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 Couronne & Fer de Lance
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Sujet: Couronne & Fer de Lance   - Jeu 27 Avr - 17:15



sibyllines oraisons

conjurer le sort



Ecorchures fraîches, récentes réminiscences dont les chardons font carcan au myocarde, tandis que le faciès se fait marbre insondable. Mais les prunelles ne mystifient point, leur nitescence, viciée depuis les funestes événements lors des agapes du Konungr. Nonobstant, elle se remémore, son ineffable quant-à-soi lorsque la bougresse s'en est venue gerber son anathème, l'horrifiante prophétie s'est ainsi marquée au fer rouge dans ses viscères. Dévote des déités et de la magie liée à ce qui outrepasse l'entendement des midgardiens, la voilà submergée de doutes, de noires chimères qu'elle craint voir prendre forme et vie sans que quiconque puisse conjurer le sort. Est-ce cela, en réalité ? Mise au joug du mauvais œil par quelque détracteur, quelque véreuse enchanteresse au desiderata de voir la famille régalienne échouer, être mise au ban sans plus que leur héraldique déchu comme tangible couronne. Rien ne se bonifie, depuis les prémices, tout s'enténèbre lentement comme si la félicité d'antan était devenue insaisissable – voire, de l'ordre du fantasme. Les « et si », choient en pluie diluvienne dans son esprit. Et si la démente de la frairie avait raison ? Et si le fatum des Lund était de péricliter ? Et si, bien malgré son éréthisme à protéger ses enfants, son époux et sa patrie du Septentrion, elle ne parvenait à les sauvegarder du malheur ? Qu'est ce que le dessein de son existence, si ce n'est être la garante de ceux qui lui sont chers... Qu'est ce que son œuvre, si d'aventure, elle ne trouve rien dont un tant soit peu se targuer une fois devant ceux qui les ont crées ? Les interrogations sont des ronces à sa carnation, et depuis cette illustre nuit, elle ne peut trouver un sommeil quiet. La flavescente fait des rondes dans ses appartements, tourne et retourne dans la moelle de ses draps, arrache son masque de circonspection pour mieux s'en parer derechef dès les premières lueurs matutinales, toute la journée durant, jusqu'à ce que Mani remplace sa sœur dans le firmament. Plusieurs jours déjà, brodés d'une pléthore de coercitions pour avoir le temps de dulcifier sa propre anxiété. Ce soir, toutefois, à peine alitée dans la lactescence de ses draps, la souveraine s'en est extirpée non sans une idée enchâssé dans le crâne. Ceci, compter sans les factionnaires enracinés en cerbères pugnaces aux entours de l'huis, soudainement pris entre deux feus : celui des ordres de leur hiérarchie ou des sommations de leur reine.

« Navré, votre Altesse... » Se répand le garde, les calots lichant le sol sans pouvoir soutenir ceux hyalins et incommodés de l'apsara. « Il nous a été explicitement ordonné de vous talonner peu importe l'heure et le sentier. Qui plus est, si nous n'avons eu formelle recommandation à ce sujet, je ne pense pas qu'il soit prudent que vous vous hasardiez en dehors du palais au beau milieu de la nuit... » La nimbe s'affile et se durcit au-dessus de la caboche royale, Emma sourcille, déprécie l'impudence certes bienveillante de ce soldat. Elle avance, fait chalouper le virginal textile qui esquisse ses cambrures, et si sa crinière dépourvue de coiffure absconse encadre sa figure de moins d'austérité que lorsqu'elle est toilettée en circonstances, son expression n'est jamais que dard menaçant. « L'unique cor, en ces murs, qui fasse loi après celui du roi, c'est le mien. Je conçois et loue la vigilance de votre Commandant, mais nul n'est en mesure de me spolier de mes lubies. Si je vous enjoins de vous mettre à quatre pattes, vous vous mettez à quatre pattes. » Un pesant mutisme embaume la conversation, le quidam se fait roide, une goutte de sueur florissant à sa tempe. La lionne s'approche, auguste créature qui l'éventre d'une simple oeillade. « A quatre pattes. » Dicte le phonème algide, tandis que le bougre, incrédule, s'embourbe dans son malaise. Prenant conscience que l'extravagance est péremptoire instruction, il se laisse chuter à terre et se met en posture de clébard. « Majesté... pe... peut-être devriez-vous en discuter avec Freymar... de nous tous dans votre garde rapprochée, il est celui qui répond le plus des décisions de Moira... » Elle dresse un menton altier. « Où est-il ? Il s'est absenté juste un moment, il devrait être de retour sous peu ! »

A l'extérieur de la chambre, les sentinelles savent qu'il est préférable d'être sur ce versant de la porte que sur l'autre, comme leur homologue jeté en pâture à la féroce ondine lorsque celle-ci a réclamé désirer s'entretenir avec l'un d'entre eux. Infortune, alors qu'usuellement, ils savent pouvoir compter sur le dantesque Hrorek pour s'acquitter de cette tâche, lui qui semble s'être hissé dans les bonnes grâces de la Drottning. C'est qu'ils s'impatientent pour ce dernier, d'ailleurs, dont ils aperçoivent finalement la charpente revenir d'une quelconque besogne. « Ah, te voilà ! » S'exclame l'un de ses camarades jusqu'à présent arc-bouté au mur. « T'es pas parti longtemps mais ça a suffit pour que Luderik se fiche dans la merde, il est à l'intérieur avec la reine, et elle a pas l'air très très... encline à la prévenance, si tu vois ce que j'veux dire. » Il se gratte la houppe d'un air embêté. « Elle a rouvert pour nous dire qu'elle voulait te voir dès que tu reviendrais, on a juste eu le temps de voir Lud... faire le chien... j'sais pas trop ce qu'il faisait à quatre pattes, mais il avait pas l'air en confiance. » Il hausse les épaules. « On sait pas ce qu'elle veut, mais à mon avis, elle a dans l'idée d'aller quelque part, et d'y aller sans nous. Sinon elle perdrait pas son temps à nous parler. Bref, serre les fesses et vas-y, y a que toi qu'elle supporte vraiment parmi nous. »
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Sujet: Re: Couronne & Fer de Lance   - Ven 28 Avr - 0:25

S'il y avait bien un membre de l'estimée garde royale qui prenait la récente déconvenue à cœur, celui-ci répondait au nom de Freymar Hrorek. Le garde avait en effet pris l'attaque contre la famille royale comme un affront personnel, comme une trace de sang séché qui ternirait l'éclat de la plus belle des lames, refusant obstinément de disparaître malgré les efforts les plus ardus de son propriétaire. Aussi depuis quelques jours il n'était pas rare de voir Freymar parcourir les couloirs avec des airs de Moira Lund, reprenant à l'ordre les éléments de la garde qui semblait faire preuve d'un poil de laxisme, que ça soit pour une botte mal serrée, un baudrier de travers, un garde qui ne se tiendrait pas assez droit, comme si toutes ces choses pouvaient avoir une incidence sur leur efficacité. Les patrouilles avaient également été renforcées sur l'ensemble du palais et on sentait la ville en ébullition sans même avoir besoin de mettre un pied dehors.

L'air maussade, Freymar s'en retournait à la surveillance de la porte de la reine après avoir repris à l'ordre de jeunes recrues qui se montraient un peu trop dissipées à son goût, lorsque l'un des esclaves du palais vint lui porter un message de la part de ceux restés en place à la porte. On demandait sa présence le plus rapidement possible alors qu'il venait à peine de s'absenter. Grommelant qu'il fallait décidément tout faire soi-même dans ce fichu palais, le géant tourna les talons pour s'en retourner à son poste où il trouva ses camarades dans un malaise évident.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda-t-il en haussant un sourcil qui grimpa encore d'un étage lorsqu'on lui décrivit la situation. À quatre pattes tu dis ?

Ne pouvant empêcher un sourire de poindre sur ses lèvres, il préféra ricaner maintenant de l'image qu'il s'en faisait plutôt que d'exploser de rire en présence de la reine. Luderik avait du l'offenser d'une manière ou d'une autre et se retrouvait obligé de jouer les tables basses pour sa majesté, un sort qu'il ne comptait certainement pas partager en se montrant hilare en ces temps de grand sérieux. Tâchant de garder son calme malgré un gloussement, Freymar essaya de trouver une solution pour satisfaire à la fois le corps de garde et cette lubie de la reine d'aller consulter les Dieux à une heure indue. Soupirant il finit par toquer à la porte de la reine, s'annonçant et attendant l'autorisation pour entrer. Autorisation qui ne tarda pas.

Tout ce beau sérieux retrouvé avant de franchir la porte faillit disparaître à nouveau lorsque Freymar se trouva en présence de la reine et d'un Luderik en bien mauvaise posture. Au prix d'un effort considérable, il réussit à ne pas se fracturer de côte en se retenant d'exploser de rire, conservant un sérieux de circonstance devant sa sublime souveraine. Il s'inclina bien bas, comme l'exigeait le protocole, puis se redressa pour faire face à sa souveraine, soutenant un examen qui ne manquerait pas de tomber mais sans faire preuve d'effronterie à son égard.

-Ma reine, j'ai cru comprendre que vous souhaitiez quitter le palais en pleine nuit et ce sans escorte ? J'ai conscience que d'avoir sans cesse des hommes en armes qui vous entoure ne doit rien avoir d'agréable, mais permettez moi de vous rappelez qu'ils sont là pour votre propre sécurité et qu'ils sont prêts à mourir pour vous protéger, déclara-t-il d'un ton égal.

C'était une partie du travail des gardes après tout. Leur vie n'avait de valeur que s'ils réussissaient à l'échanger contre celle de l'un de leur souverain. Cependant, ce que Freymar soulignait ici d'une façon qu'il pensait suffisamment enrobée pour ne pas passer pour un reproche clair, était que des hommes qui vouaient leur vie à la sienne méritaient sans doute un peu plus de considération que de se retrouver à quatre pattes sur le sol à faire office de chien, même si le résultat était fort divertissant. Il espérait ne pas avoir à ramper lui-même sur le sol pour payer de ce qui pouvait, avec l'agacement dont elle était visiblement investie, passer pour de l'effronterie.

-Cependant, rajouta-t-il rapidement pour avoir le temps d'exposer son idée, il me semble que sortir en nombre dans les rues, surtout à cette heure, serait le meilleur moyen d'attirer l'attention. Que diriez-vous d'une escorte réduite pour cette fois ? De façon à garantir au mieux votre protection par la discrétion ? De plus, osa-t-il enfin, si vous me faisiez l'honneur de me laisser vous accompagner, je suis certain que le reste de mes camarades seraient rassurés de savoir votre sort entre de bonnes mains.

Ceci étant dit, le garde croisa ses mains dans son dos et attendit la réponse ou la sanction que la reine ne manquerait pas de lui adresser. Il était conscient que sa position de « favori » était plus précaire qu'il ne le voudrait, mais s'il devait choisir entre perdre ses faveurs et la savoir vivante ou jouer d'arrogance à ce sujet et qu'elle le paye de sa vie, Freymar n'hésiterait pas un seul instant.
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Sujet: Re: Couronne & Fer de Lance   - Jeu 11 Mai - 22:20



sibyllines oraisons

conjurer le sort



Séant arrogamment installé sur un siège de veloutine, râble droit, patience immortalisée, elle sait que le quidam escompté ne tardera plus à faire montre de son faciès hirsute. Voilà un moment que le dantesque bretteur a fait de la sauvegarde de la première nymphe de Norvège son fer de lance, et au gré du temps, des besognes parachevées et de la sollicitude témoignée, cette dernière s'est entichée de son zèle. A juste titre, puisqu'il est apte à courber l'échine lorsque cela s'avère nécessaire, tout comme, il se fait voix de hardiesse et d'objection s'il juge ceci obligé. Déférent mais encore maître de ses propres opinions, un féal capable de se faire entendre, et non dénué de sapience par-dessus le tout. Voici les motifs pour lesquels il a gagné ses éperons, là où d'autres vétérans auraient pu faire l'affaire.
Et l'usuelle symphonie de trois coups de résonner au bois de l'huis, puis de se faire suivre d'un hoquet royal. « Entrez. » Freymar de se présenter, de faire basse révérence pour passer baume sur la plus qu'hypothétique aigre humeur de son hydre de cheftaine. Car favori ou non dans ses rangs, les foudres n'en sont pas moins susceptibles de tomber. Elle l'accueille d'une pusillanime salutation du crâne, encore mortifiée par l'attitude de l'énergumène toujours à quatre pattes. Celui-là, par ailleurs, de relever des calots suppliants en direction de son homologue, rubicond d'inconfort et priant pour que personne si ce n'est la trinité ci-présente n'ait jamais vent de cette grotesque mésaventure. Se faisant sciemment omettre du conciliabule, il fait demi cercle de son épine dorsale et pose front au sol pendant que l'on converse. A l'adonis, du moins, de faire étalage du problème rapporté et d'y aller de son commentaire. Si la Lund sourcille, elle ne prend étonnamment pas ombrage, assez bégueule pour s'offusquer d'une lubie insatisfaite, suffisamment mature pour savoir qu'elle a tort en ce sens. Elle sustente respect mutique pour ceux qui constituent leur égide, consciente qu'ils font tous montre de loyauté et d'abnégation pour défendre la fine fleur de la contrée.  Rares sont les fois où ces quidams sont les martyrs de ses âcres humeurs, et puisqu'une souveraine n'est guère exempte de défauts, c'est ce soir une faible foudre qui s'est abattue sur le simulacre de cabot.

« Freymar. » Les babines suppurent leur nectar, comme si chaque syllabe du nominatif était délice d'articulation. « Voilà la raison pour laquelle vous êtes l'élément indispensable à mon arroi : vous savez comment dulcifier mes fantaisies tout en vous préservant de déroger à vos ordres. » Une once de sourire fait crevasse à ses commissures, si tôt apparue que la voilà fantôme. « Voici que je n'ai plus même besoin de faire suggestion de mes plans, vous les devinez aisément. Non point que m'est venue la sotte idée d'aller musarder seule en ces troubles temps, mais une escorte en nombre m'aurait paru incommodante. Puisque tout le monde y trouvera son compte, allons donc, vous et moi, profiter de la pénombre de Nott hors de ces murs. » Car s'y est imprégnée la fragrance des flammes qui ont manqué de se bâfrer de l'auguste logis, lui semble t-il. Les naseaux se froncent à ce fuligineux souvenir, puis vêtant ses épaules d'un manteau de bête, elle se meut vers la sortie de sa caverne.

C'est timorée, pour une fois, que la flavescente se hisse dans les corridors de son chez elle, puis dans les venelles de sa cité. Grande pompe au placard, morgue ravalée pour tirer le voile sur l'humilité de la pieuse. Aux plus proches abords du titan qui l'accompagne, elle ne zieute rien des alentours, ne fiche son desiderata que sur le plus hiératique des sanctuaires de Solstheim, le dessein de cette badauderie nocturne. Le temple d'Odin se tient, majestueux sous les faisceaux de l'astre sélénite, sous le firmament diapré d'étoiles. Ils en grimpent placidement la pléthore de marches, silencieux, contemplative dans le cas de Sa Majesté, pourtant toute en effervescente en dedans. Une pensée fait naufrage pour la plus âgée de ses filles, victime plus que d'autres de la turpitude qui a gâté les récentes festivités. Les canines grincent sous la glabre labiale, les mandibules ne se relâchent qu'une fois le pas de l'entrée atteint. Sans plus de patience, ils y pénètrent, se faisant littéralement engloutir par l'ineffable mysticité régnante dans le sacro-saint lieu.
Abandonnant la fourrure lui servant de rempart contre le froid, Emma s'avance parmi les cierges et offrandes, le cœur ceint d'éréthisme – et de frayeur, aussi. Au devant d'une immensurable ronde-bosse à l'effigie du Père de Tout, elle s'ankylose, brisant en un millier d'éclats l'ensemble de sa vanité régalienne. Vulgaire midgardienne sous le calot unique du Roi des Rois, elle se sait et se fait servante, une rotule bientôt posée sur le sol pour honorable salutation. Puis, après un instant d'une sibylline componction, le superbe faciès de se gercer d'un tourment que bien peu peuvent se targuer lui connaître. Un étrange soupir lui échappe même, tel, un sanglot promptement rattrapé dans son essor, qu'elle ravale d'une douloureuse déglutition. Tant de questions, si peu de réponses, seule, la foi forcée en un avenir nébuleux. « Dites-moi, Freymar... » Mains jointes sur son poitrail, la voix a un remugle d'affliction, d'une appréhension qu'elle ne cherche pas réellement à farder. Une chagrine accalmie, dans son hardi quant-à-soi de reine. « Etes-vous un fervent croyant ? » Sa nuque pivote, elle offre à l'adonis dans son râble, le demi de son visage. « Que dites-vous aux dieux, lorsque vous leur adressez vos patenôtres ? »
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Sujet: Re: Couronne & Fer de Lance   - Dim 28 Mai - 0:03

Le garde royal se détendit visiblement lorsque la reine, au lieu de le réprimander pour ses paroles voilées de reproches, se décida plutôt à lui faire part de son approbation sur sa prise d'initiative. Visiblement, elle avait pensé à la même solution que lui et étant son garde favori, elle avait tout naturellement songé à lui au moment de choisir l'élu qui l'accompagnerait jusqu'au temple consacré à leurs Dieux. En revanche, rien ne fut fait ou dit pour libérer son pauvre collègue toujours prostré sur le tapis au moment où Freymar s'inclina pour laisser passer la Reine et sortir à sa suite. Espérant tout de même qu'il le verrait, Freymar lui adressa un léger signe de main pour lui dire de se relever. Il n'était pas le commandant de la garde, mais grâce à l'affection que lui vouait la Reine il apparaissait comme le dirigeant tacite de ceux parmi les gardes qui étaient alloués à Emma Lund.

Sans un mot de plus, le garde royal suivit sa reine à travers les couloirs du palais, sombres à cet heure tardive malgré les torches qui éclairaient les murs. Car Freymar avait beau rester à sa place en toutes circonstances, Emma Lund était sa reine à plus forte raison que Markvart était le roi. Sa reine parce qu'elle partageait sa vision du royaume et sa désapprobation face à la façon dont le roi le menait. En effet si celui-ci faisait un homme tout à fait respectable qu'il aurait pu compter au nombre de ses amis, il n'était visiblement pas taillé pour la politique ou l'administration d'un royaume. C'est donc au cours d'une discussion qu'ils avaient eu un jour, lui dos au mur, elle inquisitrice, mais douce, qu'il lui avait fait part de ses doutes par rapport au roi et qu'elle avait gagné sa loyauté et son affection en lui offrant l'aveu de son propre doute.

C'est pour ça que Freymar portait son titre officieux de favoris de la reine comme un blason qui l'emplissait de fierté. C'est aussi pour ça qu'il se montrait aussi conciliant en l'accompagnant à l'extérieur au lieu de suivre à la lettre les ordres distribués par ses supérieurs, l'épée prête à servir au moindre signe avant coureur d'une attaque comme ce fut un jour le cas, il y avait bien longtemps. Jour d'ailleurs suite auquel Emma avait décidé officiellement de le garder à son service comme garde personnel.

Le chemin jusqu'au temple enfin parcouru, Freymar pu enfin se détendre un minimum. Il ne pensait pas que quiconque violerait un temple en venant assassiner la reine en son sein, mais on ne se montrait jamais trop prudent, aussi restait-il à l’affût du moindre danger. C'est donc avec le regard mobile que Freymar laissa quelques pas d'intimité à la reine qui s'adressait à présent aux Dieux. Cependant, les réponses qu'ils lui adressèrent ne semblèrent pas lui convenir, puisque c'est vers lui que ses interrogations se dirigèrent. Surpris, le garde royal reporta son regard sur le profil qu'elle lui montrait, avant de s'éclaircir la gorge pour répondre.

-Ma reine, commença-t-il respectueusement, j'éprouve à la fois le plus grand respect et la plus grande crainte envers les Dieux. Je crains le jour où mes ambitions et les leurs seront en conflit et qu'il me faudra les défier. Quant aux demandes que je leur adresse, je crains qu'elles ne manquent cruellement d'originalité. Qu'ils m'accordent un destin dont on se souviendra longtemps, que j'engendre moult fils à qui donner mon nom et qu'enfin un homme me fauche dans un combat digne des plus grandes légendes pour que je m'en aille combattre et festoyer au Valhalla pour le reste de l'éternité.

Il se demanda pourquoi la Reine s'interrogeait sur sa piété. Il n'était pas en droit de lui retourner la question, ni même de la questionner sur sa motivation à la poser, mais il se doutait qu'elle ne comptait pas en rester là. En effet, Emma n'était pas de celles dont les pensées s'égarent inutilement, il avait appris à son contact que chacune de ses actions, de ses paroles, avait une signification et un but parfois plus profond qu'on ne pouvait le penser de prime abord.
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