après les festivités : pour l’heure, il y a trop de monde dans la capitale pour qu’ils puissent faire quoi que ce soit de véritablement efficace. »

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Sujet: Re: war is the sea I swim in and the air I breathe (sjoen)   - Mar 11 Avr - 14:46

D
’ordinaire, les adultes lui sortaient par les yeux. Non pas à cause du fait qu’ils soient plus âgés, mais ils avaient toujours eu cette tendance de voir un fossé entre eux et la jeune fille, comme si ce qu’elle faisait n’était que le fruit du hasard, d’un mauvais caractère ou d’un caprice d’enfant gâté. Verdandi était une des rares personnes à la regarder différemment. En toute honnêteté, Sjøen ne saurait dire ce que la Rouge voyait en posant les yeux sur elle. Ce qu’elle savait en revanche, c’est qu’elle n’était ni dédaignée ni sous-estimée. La conteuse marchait à ses côtés, elle avait toujours cet air un peu lointain…  « Je me vois mal vous interdire quoi que ce soit, Sjøen. Toutefois… Disons que, sans les partager, je comprends les inquiétudes de la Reine et je suppose que celles-ci doivent être exacerbées aussi près de la cérémonie pour votre père, avec tout ce que cela implique de tensions diplomatiques renforcées et de menaces potentielles. » La petite fronça légèrement les sourcils. Elle comprenait bien ce que lui disait la Rouge, mais pourtant, elle n’avait absolument pas envie d’entendre ce qu’on lui avait mille fois répété. Elle aussi, elle voulait qu’elle reste tranquille, sagement dans la demeure familiale ? À faire des choses sans intérêt et ennuyeuse ? Elle n’était pas idiote, elle avait bien compris que sa mère s’inquiétait, qu’elle avait des milliers de choses à penser… mais la princesse ne comptait pas s’enfermer pour autant ! Et tant pis si ça ne convenait à personne d’autre qu’elle.

« Finalement, peu m’importe que vous gardez le secret ou non. » répondit-elle avec une voix amère. « De toute évidence, je saurai me débrouiller. »

Elle voulut ajouter « sans votre soutien », mais ce n’était pas de cela dont il était question. Si Sjøen décidait de faire le mur, alors Verdandi n’aurait pas son mot à dire. Après tout, la petite prenait très difficilement en considération l’avis d’autrui, surtout quand ces avis n’allaient pas dans son sens. Elle voyait l’inquiétude de sa mère, des gardes, des gens qui l’entouraient comme un poids qu’elle devrait supporter simplement parce qu’elle était la fille du Konungr. Quelle autre petite fille de Solstheim pouvait se pavaner d’avoir des gardes du corps pour veiller sur elle chaque fois qu’elle se baladerait ailleurs que dans sa grande demeure familiale et royale ? Personne.

Et si sa tante se trouvait là-bas ? Sjøen avait toujours eu beaucoup d’admiration pour cette femme. Guerrière victorieuse et sans peur, il y avait en elle l’ombre de ce que la petite aspirait à devenir. Cependant, elle ne se sentait pas particulièrement proche de cette femme pourtant incroyable. Les quelques fois où la princesse s’était approchée, elle avait le sentiment de ne pas être la bienvenue. Ou alors parfois elles discutaient comme de vraies sœurs. C’était… vraiment étrange. Et désagréable. Qu’arrivera-t-il si Moira la voyait alors qu’elle ne devrait pas être là ? Bah, au diable. Sjøen réalisa qu’elle n’avait pas besoin d’approbation de sa tante. Irait-elle écouter la légende du Ragnarök alors ? Peut-être, elle n’avait pas encore décidé. Et Verdandi n’aura la réponse à cette question qu’au moment où elle commencera le récit. S’il y avait une tête blonde dans l’auditoire, alors elle saura ce qu’il en est.

Elle continua de marcher aux côtés de la conteuse dans le silence, décidant de passer à autre chose. C’était une femme que Sjøen appréciait tout de même, surtout comparé à de nombreuses autres personnes de son entourage. Et puis, elle n’avait plus envie de parler de ce qui se passera ce soir. Entendre une nouvelle fois la morale ? Hors de question ! Cependant, Verdandi repartit sur ce qu’elle avait entendu et vu dans la basse-ville. Tant mieux, la princesse se détendit un peu, se concentrant sur ces nouvelles informations. Il s’agissait globalement de bonnes nouvelles, du moins pour elle.

« Je vois… S’ils se battent entre eux, ça va nous rendre la tâche plus facile. Il n’y aura pas de trêve avec ceux des tavernes, on passerait pour des faibles. J’imagine qu’ils le savent déjà tous… »

Elle se tut un moment, balayant son regard sur les temples sans vraiment les regarder, simplement pour réfléchir. La stratégie n’avaient jamais été son fort, et encore moins la diplomatie. Ce qu’elle voyait là, c’était que les festivités lui apportaient l’avantage. Finalement, fêter le règne de son père avait du bon.

« Est-ce que tu en sais plus sur la bataille du marché ? Comment est-ce que ça s’est fini ? S’ils se sont mutuellement mis des bâtons dans les roues et qu’ils ne comptent rien faire à cause du monde, alors on va pouvoir leur prendre le marché. Ensuite, eh bien on avisera. J’aurais besoin de vos services d’ici-là. Je pourrai compter sur vous ? »
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Sujet: Re: war is the sea I swim in and the air I breathe (sjoen)   - Mer 12 Avr - 11:01

L
’enfant semble décidée : « De toute évidence, je saurai me débrouiller. » À la Rouge de hocher la tête en silence et de laisser là le débat. Elle verra bien si la tête blonde se présente à son récit du soir. Elle ignore toujours qui viendra, qui fera quoi, qui écoutera, qui dormira après une longue journée de travail. Mais elle aime aussi cette forme d’inconnu qui se présente à elle à chaque fois qu’elle s’installe pour conter les mythes majeurs de leur culture et de leurs contrées. La queue du chat lui bat le dos tandis qu’elle divulgue à la fille du Konungr les informations qui pourraient intéresser sa conquête progressive de la ville basse -dont un jour peut-être elle mentionnera l’existence au Konungr, en omettant soigneusement son rôle de chuchoteuse auprès de la princesse. Ou peut-être lui confiera-t-elle le jeu auquel elle prend part, seule adulte dans une flopée de mômes ?

« Je vois… S’ils se battent entre eux, ça va nous rendre la tâche plus facile. Il n’y aura pas de trêve avec ceux des tavernes, on passerait pour des faibles. J’imagine qu’ils le savent déjà tous… » La jeune fille a déjà l’esprit bien fait, la stratégie dans le sang, et les sens à l’affût du moindre moment opportun pour frapper. Sans doute sont-ce les récits des exploits des héros scandinaves, mythiques ou réels, qui ont inspiré la créativité enfantine et la simplicité crasse des manœuvres, mais il faut reconnaître que Sjøen s’en sort plutôt bien, du moins de ce qu’en constate la Rouge lors de ses passages à la capitale. « Ils le soupçonnent, disons. Ils ne se sont pas encore décidés à agir là-dessus. - Est-ce que tu en sais plus sur la bataille du marché ? Comment est-ce que ça s’est fini ? S’ils se sont mutuellement mis des bâtons dans les roues et qu’ils ne comptent rien faire à cause du monde, alors on va pouvoir leur prendre le marché. Ensuite, eh bien on avisera. J’aurais besoin de vos services d’ici-là. Je pourrai compter sur vous ? » La vivacité d’esprit de la jeune Lund fait plaisir à voir. Verdandi esquisse toutefois un sourire navré et s’arrête de marcher, le Skogkatt sortant les griffes pour se maintenir en équilibre après le roulis ronronnant de la marche lente. Un coup d’œil au temple devant lequel elle s’est arrêtée (Frigg, pas encore le bon), et la conteuse répond calmement : « Je crains de ne pas me maintenir indéfiniment à Solstheim, ma dame. Je suis censée repartir à Skogen aussitôt après les festivités : un de mes frères attend un enfant, et il se pourrait que j’arrive à temps pour aider sa femme à accoucher. » Une excuse tout à fait valable : la femme d’Esben est enceinte jusqu’aux yeux, si elle en croit ce qu’ont pu lui dire Leif et Arnisa, et l’accouchement ne devrait pas tarder. Elle a été absente à pratiquer toutes les naissances de ses neveux et nièces, elle se dit qu’elle pourrait faire un effort, et ça fait près de trois ans qu’elle n’est pas allée renifler du côté de Skogen pour sonder les habitants et Sonja, la völva du village et sœur de l’Usurpateur, alors il vaudrait mieux qu’elle aille fouiller avant d’être prise par surprise et faillir ainsi au serment fait au Konungr. « Mais il reste encore deux ou trois jours avant que je reprenne la route, alors je m’efforcerai de vous être la plus utile possible. J’irai fouiner là où vous me direz. Mais avant cela… » Elle reprend l’avancée vers le temple de l’Ase roux au marteau foudroyant : « Venez, allons rendre hommage à Thor, autant pour le Ragnarök que pour vos manœuvres à venir. » L’escorte est toujours présente, à plusieurs mètres d’elles. Ç’aurait été Akam, son vieil ami d’enfance, la Rouge l’aurait probablement rassuré sur l’état de la princesse, mais l’escorte est moins un familier de la conteuse que le maître d’armes de Solstheim.

La Rouge revient sur les soucis de l’enfant royale, tout en baissant la tête à l’approche du temple de Thor Tonnerre. Le skogkatt, lui, saute de son épaule et se dirige seul vers le temple de Freyja, comme s’il était appelé par sa déesse tutélaire. Un regard vers le félin, et elle revient sur son interlocutrice : « Vous pourriez toujours tenter d’obtenir une alliance des sœurs de ceux des tavernes. Après tout elles sont souvent mises de côté, et il est de notoriété publique que certaines veulent devenir gardes royales quand elles seront plus âgées, à l’image de votre tante. » Une image lui parvient soudain, et la voilà à poursuivre : « Méfiez-vous de la petite Dita Lignak, la fille de l’aubergiste de la Chèvre Rieuse : pour la connaître, elle est rusée comme Loki, mais est un peu retorse comme lui, toute charmante qu’elle paraît. Elle pourrait vous être utile, cela dit… »

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Sujet: Re: war is the sea I swim in and the air I breathe (sjoen)   - Ven 14 Avr - 22:33

L
a jeune fille fut un peu déçue d’apprendre le départ de Verdandi. Son expression sur le visage ne transparaissait pas ce sentiment, mais son regard perplexe, lui, ne laissait aucun doute sur ce qu’elle ressentait. Et elle partait pour des raisons familiales… en ferait-elle autant pour son frère Detelf ou sa sœur Guiséla ? Honnêtement, elle en doutait. L’affection qu’elle leur portait était plutôt limitée. La conteuse devait vraiment aimer son frère pour faire le chemin jusqu’à Skogen. Ou bien apprécier sa belle-sœur… Elle ne saurait dire ! Le fait été qu’elle partait après les festivités, si vite…

« Donc… vous allez partir longtemps… ? »

Quelle question idiote. Bien sûr, elle n’allait pas y rester quelques heures : il s’agissait de son neveu. Esquissant une petite moue, elle avança avec la Rouge, levant la tête vers le temple. Jamais elle n’avait été très sensible à la religion… Enfin, elle suivait par habitude celles de ses parents, priant et assistant aux rituels, mais cela ne lui procurait jamais satisfaction. C’était simplement un moment du quotidien. L’entrée du temple de Thor ne faisait pas exception, encore un paysage familier de sa vie de fille du konungr. Cela dit, Thor avait toujours été une de ses divinités préférées : brave et fier, intrépide et puissant, ses légendes étaient sensationnelles ! Un jour peut-être, qui sait, vivra-t-elle des aventures qui traverseront les âges. Serait-ce si impossible ?

« Vous pourriez toujours tenter d’obtenir une alliance des sœurs de ceux des tavernes. Après tout elles sont souvent mises de côté, et il est de notoriété publique que certaines veulent devenir gardes royales quand elles seront plus âgées, à l’image de votre tante. » Ses propos l’étonnèrent. Les sœurs de ceux des tavernes ? Cette idée ne lui avait même pas traversé l’esprit. De toutes les fois où elle s’était rendue là-bas, elle avait eu l’impression que ces filles-là n’étaient que des couardes, à ne jamais être là quand leurs frères se battaient contre elle et ses compagnons. Alors ? Cherchant à suivre le chemin de sa tante ? Cela semblait si improbable que la princesse en douta sincèrement. Cependant, cette information venait de Verdandi. Quand bien même la petite n’appréciait pas cette éventualité, elle avait assez confiance en la conteuse pour la croire sur parole. Sjøen émit alors un petit bruit de désapprobation, mais resta encore un temps dans le silence.

« Si elles sont toujours mises de côté, c’est parce qu’elles ne prennent jamais part à quoi que ce soit. Pourquoi les accepterai-je alors avec moi ? Lutter contre leurs propres frères ? »

Il était bien connu que Sjøen était toujours plus disposée à se faire des ennemis plutôt que des amis. Ce n’était pas son caractère sympathique qui l’avait mise à la tête de sa bande, loin de là ! Et cette Dita… Les mots de Verdandi ne la mettaient pas en confiance. Une fille rusée, issue d’un groupe qu’elle ne considérait pas comme des alliés ? Cela ne lui plaisait pas. Certes elle pouvait être utile, mais… et si jamais il lui prenait l’envie de la doubler ? Et si jamais elle la trahissait ? Loki était un maître dans le domaine, et si la Rouge comparait la fille Lignak à lui, alors la ressemblance devait être frappante. Et sa ruse tout aussi développée.

Elle prit une légère inspiration, et fit un premier pas dans le temple. Cependant elle n’alla pas plus loin pour l’instant et se retourna vers son interlocutrice, la regardant un moment.

« Je vous remercie pour ces conseils. »

La princesse se tut un moment, fit un nouveau pas mais se retourna encore une fois, s’adressant cette fois-ci un petit peu précipitamment.

« Ils vont me manquer. Ne partez pas trop longtemps. »

Ses mots étaient autoritaires, comme ceux qu’on attendait dans la bouche d’une princesse. Malgré tout, ils avaient le mérite d’être sincères. Son avis était précieux, tout comme les informations qu’elle réussissait à glaner… Ce n’était pas Tommin qui allait découvrir cette potentielle alliance avec les sœurs de ceux des tavernes, ça c’était certain ! Bien que cela rebute la princesse, maintenant que l’idée était soulevée, elle se sentait tout de même obligée d’y songer. Ne serait-ce dans l’optique de la victoire contre ses ennemis.

Se pinçant légèrement les lèvres, la petite entra finalement dans le temple. Ce lieu elle le connaissait jusqu’au bout des ongles mais pourtant, sans l’expliquer, elle sentait toujours cette pression étrange sur ses poumons quand elle marchait sur ce bois, quand elle regardait ces piliers… ces statues… Elle les connaissait par cœur maintenant, mais l’enfant faisait toujours preuve de respect en ces murs. Comme ses parents, comme ses semblables. Elle se rapprocha pourtant de Verdandi, relevant son regard vers elle mais parlant dans la voix la plus basse qu’elle pouvait.

« Aussi, je me demandais… est-ce que Père est au courant ? Pour Skogen. C’est loin, et j’ai entendu des rumeurs… Vous serez accompagnée ? »

Elle avait demandé ça sans arrière-pensée, sans se douter un seul instant de la vérité. La petite savait que la Rouge avait le bras long, et qu’elle avait certainement affaire avec son père… Tout le monde avait affaire avec le roi, non ? En tant que telle, et parce que Sjøen se doutait bien qu’elle n’était pas la seule à bénéficier des conseils de la conteuse – même si elle l’aurait apprécié – elle serait protégée pendant le voyage, n’est-ce pas ? Si besoin était, nul doute que Sjøen serait la première à se proposer pour défendre Verdandi. Tel que l'honneur guerrier de Thor l’aurait demandé !
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Verdandi Manirodinn
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Sujet: Re: war is the sea I swim in and the air I breathe (sjoen)   - Dim 16 Avr - 20:25

U
ne question, qui en dissimule une autre qu’on tait : « Donc… vous allez partir longtemps… ? » La Rouge hausse les épaules, ne sachant pas quoi répondre à la jeune fille : oui, peut-être, qu’importe. Sa durée de séjour est parfaitement imprévisible : si l’enfant est déjà né, elle repartira très vite -le jarl étant peu dans son cœur- mais elle aura quand même quelques personnes à consulter dans le village avant de mettre définitivement les voiles. Enfin, de repartir, puisqu’il est hors de question de rester dans un espace pareil très longtemps : elle aura un rapport à faire, des gens à renseigner, une personne en particulier qui attendra les informations qu’elle recueillera, le père même de la demoiselle qu’elle entretient à l’instant même. Plutôt que de répondre en détail, la Rouge revient sur les potentielles alliances à viser, à savoir les sœurs des gamins que Sjøen et ses partisans combattent régulièrement. La princesse ne semble pas vraiment convaincue, mais elle a la bienveillance de ne pas le formuler trop abruptement : « Si elles sont toujours mises de côté, c’est parce qu’elles ne prennent jamais part à quoi que ce soit. Pourquoi les accepterai-je alors avec moi ? Lutter contre leurs propres frères ? » Celle qui n’est déjà plus une enfant a compris les principaux moteurs de la loyauté. Songeuse un moment, Verdandi répond, sans se presser : « En temps normal, j’aurais les mêmes réserves. Mais les filles m’ont tout l’air d’aspirer à une certaine forme d’indépendance vis à vis de leurs frères. » Elle laisse ça là, elle n’est point ici pour dicter la conduite des opérations à la troisième des Lund, à la demoiselle de décider si elle suivra ou non les indications de la conteuse.

Le temple de Thor les attend désormais et les deux dames s’en approchent d’un pas décidé. Pour autant, elles n’avancent pas plus allant puisque Sjøen se tourne vers la voyageuse et prononce des mots que la Rouge n’attendait pas : « Je vous remercie pour ces conseils. » Un sourire presque attendri s’esquisse sur les lippes de la native de Skogen, qui hoche la tête en guise de remerciement silencieuse. Elles vont pour avancer de nouveau, mais la tête blonde poursuit : « Ils vont me manquer. Ne partez pas trop longtemps. » La princesse se fait autoritaire et Verdandi n’y cherche nul sentiment quelconque : ses informations sont utiles pour la conquête de la jeune Lund, elle considère que la demoiselle a la tête froide comme son père et sa mère.
Thor les accueille en son antre et l’anciennement nommée Silja lève les yeux vers le plafond, songeant aux nombreuses histoires qu’elle a déjà racontées sur Thor et ses exploits dans les contrées des géants. Elle songe aussi à l’issue de la vie de l’Ase roux, à la barbe touffue, et aux bras musclés. À sa mort par le poison de Jormungand. Que les Nornes nous protègent, murmure-t-elle de façon audible uniquement par elle-même. Que le Ragnarök n’arrive pas, pas tout de suite. La présence de la petite silhouette se fait sentir à ses côtés tandis qu’elle se rapproche de la Rouge :
« Aussi, je me demandais… est-ce que Père est au courant ? Pour Skogen. C’est loin, et j’ai entendu des rumeurs… Vous serez accompagnée ? »

Un instant, Verdandi craint d’avoir été démasquée en sa qualité d’informatrice et de maîtresse du Konungr. Un regard vers Sjøen infirme cette théorie. Elle doit se douter que la Rouge joue un rôle infime auprès du Roi, mais elle ne sait rien de plus, elle ne peut savoir. Avec le temps, Manirodinn sait que son secret est bien gardé, et peu connu. Il n’y a guère que le Konungr qui sait tout ce qu’elle fait, et peut-être Garth qui est bien trop observateur et futé pour être sous-estimé. Après quelques secondes de réflexion, qui semblent être une contemplation en transe d’une statue de Thor, la femme rousse revient à son interlocutrice : « Je doute que le Konungr soit intéressé par mes pérégrinations. Et je suppose qu’il est courant pour ce qui se trame à Skogen. Vous ne devriez pas vous inquiéter des rumeurs qui courent : si danger réel il y avait, je me serais empressée de vous le signaler. » Tu parles. Elle ment sans ciller, sans même un seul signe qui permettrait de savoir qu’elle ne dit pas la vérité. « Le jarl a changé, certes, mais de ce que m’a dit ma sœur, la vie à Skogen n’est pas si difficile que cela. Et si cela peut vous rassurer, je ne me rendrai pas seule en Vestfold. J’ai un mauvais scalde à aller perdre dans les contrées glacées. » Un sourire malicieux accompagne ces dernières paroles, prouvant par là-même que ce qu’elle affirme n’est nullement la vérité : elle ne se débarrassera pas de Garth ainsi, et elle n’ira pas non plus à Skogen seule. La princesse devrait ne point s’en faire trop pour elle. « Sachez enfin que je ne me départis jamais de ma lame, et que lorsque je visite Isenseg, j’obtiens qu’on me fournisse quelques entraînements en échange d’histoires colportées. » Un clin d’œil conclut ce qu’elle affirme.

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Sujet: Re: war is the sea I swim in and the air I breathe (sjoen)   - Lun 17 Avr - 13:09

B
ien des défauts étaient reprochés à la benjamine du Konungr. Elle était belliqueuse, insolente, se promenait constamment avec un genou écorché, et elle était aussi extrêmement méfiante, jamais encline à offrir sa confiance à autrui. Peu importait le désir d’indépendance que ces filles pouvaient éprouver, ça n’en faisait pas des alliées ! La seule chose qui allait la pousser à reconsidérer la chose était que l’information venait de Verdandi. Elle était une femme compétente et clairvoyante, que la princesse respectait profondément. Peut-être qu’elle enverrait quelqu’un leur parler. Ou peut-être irait-elle elle-même. Tommin était un garçon capable et très fidèle (même s’il ne sera jamais son second : la place revenait et reviendra toujours à Valgeir), cependant Sjøen l’avait toujours trouvé trop doux, trop diplomatique. Si ces filles voulaient réellement s’émanciper, il était hors de question de les prendre par le dos de la cuillère ! Ce n’était pas une chose que Thor ferait. La petite leva les yeux vers toutes ces reliques, ces symboles… mais elle ne priait pas. Elle ne le faisait que quand ses parents étaient là, pour éviter d’être disputée pour quelque chose d’aussi bénin. Non pas qu’elle ne croyait pas en les dieux, ce serait cruellement mal placée de sa part au vu de sa naissance et de sa position. Cependant, et elle en avait fait le test voilà quelques années, prier ou ne pas prier ne changeait pas grand-chose de son quotidien. Alors pourquoi se forcer ? Ce lieu regorgeait d’histoires, de récits, de chants venant d’au-delà de Midgard… ce serait dommage de les polluer de prières creuses que les dieux n’entendraient sûrement pas.

En outre, si elle avait été une déesse vivant aux côtés du Père de Tout, rien que pour ne plus écouter les plaintes des humains, elle serait bien tentée de faire disparaître une bonne fois pour toutes Midgard et tous ses enfants gâtés ! Heureusement qu’elle n’était pas une déesse.

« Je doute que le Konungr soit intéressé par mes pérégrinations. Et je suppose qu’il est courant pour ce qui se trame à Skogen. Vous ne devriez pas vous inquiéter des rumeurs qui courent : si danger réel il y avait, je me serais empressée de vous le signaler. » Elle était si affirmative… Sjøen la regarda un moment, sans rien dire. Non pas qu’elle se doutait de la vérité, mais elle se disait plutôt que de toute évidence, si quelqu’un pouvait être au courant c’était bien la Rouge ! Alors si elle disait qu’il n’y avait pas de réel danger, la jeune fille ne réfléchissait pas longtemps avant d’y croire sur parole. Certes elle restait un peu sceptique car les bruits couraient tout de même…

« Bien. » déclara-t-elle en hochant légèrement la tête. « Je suis rassurée de l’apprendre. Et vous avez raison, c’est vrai qu’il n’y a pas grand-chose qui intéresse le Konungr. »

Elle avait ajouté sa dernière phrase avec un léger ton amer sans même s’en rendre entièrement compte. Finalement, que son père n’ait cure des allers et venues de Verdandi ne l’étonnait pas. Elle aurait même dû y penser avant… D’un petit mouvement de tête, elle chassa de son esprit ces pensées envers le Konungr. Elle connaissait bien la grandeur de son intérêt pour elle, alors elle ne voyait pas pourquoi elle devrait lui en accorder davantage.

«Le jarl a changé, certes, mais de ce que m’a dit ma sœur, la vie à Skogen n’est pas si difficile que cela. Et si cela peut vous rassurer, je ne me rendrai pas seule en Vestfold. J’ai un mauvais scalde à aller perdre dans les contrées glacées. » Voilà qui lui rendit un petit peu le sourire. D’ailleurs, un petit rire espiègle s’échappa de sa gorge en imaginant la scène. Elle ne savait pas qui était le malheureux qui l’accompagnerait, mais elle imaginait d’avance tous les petits tours que pouvait lui faire la conteuse, simplement pour passer le temps pendant le voyage ! «Sachez enfin que je ne me départis jamais de ma lame, et que lorsque je visite Isenseg, j’obtiens qu’on me fournisse quelques entraînements en échange d’histoires colportées. » Cette fois-ci, Sjøen fut un peu étonnée. Elle imaginait mal la Rouge avec une épée dans la même, ou même une dague. On disait que les mots tuaient plus puissamment qu’une lame, et son esprit encore trop naïf des petites subtilités du monde, elle avait cru que cela suffirait à Verdandi, qu’elle avait toujours brandi ses paroles comme on le fait avec une épée. Curieusement, ce n’était pas le cas. Et cela ne fit que renforcer l’intérêt que la petite lui portait.

« Vraiment, ils vous apprennent à vous battre ? » Et dire qu’elle, princesse, fille du konungr, elle s’abaissait à espionner les entrainements de son aînée. Certes elle n’était pas encore allée à Isenseg, mais s’ils entrainaient une femme comme Verdandi, ils seraient certainement aptes à faire de même pour elle, non ? Elle rangea cette idée dans un coin de sa tête, peut-être s’en servira-t-elle un jour. « Vous avez déjà tué quelqu’un ? Un ennemi ? Dites-moi, avez-vous vous-même participé à une bataille ? » Elle comprenait mieux pourquoi elle n’avait pas à s’inquiéter de la sécurité de la Rouge, elle était vraiment douée en toutes choses ! Oh elle ne se félicitera jamais assez de l’avoir prise en qualité d’informatrice, c’était vraiment la meilleure décision qu’elle avait pu prendre ces derniers temps.
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Verdandi Manirodinn
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Sujet: Re: war is the sea I swim in and the air I breathe (sjoen)   - Dim 23 Avr - 8:59

Ç
a passe. Loin de ressentir une quelconque culpabilité pour avoir menti sans hésiter à la fille du Konungr, Verdandi est toutefois soulagée lorsque la demoiselle ne poursuit pas plus allant sur cette pente glissante. « Je suis rassurée de l’apprendre. Et vous avez raison, c’est vrai qu’il n’y a pas grand-chose qui intéresse le Konungr. » Le dépit dans le ton, Sjøen donne sans le savoir de nombreuses informations à la conteuse, rien que par son attitude : la Rouge y lit toute l’amertume qui peut envahir celle qui n’est plus vraiment une enfant, mais n’est pas encore une femme. Si quelqu’un d’autre venait à avoir une discussion pareille avec la benjamine des Lund, il pourrait presque y trouver une faille à exploiter, et alors cela pourrait avoir des retentissements funèbres à la longue. En faisant une note mentale, Verdandi préféra répondre aux questions sur Skogen plutôt que de fouiller trop allant dans les réticences de la tête blonde, et alluma ainsi les feux de la surprise dans les prunelles de son interlocutrice, tandis qu’elle lui parlait d’Isenseg et de ses entraînements auprès des skjaldmös de cette contrée glacée (une pensée rapide pour Thorgad et Sigrid lui était venue). « Vraiment, ils vous apprennent à vous battre ? » Un sourire sincère, dévoilant les incisives de la conteuse, fut la première réponse un peu attendrie à cet étonnement :
« Et en quoi cela vous semble-t-il si surprenant ? » Une femme, seule, sur les routes, se devait d’être capable de protéger sa propre vie. Une femme seule, d’ailleurs, sans avoir besoin d’être sur les routes, songea-t-elle, tandis que le sourire disparaissait et que la princesse poursuivait son interrogatoire improvisé : « Vous avez déjà tué quelqu’un ? Un ennemi ? Dites-moi, avez-vous vous-même participé à une bataille ? » Elle rit un peu et secoue la tête, la Rouge, avec ce rictus énigmatique qu’elle affiche alors qu’on lui pose des questions personnelles, sur des sujets que peu connaissent.

Au sein du temple de Thor, elle considère qu’elle peut difficilement mentir trop haut et trop fort. Le pieux mensonge par omission au sujet du Konungr était nécessaire ; celui qu’elle s’apprête à proférer sur sa propre vie l’est peut-être moins. Peut-être que ce pan de sa vie permettrait de faire comprendre à Sjøen les quelques dangers qui existent dans le monde. Mais peut-être aussi que la conteuse persiste encore et toujours, à garder cette cape tissée de mystères sur ses épaules. Elle se décide pour un demi-mensonge et une demie-vérité : « J’ai bel et bien tué quelqu’un, un homme, un ennemi, pour une question d’honneur., et d’ajouter, un peu abrupte,  Et c’est tout ce que je daignerai dire sur ce sujet, si vous me permettez de garder un peu de mystère sur ma vie. » Elle n’attend pas vraiment de réponse de la princesse, et se permet même de dicter ses termes à une demoiselle à qui elle doit déférence et obéissance. Ça passera, pour une fois, probablement. « Quant aux batailles, je dois reconnaître que je ne connais le fracas des armes et les râles des soldats que par les récits que m’en ont fait mes frères et mes autres connaissances. » Le père de la petite, notamment, même s’il n’est pas vraiment bavard et que c’est plutôt elle qui parle, en général. « Vous pourriez demander au maître d’armes, qui vous escorte parfois, de vous en faire profiter. Cela vous donnerait des idées de stratégies pour vos combats de rue. » Nul mépris dans ces paroles, loin de là : elle sait, elle-même, qu’elle a beaucoup appris des histoires qu’on lui a transmises, mythiques ou réelles, et qu’il est des leçons qu’on tire plus aisément de récits de vie de tierces personnes, puisqu’on a un plus grand recul que sur sa propre existence.

« Mais je m’interroge : souhaitez-vous suivre les pas de votre tante, à m’interroger sur mes exploits ?, à ce mot le ton est légèrement amer, mais elle se reprend : Ne vous berce-t-elle pas quand elle en a l’occasion de récits de raids ? J’ai eu la chance d’en obtenir la relation quelques fois, et elle a récupéré certaines de mes fluidités de récit. » Lorsque le temps le leur permet, Verdandi a toujours plaisir à retrouver Moira pour quelques chopes et quelques histoires, qu’elles soient réelles sur la garde en ces temps précis, ou légendaires et reprennent quelques motifs appréciés par la rouquine à la carapace de fer. La Rouge s’interroge ainsi sur la relation tante-nièce, sur laquelle elle interrogerait difficilement la première de ses ouailles, mais peut plus aisément poser la question à son interlocutrice de l’instant.

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Sujet: Re: war is the sea I swim in and the air I breathe (sjoen)   - Mer 3 Mai - 18:07


I
l était rare que Sjøen ait l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la conteuse. Elle allait et venait, avec ces récits parfois si lointains… Et pourtant, quand la jeune fille entendait la moindre chose concernant la Rouge, elle y prêtait toujours une attention toute particulière. Verdandi était une femme qu’elle avait réellement en haute estime, alors chaque fois qu’elle pouvait avoir des détails supplémentaires sur sa vie, la jeune fille ne se faisait pas prier ! Ainsi donc, elle avait tué cette personne en toute légalité ? Ou du moins, en accord avec la justice. L’honneur. Il n’en fallut pas plus pour laisser son esprit vagabonder dans des théories plus ou moins réalistes. De ce qu’elle avait vu, Verdandi n’était pas une meurtrière dans l’âme. Simplement une informatrice très douée ! Si elle avait tué cet homme, c’est qu’il l’avait mérité. Que c’était légitime. Quel mal aurait-il fait ? L’avait-il volée ? Trompée ? Trahie ? Humiliée ? Tant de crimes qui méritaient réparation dans le sang. Peut-être pas la mort, juste une sanction mémorable… Sjøen, comme bien d’autres, avait beaucoup de mal à accorder son pardon à autrui. Manifestement, peut-être que cela lui faisait un point commun de plus avec la Rouge. Elle aurait voulu en savoir plus, mal la conteuse coupa court à la conversation. Soudainement.

Sur le coup, la jeune fille sentit une petite pique, comme si on venait tout juste de la rejeter. Les sourcils se froncèrent, ses lèves se pincèrent et pendant un moment très court, elle le prit pour elle. Cependant, cet instant de froid passé, elle eut moins du mal à accepter qu’elle ne veuille simplement pas parler d’elle. Après tout, ce n’était rien d’autre que de la curiosité mal placée, et la princesse ne voudrait pas faire partie de ceux qui ne peuvent pas vivre sans connaître les petits secrets de chacun. C’était sec, mais le message était passé. Elle préféra se concerner sur la suite, surtout que Verdandi enchainait sur ce qu’elle connaissait des batailles, des armes… «Vous pourriez demander au maître d’armes, qui vous escorte parfois, de vous en faire profiter. Cela vous donnerait des idées de stratégies pour vos combats de rue. » La jeune fille fit une légère moue.

« Il est… Parfois, il m’apprend deux ou trois choses, quand il a le temps. Mais ce n’est rien de plus qu’une excuse ! Tout ce qu’il veut, c’est que je sois tranquille, pas difficile à trouver. Comme si j’étais toujours en train de faire des bêtise, comme une enfant stupide. »

Pour elle, cela semblait évident que pour la grande majorité d’adulte, elle n’était vue que comme une petite fille dont il fallait sans cesse s’occuper, sans cesse surveiller. Si seulement on lui laissait sa chance, elle pourrait bien prouver qu’elle aussi pouvait être responsable d’elle-même !

«Mais je m’interroge : souhaitez-vous suivre les pas de votre tante, à m’interroger sur mes exploits ? Ne vous berce-t-elle pas quand elle en a l’occasion de récits de raids ? J’ai eu la chance d’en obtenir la relation quelques fois, et elle a récupéré certaines de mes fluidités de récit. » Il fallut bien quelques instants à la jeune fille pour réfléchir. Sa tante, Moira Lund… elle était elle aussi une femme remarquable ! Elle était respectée et puissante, et Sjøen adorait la croiser, de loin, la voir s’entrainer… Elle avait toujours dégagé une certaine aura qui l’attirait irrévocablement. Souhaitait-elle suivre ses pas ? Peut-être. Oui, peut-être bien. Parmi tous ces gens qu’elle voyait dans la demeure familiale, tous ces rôles qui étaient à sa portée, être une skjaldmö sans peur était le destin dans lequel elle se reconnaissait le plus. Comment pourrait-elle avoir une vie semblable à sa sœur ? Ou à sa mère ? Oh elle ne doutait pas de leurs capacités à manier les armes, mais… leur ressembler la dérangeait. Par conséquent, est-ce que la jeune fille était proche de sa tante ? Là encore, la princesse avait des réserves.

« Ma tante, est… » commença-t-elle, ne sachant pas réellement comment positionner ses mots par rapport à ses pensées. « Occupée. »

Non, ce n’était pas le bon mot. Sjøen se mordit légèrement la lèvre inférieure, relevant la tête vers les statues de dieux autour d’elle ne pour ne pas avoir à croiser le regard de la Rouge. Comment expliquer combien elle n’arriverait pas à définir leur relation ? Si parfois Moira semblait se plaire à s’intéresser aux guérillas de sa nièce, la princesse avait pourtant souvent l’impression de ne pas être la bienvenue. Comme si, sans aucune raison, sa présence devenait un poids. Et rien d’autre.

« Pourquoi une telle question ? Ce ne sont que des histoires de famille, rien d’autre. Vous savez, parfois, j’aimerai ne pas avoir de famille du tout. Ce serait tellement simple ainsi. »

Ni père, ni mère, ni sœur, ni frère, ni tante… Hum, peut-être seulement sa tante. Et son père. Ou aucun. Elle ne savait pas trop. Parfois ça lui ferait si plaisir d’être seule au monde, mais en même temps, c’était peut-être déjà le cas, malgré tous ces gens autour d’elle. Ah, elle n’en savait rien ! Elle s’embrouillait, ne savait même plus ce qu’elle voulait ! Pourquoi sa famille devait-elle être… comme ça ?

« Je crois que vous ne m’avez jamais parlé de votre famille… à part bien sûr vos frères, vos neveux et nièces… Avez-vous des oncles et tantes ? Et vos parents ? »

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Sujet: Re: war is the sea I swim in and the air I breathe (sjoen)   - Dim 14 Mai - 10:52

L
a Rouge hoche la tête à l’affirmation de la jeune fille. Occupée, oui, elle comprend bien tout ce que cela implique d’indisponibilité et de non-dits, de refus et d’écart instauré. Elle ne reprend pas, et laisse la benjamine Lund relancer la conversation si elle le souhaite, consciente qu’il y a un peu de pudeur qui s’impose. Un regard bleuté interroge en silence une des statues de Thor, mais revient se poser sur la tête blonde qui l’accompagne lorsque cette dernière hausse la voix. « Pourquoi une telle question ? Ce ne sont que des histoires de famille, rien d’autre. Vous savez, parfois, j’aimerai ne pas avoir de famille du tout. Ce serait tellement simple ainsi. » Une moue un peu dubitative étire les lèvres de la conteuse qui darde ses prunelles céruléennes sur Sjøen, comme pour sonder son âme au plus profond, comme pour s’assurer des propos de l’enfant (bientôt adulte pourtant). Ces mots sont bien amers chez son interlocutrice et Verdandi affiche une expression perplexe et compatissante. Elle comprend ce que dit la demoiselle, mais s’inquiète des tenants et aboutissants d’une telle information. Si elle est à la fois l’informatrice et peut-être, dans un sens la confidente de la fille Lund, il est des choses qu’on ne devrait point l’entendre dire. Certes, elles sont dans l’antre du Dieu Roux, et point d’oreilles trainantes autour d’elles pour l’heure, mais il y a dans les paroles de la jeune fille, des accents de dépit.

Un instant, la Rouge se demande si elle devrait parler, dire quelque chose, apporter quelque parole rassurante à sa compagne. Mais elle ne sait bien sûr que dire, à part un rébarbatif ne dites pas cela, voyons. Et après ? Que pourrait-elle dire de plus ? Rien, très certainement, rien du tout. Il lui faudrait un récit mythique, pour l’heure, un de ceux qui rappellent l’importance de la famille, mais lorsqu’elle y songe, elle n’a que le Ragnarök qui tourne dans son esprit, depuis qu’elle s’est résolue à le conter le soir-même.

La dernière des Lund lui offre une porte de sortie bienvenue, en poussant vers des contrées jamais encore explorées par leurs discussions : « Je crois que vous ne m’avez jamais parlé de votre famille… à part bien sûr vos frères, vos neveux et nièces… Avez-vous des oncles et tantes ? Et vos parents ? » En temps normal, elle refuserait d’en parler plus que cela. Par pudeur. Par volonté de conserver le mystère autour de sa vie. Mais elle sent bien que la demoiselle a besoin de penser à autre chose, et besoin, ici et maintenant, d’en savoir plus sur celle dont -au final- elle ne sait vraiment rien. Alors la Rouge acquiesce, avec un sourire sincère, et invite la princesse à la suivre au dehors. L’atmosphère du temple se faisait pesante. La lueur du jour les aveugle un temps, puis une grosse pierre plate les accueille, l’une assise à côté de l’autre, le chat fugueur revenant aux pieds de la récitante. « Soit, je consens à vous en révéler un peu plus sur ma vie., elle reporte ses billes bleu clair au soleil vers l’autre colline en face, celle sur laquelle le palais a été construit, La génération précédente a, pour la plupart, déjà rejoint Helheim. Mes parents ont péri dans un incendie il y a dix ans, ma tante est morte depuis quelques temps : reste de Manirodinn un frère de mon père qui devient sénile avec l’âge, malheureusement. » Un sourire un peu amusé accueille ces informations, alors qu’elle coule un regard complice vers sa voisine. « Mes parents étaient fermiers, avant de nous avoir, mes frères, ma sœur et moi. On n’a jamais vraiment su si notre père avait participé aux raids, et il nous a toujours laissé affabuler. Je crois, je crains, qu’il n’ait pas forcément combattu du côté de votre grand-père pendant la Grande Guerre, mais il ne nous en a jamais parlé. Quant à notre mère, si elle était redoutable lorsqu’il s’agissait de crier nos noms pour nous faire venir, il me semble ne l’avoir jamais vu tenir de lame aiguisée autrement que pour trancher la gorge d’une bête. » Ce ne sont que des suppositions, là où la pudeur pousse ceux de Skogen à ne plus parler de ces temps sombres où l’on s’est battu, village contre village, fratrie contre fratrie, pour dénouer un différend qui concernait surtout les puissants.

Elle laisse le silence revenir, avec son lot d’interrogations jamais comblées, n’ayant jamais obtenu de réponse. Et revient à la jeune femme à ses côtés. « Si je parle peu des générations précédentes, c’est aussi que j’en sais malgré moi bien peu. Mes frères ont été là pour moi lorsqu’il l’a fallu, ma sœur était trop jeune pour vraiment comprendre, mais elle a su se faire soutien indéfectible au moment venu… » Et pourtant, Verdandi sait que toutes les fratries ne fonctionnent pas forcément aussi bien, et qu’il y a eu un événement funeste qui a achevé de les souder dans la solidarité et la proximité indubitable. « Vous savez, Sjøen, on n’a qu’une famille de sang. Elle n’est pas forcément idéale tous les jours, et on a beau avoir des différends, ce sont peut-être les seuls qui nous seront éternellement loyaux., affirme-t-elle, convaincue, loin d’imaginer ce que les mois à venir vont charrier comme relents de trahison au sein des rangs des Lund, Ma sœur est moi avons trois ans de différence, un peu moins que vous et la princesse Guiséla. Quand nous étions jeunes, elle était très enthousiaste pour faire la guerre à tous et toutes, organiser des batailles dignes de celle des Ases contre les Vanes, pour se proclamer Freyr ou Freyja, et partir, branche en main, contre le camp adverse, tandis que j’avais plutôt tendance à vouloir rester paisiblement posée au bord du lac, ou à filer de la laine de nos moutons. » Une lueur rêveuse perce dans les prunelles de la Rouge qui repense à ces moments d’insouciance et se souvient de la jeune fille qu’elle était avant que tout bascule. « Quoique du même sang, il est arrivé, par moments, que nous ne nous comprenions pas du tout, que nous n’ayons pas les mêmes centres d’intérêt, les mêmes raisons de vivre, les mêmes envies… Et pourtant, vingt ans, trente ans plus tard, nous tenons encore profondément l’une à l’autre, et ne voudrions pour rien au monde échanger de sœur. Aucune famille n’est idéale, gardez-vous bien de croire cela, mais il est de notre devoir, du devoir même des dieux -pensez à Thor et Loki, même- d’apprendre à avoir un semblant de patience pour les siens. » Une risette sincère illumine les lèvres de la conteuse, qui revient vers Sjøen et poursuit, en guise de conclusion de la bribe du passé : « On ne sait jamais ce que nous réservent les Nornes après tout, et comme le dit le proverbe : nu est le dos de l’homme sans frère… ou ici, dans ce cas précis, de la femme sans sœur. » Et ce disant, elle prie les Ases pour que ces mots n’aient rien de prophétique dans les heures à venir.

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Sujet: Re: war is the sea I swim in and the air I breathe (sjoen)   - Ven 2 Juin - 0:26


C
e n’était que dans des moments pareils que la jeune fille se rendait compte de combien elle ne connaissait rien de la vie de sa propre informatrice. Elle avait conscience de ce que tout le monde savait, sans particulièrement de détails. Elle suivait la Rouge à l’extérieur, le regard lointain, l’écoutant sans la couper à un seul instant. Verdandi avait eu une vie si différente, si… exotique. Voyager, ne pas avoir d’attache à par celles qu’elle choisissait, Sjøen rêvait de ce genre de destinée ! À la place, elle étouffait dans une famille qui ne daignait même pas prendre conscience qu’elle existait, qu’elle était las d’être sous-estimée à cause de son âge et de son rang.

Un mince sourire vint égayer son visage quand la Rouge lui avoua que son père n’avait pas combattu aux côtés du grand-père de la princesse. À en juger par sa terre natale, voilà bien quelque chose qui ne l’étonnait pas. Mais ils devaient s’être battus honorablement, dans le fracas des armes et le cri des guerriers ! Avec les années, les décennies, le destin avait voulu qu’aujourd’hui Verdandi prête allégeance aux Lund, à sa famille.

Toutefois, toute cette conversation sur sa famille semblait ramener sur sa relation avec sa sœur, et à vrai dire, Sjøen craignait ce qu’elle devait y sous-entendre. Entendre un parallèle entre elle et sa sœur aînée lui fit perdre son début de sourire. Que ce soit Guiséla ou Detelf. Sa fratrie ne lui inspirait en rien celle que décrivait la Rouge et rapidement, son expression se renferma et les sourcils de la jeune fille s’abaissèrent.

« Je les déteste. »

Ses mots lui échappaient, comme toujours. Et dans ce cas précis, l’amertume qu’elle ressentait vis-à-vis de sa fratrie. Sa propre fratrie, les seuls êtres avec qui elle partageait le même sang… Aucun ne rattrapait l’autre. Sans même s’en rendre compte, l’adolescente baissa légèrement la tête, pendant que ses poings pourtant relâchés le long de son corps, se serraient à en devenir presque blancs. Peut-être ne pensait-elle pas ses mots, mais ce furent les premiers qui franchirent sa gorge.

« Vous connaissez mon frère et ma sœur, entre Detelf et Guiséla… qui voulez-vous vraiment que je choisisse pour veiller sur mes arrières ? Ils s’en moquent tous les deux. »

Elle donna un coup de pied dans le vide, fauchant quelques brins d’herbe avant de relever son regard vers les collines qui ne l’apaisaient nullement. Ce n’était pas la première fois qu’elle se confiait à Verdandi, bien qu’elle n’oserait jamais admettre qu’elle s’ouvre ainsi à qui que ce soit… mais pourtant, il lui semblait ne jamais avoir été plus honnête qu’en cet instant. Toute cette frustration, cette rage… La jeune fille ne parvenait pas à les canaliser.

« Non ils sont bien trop occupés pour m’accorder la moindre importance, ne faites pas semblant de ne pas le savoir, vous plus que quiconque ! Vous êtes toujours au courant de tout… Je suis certaine de ne rien vous apprendre. Je ne suis pas comme vous, je ne peux pas apprécier une sœur et un frère qui n’ont de fratrie que le nom. Pensez-vous donc qu’ils daigneraient m’accorder quelque chose ? De la patience ? Oh non, non, jamais. Ils sont au-dessus de tout ça ! Les dignes fils et fille de Père et Mère. Et moi, je ne suis rien d’autre que l’animal étrange qui est arrivé, seuls les dieux savent comment ! »

La colère grondait dans son cœur, mais ce n’était pas aussi libérateur qu’elle l’aurait cru. C’était comme si, encore une fois, il y avait une part qu’elle ne disait pas. Comme si elle n’était pas entièrement sincère, et elle ne comprenait même pas d’où venait cette sensation dérangeante. C’était simplement présent, une épine dans le cœur qui lui fit pincer les lèvres. Sjøen se retourna vers la Rouge. Tout ça, ce n’était probablement pas ce qu’elle voulait entendre…

« Je les déteste. » répéta-t-elle, plus lentement cette fois.

Elle réussirait presque à s’en convaincre.

Et ses poings se détendirent. Qui était Thor et qui était Loki ? Elle ne voyait aucune issue. C’était ainsi, et Verdandi avait tort de croire que c’était différent.

« Mais je m’en moque. »
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