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 « C'est la faute aux loups [Garth]
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Enóla Sivertsen
Bondi - le peuple vikings.

behind the shield.
POSTS : 499
SEPTIMS : 697
ARRIVAL : 25/02/2017
IDENTITY : Drathir
FACECLAIM : Olga Kurylenko (Praimfaya)

AGE : Trente-quatre ans
STATUT CIVIL : Divorcée
METIER : Chasseur
LOCALISATION : Isenseg

INVENTAIRE : joker n°1.
Un arc offert par sa famille auquel elle tient comme à la prunelle de ses yeux, un carquois plein de flèches. Un couteau de chasse à hauteur de la ceinture, un autre plus petit glissé dans la botte. Elle peut avoir également une besace lors de plus longs trajets contenant de l'eau, un peu de nourriture séchée, de la corde et une petite statuette de bois représentant une femme qui lui ressemble étrangement.
Elle a également quelques pièges en réserve qu'elle dépose à certains endroits stratégiques aux alentours d'Isenseg et elle va en vérifier les prises tous les jours.

Listen, listen. I would take a whisper if that's all you have to give, but it isn't. You could come and save me. Try to chase it crazy right out of my head.




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Sujet: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Jeu 4 Mai - 21:29


C'est la faute aux loups.
- Ah ouais... C'est un style quand même les loups qui te laissent qu'une entaille sur le bras. Nouvelle espèce ?
Garth & Enóla


Elle était partie Enóla, et si la chasseuse s’était inquiétée qu’on la suive et qu’on lui reproche son départ alors même que quelqu’un avait tenté de tuer le roi, elle fut rassurée de constater que les minutes s’étaient écoulées sans qu’on ne lui saute à la gorge d’une quelconque façon. Une situation appréciable qui lui avait donné tout le loisir de se mêler à la foule rassemblée dehors, ces gens qui n’avaient guère tenu à participer aux festivités ou qui, plutôt, n’avaient peut-être pas été invités. Adossée au mur d’un bâtiment, un verre à la main tandis qu’elle tentait de faire abstraction des beuglements qui provenaient de l’intérieur de l’auberge, la brune aurait aimé offrir une meilleure image. Elle aurait aimé arborer un sourire, boire jusqu’à en oublier ce qu’elle était venue faire ici, et se réveiller le lendemain en se contentant d’écouter les rumeurs quant à ce qu’il s’était passé la veille. Le problème étant qu’elle en était tout bonnement incapable. Muette, les yeux dans le vide, un tic nerveux la poussait à tapoter son verre de l’index dans un rythme endiablé qui aurait rendu n’importe qui autour d’elle complètement fou. La raison de sa nervosité évidente était simple : elle s’inquiétait. Désormais en sécurité, maintenant qu’elle avait fait ce qu’elle estimait nécessaire pour sa survie, elle songeait à ceux qu’elle avait laissés derrière elle. Enóla tentait de se raisonner bien sûr, songeant au fait que les personnes importantes auraient toujours un garde du corps ou deux pour les protéger et qu’elle en revanche n’aurait eu personne pour se soucier d’elle. Elle était seule et devait donc agir seule pour veiller à ses intérêts. On ne lui avait pas laissé le choix, et puis de toute manière si elle avait tenu à participer à ces festivités ce n’était sûrement pas pour y mourir bêtement (car quoi qu’on en dise, le roi n’a pas été la seule cible et quelqu’un d’autre avait payé le prix fort). En tous les cas, c’est maintenant qu’elle se souciait de ses proches, s’inquiétant pour Silke qu’elle avait laissé là bas sans même y penser, ce qui pousse la chasseresse à se maudire mentalement pour tant d’égoïsme, bien que cette dernière soit sûrement bien entourée. Puis, avec un naturel presque désarmant qui pourrait presque la laisser croire qu’elle avait passé sa vie toute entière à avoir peur pour lui, ses pensées se tournent vers Garth.

La jeune femme sait le scalde débrouillard, bien plus qu’il ne veut bien le laisser entendre, et elle ne doute pas du fait que si elle avait réussi à se faire la malle, il y serait arrivé également. Il n’était pas qu’un poète médiocre et elle le savait capable de bien plus de prouesses que cela. Si ça se trouve, il n’était même pas aux festivités bien qu’elle en doute, et les propos de Thorgad concernant la présence de l’homme dans les environs ne font que la conforter dans son idée qu’il avait bel et bien été présent dans la grande salle du palais, bien qu’elle ne l’ait pas vu. Pourtant, son cœur bat la chamade lorsqu’elle pense à lui en relevant les yeux vers le palais plus loin. Elle avait fait le tour des tavernes du coin et personne n’avait vu un musicien malhonnête dans les environs, alors… « C’est pas vrai… » Peste-t-elle dans un grondement rageur avant de finir son verre d’une traite, ignorant quoi faire. Elle ne pouvait décemment pas y retourner, mais l’inquiétude commençait à la ronger au point qu’elle devenait un véritable animal en cage, la frustration la poussant presque à tourner en rond. Prenant une décision, la chasseuse finit par rendre son verre en retournant à l’intérieur de l’auberge, avant d’en sortir pour prendre la direction du palais. Elle ne comptait pas y retourner véritablement, mais s’approcher suffisamment pour pouvoir guetter le retour du brun. Plus elle s’avançait cependant, plus son regard se trouvait captivé par une image floue, au dessus du palais, et ce ne fut qu’une fois suffisamment proche que la jeune femme comprit qu’il était question de fumée. Et ça, ce n’était sûrement pas du cochon rôti. Dans un sursaut, Enóla accéléra l’allure jusqu’à ce que quelqu’un ne l’attrape soudainement par le bras dans sa course, la forçant à se retourner dans son élan. Elle n’a pas le temps de s’offusquer et si elle fait mine de frapper, le poing se desserre avant même de partir lorsqu’elle tombe face à l’homme qu’elle avait espéré retrouver.

« Garth ?! Par tous les dieux tu… Tu m’as fait peur. Lâche-t-elle, presque essoufflée. Tu m’as fait peur à me surprendre de la sorte. C’est ce qu’elle insinue, n’ayant pas la force d’admettre qu’elle angoissait depuis ce qui lui semblait une éternité simplement en songeant au fait qu’il avait pu lui arriver quelque chose. A quoi bon ? Elle sait d’avance qu’il ne lui rendra pas son honnêteté, elle sait que si elle s’ouvre sur le mélange confus de sentiments qu’il fait naître en elle, elle se heurtera à une plaisanterie ou un mensonge. Pourtant Garth n’est pas idiot, il doit bien savoir qu’elle était préoccupée sans quoi il n’aurait probablement pas pu la prendre par surprise ainsi, la chasseuse n’ayant guère pour habitude de se faire avoir aussi bêtement. Il noterait sûrement également que sa robe était bien trop froissée et abimée pour une femme qui n’aurait rien fait de plus que de demeurer sagement debout à discuter avec des convives durant la soirée. Et s’il a tout le loisir de remarquer ces menus détails qui témoignent tant de son inquiétude que de ses activités nocturnes, ses prunelles à elles remarquent bien vite le bleu qu’arbore le scalde à hauteur de l’œil. Le cœur encore battant, comme si elle n’arrivait pas vraiment à assimiler qu’il était bien là, Enóla ramène rapidement ses doigts sur la joue de son interlocuteur, dans un geste précipité qui n’en reste pas moins précautionneux. Qu’est ce qui t’es arrivé ? Demande-t-elle dans un froncement de sourcils, effleurant avec une délicatesse infinie la joue de son compagnon, le bout de ses doigts frôlant le contour de l’œil sans jamais franchir la limite qui le ferait tiquer sous le coup de la douleur. L’inquiétude qu’elle éprouve à son sujet laisse place à quelque chose de plus profond, de plus rancunier aussi. Elle ne se soucie pas du coup, minime, mais veut savoir qui le lui a infligé. Qui a osé. Ses sentiments finissent toutefois par devenir plus diffus lorsque, redevenant véritablement maîtresse d’elle-même, la brune songe au fait qu’il ne lui répondra pas. Ou sûrement qu’il mentira, encore. Ce serait la faute aux loups, ceux là même qui lui ont bouffé deux doigts, dévoré toute sa famille, arraché ses vêtements, volé sa bouffe. Ceux là même qu’il aura fini par tuer une centaine de fois. Car c’est connu, avec Garth c’est toujours la faute des loups. Et c’est en se souvenant de ce rapport qu’ils entretenaient, trop loin de l’idéal qu’elle espérait, que la jeune femme finit par esquisser un sourire pour reprendre sur un ton plus taquin, ses doigts déviant jusqu’au coin de ses lèvres avant de descendre dans son cou pour mieux se retirer définitivement. Tu sais, ta belle gueule c’est ton seul atout alors tu devrais essayer d’en prendre soin. »

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Garth Sturtsen
Bondi - le peuple vikings.

behind the shield.
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ARRIVAL : 07/03/2017
IDENTITY : Fred, deadpool.
FACECLAIM : Tom Riley + coatlicue.
runner on the loose
AGE : Trente-sept ans.
STATUT CIVIL : Célibataire au coeur mou.
METIER : Scalde moisi.
LOCALISATION : Sur les routes, aux côtés de Verdandi.

INVENTAIRE : joker n°1 • une lyre et une flûte en corne, dont il joue encore plus mal que tout ce que vous pouvez imaginer • deux dagues, une dans sa botte et l'autre à son côté gauche • vêtements, cordes et collets, champignons séchés, peigne en os, une gourde de vin et d'eau mêlés : nécessaire du petit voyageur exemplaire • une amulette de fer rouillé, gravée d'une rune (perth) et d'un croissant de lune




And when they've given you their all
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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Ven 19 Mai - 4:46

Ils s’en sont sortis.
Pourquoi ne s’en seraient-ils pas sortis ?
Il a toujours eu une poisse énorme, aux jeux de hasard. Incapable de gagner une partie de dés, de conserver tous les septims gagnés. Pourtant, cette fois encore, il a joué avec la mort et il a gagné. Ils ont gagné, Verdandi et lui. Ils ont gagné et alors qu’il vient de laisser la conteuse rouge au détour d’une rue, il ne semble pas y croire. La foule est dispersée, dans les rues de la capitale, agitée, à la recherche de proches perdus, égarés, murmurant des rumeurs à propos de tout ce qui s’est passé. Il tend l’oreille, afin de comprendre ce qui a bien pu se passer, comblant les mystères avec ce qu’il sait. Le feu. Une torche dans une tapisserie, dans le couloir où ils étaient. Un empoisonnement. Une diversion. Une tentative de meurtre. Un fou. Une femme brune qui le dépasse, rapidement, et qu’il reconnaît en un clin d’oeil. « Enóla ! », qu’il appelle, sans pourtant qu’elle lui réponde. Elle semble ni l’entendre, ni le voir, et il rebrousse donc chemin afin de la rattraper. Elle marche à une sacrée vitesse, sa chasseuse, l’air de rien, et la foule n’aide pas, et il est quasi essoufflé lorsqu’il réussit enfin à revenir à sa hauteur.

Il voit le poing se diriger vers son visage et il est déjà prêt à esquiver, mais celui-ci tombe avant de frapper. « Garth ?! Par tous les dieux tu… Tu m’as fait peur. Je ne voulais pas », dit la voix douce, rauque de par la fumée qui encore embourbe tout son système respiratoire. C’est bien la dernière chose qu’il désire, même. Le scalde l’inspecte, d’un large coup d’oeil. À la recherche d’une blessure, d’une marque, d’un coup. Il n’a pas laissé son bras, non plus, et il n’y pense même pas. Sa robe est froissée, déchirée un peu, mais Enóla semble en bon état. Meilleur que le sien, certainement. « Qu’est ce qui t’es arrivé ? » Un garde récalcitrant. Un poing trop véloce pour ses réflexes, Une tentative de fuite réussie, mais pas sans mal. Un assassin raté. Un ensemble de réponses qu’il ne sait pas ordonner et qu’il ne peut pas avouer. Pas alors que Verdandi et lui viennent de livrer le criminel, pieds et poings liés, à l’habitation du bourreau de Solstheim. Pas alors que la belle devant lui, si elle se doute qu’il n’est pas que ce qu’il prétend être, n’a pas toutes les cartes dans ses mains afin de comprendre. Parler de lui, c’est parler de Verdandi. C’est parler de tout un monde d’ombres, qui est le sien depuis des années, et dans lequel il s’est glissé comme dans une seconde peau, comme un masque plus vrai que son propre visage. Il entrouvre les lèvres, pourtant, hésite. Un « J’ai… », faible, qu’il n’entend même pas, mais qui se perd bien vite avant même qu’il ait le temps de s’étendre. Car c’est à Enóla, cette fois, de fuir, et d’un sourire désabusé, chasser sa propre question. « Tu sais, ta belle gueule c’est ton seul atout alors tu devrais essayer d’en prendre soin. » La trace de ses doigts semble brûler, de son oeil jusqu’à ses lèvres, jusqu’à son cou. Preste, il attrape sa main, avant qu’elle retombe tout à fait, et embrasse délicatement le bout de ses doigts. Les cals de celle qui travaille, de celle qui chasse pour survivre. Elle ne sent ni le feu, ni le sang. Elle s’en est sortie, bien avant que le drame devienne pire. « J’te propose un jeu. Si tu réussis à deviner, je t’avoue tout. »

Proposition joueuse, malicieuse. Honnête ? Peut-être. À elle d’essayer, si le coeur lui en dit, si elle a foi, serait-ce un peu, en l’homme devant elle. Enfin, il laisse aller son bras, sa main, quasi à regret. il y a longtemps qu’ils se cherchent, tous les deux, et chaque contact apparaît pour lui comme une victoire. « Si tu m’trouves aussi de quoi nettoyer ça… j’te promets que j’t’épouse. » Il désigne son bras blessé et remonte la manche de sa chemise, exposant la plaie à vif. Le sang a cessé de couler, mais la fumée et le crapahutage dans le palais n’a certainement pas aidé, et la douleur se fait vive. Comme si le simple fait qu’on lui rappelle son état suffisait à lui rappeler qu’il est supposé avoir mal. Un sourire étrangement timide, presque mal à l’aise. Il lui a demandé et promis une fois, dix fois, cent fois, mille putain de fois, de l’épouser.
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Elle a également quelques pièges en réserve qu'elle dépose à certains endroits stratégiques aux alentours d'Isenseg et elle va en vérifier les prises tous les jours.

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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Ven 19 Mai - 16:23


C'est la faute aux loups.
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Garth & Enóla


Elle s’inquiète bien évidemment, puis se maudit pour cette peur mal placée. Il n’a pas besoin de ça. C’est un grand garçon, un viking qui sait prendre soin de lui et qui, de toute manière, n’a jamais été contre une bonne bagarre. Elle se souvient encore du nombre de fois où elle a vu son frère revenir en compagnie du scalde, les deux totalement amochés sans qu’ils ne daignent s’expliquer. Enóla avait rapidement compris qu’ils se battaient avec d’autres enfants, ou parfois entre eux, bien souvent sous couvert de l’entraînement militaire qu’on daignait leur prodiguer. Alors non, définitivement, elle n’avait pas intérêt à se faire trop de soucis pour lui. Mais c’était plus fort qu’elle. Et, plus forte que la peur, la rancune faisait bouillir son sang intérieurement. Elle se moque bien du bleu qu’arbore le musicien raté, mais ça la fait gronder que d’imaginer que quelqu’un ait pu lever la main sur lui. C’est pour cela que la question lui échappe, cette demande pour avoir des explications quant aux événements récents qui ont pu le toucher. Mais elle abdique avec tout autant de spontanéité, la chasseuse prenant soudainement conscience du fait qu’elle n’obtiendrait aucune réponse satisfaisante, et elle ne souhaitait pas avoir à se battre avec lui. Pas ce soir. Pas pour si peu. C’est donc dans un sourire qu’elle se fait plus taquine, plus mutine aussi, à ainsi valoriser le faciès de son interlocuteur tandis qu’elle effleure ce dernier avec délicatesse. Les doigts dévient le long de la joue jusqu’aux lèvres, celles là même qu’elle rêvait d’embrasser parfois sans qu’elle ne daigne toutefois s’autoriser un tel écart, puis jusqu’au cou. Subtile et faussement innocente, elle s’apprêtait à se reculer que déjà les doigts de Garth s’emparaient de sa main qu’il gratifia d’un baiser délicat. Le sourire de la brune s’accentue doucement, léger. Ça l’amuse toujours autant, presque autant que ça la frustre parfois, alors même que ce petit jeu entre eux s’était instauré il y a de cela des années. Pourrait-elle seulement un jour se lasser de lui ? Elle l’ignorait. Mais s’il était question de jeux, Enóla ne s’était pas attendue à ce qu’il en propose un nouveau, une unique devinette,  une unique chance qu’il daignait lui offrir de découvrir la vérité. C’était une occasion trop rare et instinctivement la proposition l’emballe, l’opportunité étant trop belle pour qu’elle y reste insensible. Le lorgnant dans un sourire amusé mais sceptique, elle hésite l’espace d’un instant en se disant qu’il pouvait toujours la berner. C’était toutefois un risque à prendre et depuis le temps la chasseuse avait fini par comprendre qu’ils passaient leur temps à tirer sur une corde, et que celle-ci pouvait finir par craquer à n’importe quel moment. Il pouvait l’user à force de se jouer d’elle, comme elle pouvait finir par le perdre à force de se montrer trop intrusive.

« C’est d’accord. Finit-elle par accepter sans dire un mot de plus. Garth n’avait pas précisé si cette offre était à durée limitée, aussi ne comptait-elle pas lui offrir de suite son opinion. Elle préférait attendre, se renseigner, réclamer des détails tant à la population qu’au garde royal qu’elle avait particulièrement côtoyé ce soir là. Tous les coups seraient permis pour essayer d’obtenir une part de vérité, et elle prendrait le temps nécessaire à cela. L’amusement qui gagnait progressivement la brune se renforça lorsqu’il évoqua le mariage, une fois de plus, mais disparut aussitôt qu’il daigna lui dévoiler une autre plaie. Ce fut sans gêne quelconque qu’elle s’empara avec autant de délicatesse que précédemment du bras de son interlocuteur, plissant les yeux comme pour mieux apercevoir les contours de la plaie et pour essayer d’en définir l’origine. Indéniablement il était question d’une lame, elle peinait toutefois à imaginer un garde royal réussir à porter un tel coup avec une épée. Une dague ou un couteau serait déjà plus crédible, cependant elle avait imaginé que les gardes ne possédaient rien de tel, préférant exhiber une armada plus impressionnante. Qui plus est, la plaie est récente et elle ne doute pas du fait qu’il a dû se faire cela au palais. Le cerveau d’Enóla en fumerait presque, la jeune femme refusant d’abdiquer et cherchant à retracer le parcours possible du scalde durant les festivités. Elle passait sa vie à ça : l’imaginer, le mettre en scène, dans l’espoir de deviner quelque chose à son sujet. Consciente cependant du fait qu’elle se perdait dans ses pensées, la chasseresse releva les yeux en direction de son compagnon, l’esquisse d’un sourire aux lèvres : Tu sais, si tu veux passer du temps avec moi il te suffit de venir plus souvent à Isenseg. T’es pas obligé de t’entailler le bras toi-même pour me voir jouer les Loeknir. Le taquine-t-elle, parfaitement consciente du fait qu’il n’en était pas arrivé à cet extrémité lui-même mais ne pouvant s’empêcher de laisser sous-entendre qu’elle était peut-être suffisamment importante pour lui pour qu’il s’abaisse à ce genre de folies. Ça la rassure, ça lui plaît, que d’imaginer qu’il a besoin d’elle. Même un peu. Viens, on va s’occuper de ça alors. » Conclut-elle finalement en daignant le relâcher et prenant la direction de l’auberge qu’elle avait quitté il y a peu. Une fois arrivée devant elle demande à son compagnon de l’attendre à l’extérieur et elle ne s’engage dans le bâtiment que pour mieux en ressortir avec quelques bandes de tissu propre et une bonne bouteille d’alcool.

A nouveau elle l’invite d’un simple signe de tête à la suivre à l’écart, se contentant de se justifier dans un léger sourire, presque gêné : « Je suis lasse de la foule. C’était à moitié vrai. Elle-même ne tenait pas vraiment à côtoyer un large groupe d’individus après ce qu’il s’était passé au palais, préférant largement être au calme et ne plus avoir à s’entourer d’inconnus. Une autre part d’elle-même lui soufflait toutefois que ses moments avec Garth étaient rares, trop rares pour qu’elle ne veuille perdre ce moment privilégié en tête à tête. Même lorsqu’il venait à Isenseg, Verdandi était là et si la brune aimait retrouver la conteuse également, cela réduisait une fois encore les moments où elle pouvait avoir le scalde juste pour elle. Cette nuit, elle ne voulait donc aucune perturbation. Elle ne voulait pas que l’un comme l’autre se soucie des regards braqués sur eux, elle ne voulait pas non plus qu’une ambiance chaleureuse ou au contraire paniquée ne vienne réduire à néant ce qu’ils avaient envie de partager. Ce fut donc comme pour faire écho à la proposition presque sincère et honnête qu’il lui avait fait plus tôt, que la brune se contente de l’emmener jusqu’à une ruelle quasiment déserte. Déposant la bouteille d’alcool sur un rocher à côté d’eux après l’avoir ouverte et imbibé un tissu de son contenant, elle se pencha sur le bras de Garth, nettoyant la plaie avec précaution mais ne se souciant guère des grimaces qui pourraient échapper au concerné. Occupée par la blessure, Enóla se sent apaisée, plus à l’aise maintenant qu’elle était focalisée sur quelque chose. Un éclair de lucidité, ou plutôt de génie dirait-elle, la traverse alors. Et si elle avait été concentrée sur sa tâche jusqu’alors, ce fut brutalement qu’elle releva la tête vers son compagnon : Mais tu oses me parler de mariage ?! TU OSES ? Cingle-t-elle soudainement, offusquée et furieuse qu’elle était désormais. Stoppant momentanément les soins, elle utilise une de ses mains pour taper sur le torse du scalde à l’aide d’un index accusateur, poursuivant son discours : Me promettre de m’épouser… Une fois ça t’a pas suffi ? C’était pas assez que de me faire miroiter une vie à deux pour mieux me briser le cœur et foutre le camp ? On aurait pu être heureux, à Isenseg ou ailleurs, mais non, tu as préféré renoncer. Renoncer et partir, si bien que j’ai fini par épouser l’autre con là ! Qu’elle crache, vexée et prétendument en colère. Mais si Enóla ne doute pas du fait qu’elle peut minauder à la perfection, elle est incapable de jouer correctement la comédie dans un autre domaine et cela se vérifie une fois de plus, la chasseuse surjouant très clairement si bien qu’elle n’en était pas crédible une seule seconde. Alors maintenant tes promesses tu peux te les mettre où j’pense. Conclut-elle dans un dernier grondement rageur avant de finir de désinfecter la plaie, s’emparant d’une autre bande de tissu qu’elle noua autour de la blessure, serrant dans un geste sec comme pour appuyer son mécontentement. Ce ne fut que lorsqu’elle eut fini qu’elle releva les yeux vers lui, toute colère ayant disparu pour ne laisser place qu’à un large sourire et à des yeux rieurs. J’ai fini mon cœur. » Ironise-t-elle finalement, follement amusée. Merci à Thorgad d’avoir balancé cette histoire.

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Dernière édition par Enóla Sivertsen le Ven 19 Mai - 16:25, édité 1 fois
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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Ven 19 Mai - 16:23

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Garth Sturtsen
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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Jeu 8 Juin - 6:17

Elle accepte, sa belle brune, et il est un peu soulagé. De savoie que le jeu continue toujours et que rien n’a donc vraiment changé, malgré tout ce qui a bien pu se passer entre eux. Ce qui, à chaque occasion, se passe. Garth a fui Isenseg depuis longtemps, fui sa famille et ses amis, fui jusqu’à ce qu’il a déjà été, mais il refuse de complètement fuir certaines choses. Comme Enóla. Fuis-moi je te suis, pourrait-on ironiser, jusqu’à rire de ce cliché ambulant qu’il perpétue sans même sourciller. Il se laisse manipuler et examiner sans rien dire, curieux de connaître son verdict à propos de ses blessures. Il a bien envie d’entendre ses hypothèses, cette fois, et le petit jeu n’a pas fini de lui plaire. Incorrigible Garth, qui s’accroche au sourire de celle qu’il espère toujours pouvoir qualifier d’amie. « Tu sais, si tu veux passer du temps avec moi il te suffit de venir plus souvent à Isenseg. T’es pas obligé de t’entailler le bras toi-même pour me voir jouer les Loeknir. Tu sais comme j’aime attirer l’attention, qu’il réplique, toujours un peu gauche. Ce n’est pas faux. Viens, on va s’occuper de ça alors. »

Il se fait docile, alors qu’il la suit jusqu’à l’auberge où elle a chambre, retenant l’information dans un coin de son esprit. Qui sait : peut-être aura-t-il à y revenir ? Ou, plus agréable encore, à en repartir, au petit matin ? Le pensée le rend rêveur et il proteste donc encore moins lorsque la chasseuse l’entraîne à l’écart, prétextant qu’elle en a assez de la foule. Lui aussi, peut-être bien. Il a eu son quota d’inconnus possiblement armés pour quelques temps et il n’a pas envie de chercher les problèmes outre mesure. Puis, un peu d’intimité avec Enóla est… apprécié, car rare, et il se félicite d’avoir eu la présence d’esprit de se séparer de Verdandi, sur leur chemin du retour, afin de ne pas éveiller les soupçons plus que ce qu’il en est déjà.
Garth l’observe nettoyer sa plaie, devinant la suie, la terre et le sang dont le linge se teinte. Il grimace légèrement, sous le piquant de l’alcool qui s’infiltre dans sa blessure, mais il sait que c’est pour le plus grand... « Mais tu oses me parler de mariage ?! TU OSES ? »… bien. Le scalde ouvre de grands yeux étonnés, qui passent du visage outré de la chasseuse à l’index vengeur qu’elle plante dans son torse, sa colère enflant à chaque seconde. Fausse colère, qu’il comprend bien vite. Il la connaît trop pour se laisser prendre au jeu, mais il n’en pipe pas moins pas un seul mot, un peu abasourdi par la force de la harangue. « Me promettre de m’épouser… Une fois ça t’a pas suffi ? C’était pas assez que de me faire miroiter une vie à deux pour mieux me briser le cœur et foutre le camp ? On aurait pu être heureux, à Isenseg ou ailleurs, mais non, tu as préféré renoncer. Renoncer et partir, si bien que j’ai fini par épouser l’autre con là ! Alors maintenant tes promesses tu peux te les mettre où j’pense. » Au moins… au moins elle poursuit ses soins. Il n’ose ni l’interrompre, ni même respirer trop fort, malgré le rire silencieux qui le secoue un peu plus fort à chaque seconde, et lorsqu’elle relève les yeux sur lui et le gratifie d’un : « J’ai fini mon cœur » délicieusement innocent, il ne peut se retenir plus longtemps et éclate de rire, d’un grand rire chaud et enthousiaste. « Tu m’as presque eu, qu’il réussit à articuler, avant d’essuyer une larme au coin de ses paupières. Une vraie conteuse ! Verdandi a de la compétition. J’espère cela dit que Thorgad n’a pas été avare de tous les détails scabreux dont je lui ai fait part, au sujet de notre relation, continue Garth, détaillant le bandage achevé par Enóla. Ou a-t-elle gardé tout cela pour elle, la coquine ?, qu’il siffle, un clin d’oeil venant ponctuer sa pique charmeuse. Que penses-tu de cette version de mon histoire ? Je crois que c’est une de mes préférées. Je vais probablement la répéter… un jour. » À tout le monde. Pour le plaisir. Pour l’embêter. Pour jouer.
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Enóla Sivertsen
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STATUT CIVIL : Divorcée
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INVENTAIRE : joker n°1.
Un arc offert par sa famille auquel elle tient comme à la prunelle de ses yeux, un carquois plein de flèches. Un couteau de chasse à hauteur de la ceinture, un autre plus petit glissé dans la botte. Elle peut avoir également une besace lors de plus longs trajets contenant de l'eau, un peu de nourriture séchée, de la corde et une petite statuette de bois représentant une femme qui lui ressemble étrangement.
Elle a également quelques pièges en réserve qu'elle dépose à certains endroits stratégiques aux alentours d'Isenseg et elle va en vérifier les prises tous les jours.

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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Jeu 8 Juin - 15:46


C'est la faute aux loups.
- Ah ouais... C'est un style quand même les loups qui te laissent qu'une entaille sur le bras. Nouvelle espèce ?
Garth & Enóla


Elle n’avait pu retenir un léger rire à peine eut-il rappelé qu’il aimait attirer l’attention. Il n’y avait rien de plus véridique le concernant, bien qu’Enóla n’oubliait jamais de nuancer ce genre de propos : il aimait attirer l’attention certes, mais uniquement sur ce qui l’arrangeait. Il voulait qu’on se soucie de ses poèmes pathétiques, de sa musique douteuse, de ses mots doux. Pas du reste, pas de ce qui se cachait en profondeur et qu’il prenait soin à garder secret. Même avec elle. Ne daignant pas commenter toutefois, la chasseresse préfère récupérer à l’auberge de quoi s’occuper de la plaie qu’il venait de lui montrer, pour mieux attirer le scalde jusqu’à une ruelle tranquille, à l’écart de ce monde qu’elle ne voulait plus voir désormais. Elle préférait n’être qu’avec lui, dans l’espoir fou de limiter les faux semblants. Elle s’en maudirait presque, que d’espérer toujours plus, que de croire encore qu’au bout de quinze ans les choses finiraient par changer entre eux. Parfois elle se trouvait bien sotte de demeurer fidèle au brun, bien stupide que de ne pas vouloir renoncer à leur relation qui pourtant ne lui convenait qu’à moitié. Puis elle se ressaisissait : s’il partait, si elle le renvoyait, qui lui restait-il ? Elle avait beau connaître beaucoup de gens, en apprécier tout autant, elle ne pouvait oublier qu’elle avait passé toute sa vie dans les pattes du scalde. Toute son enfance passée à suivre son frère, et cet ami qu’il s’était rapidement fait. Toute son adolescence, à constater qu’elle se rapprochait dudit ami, créant un véritable lien avec lui. Puis toute sa vie d’adulte, à attendre qu’il revienne la voir. Enóla n’irait pas jusqu’à dire qu’elle était dépendante de son interlocuteur, menant sa vie sans lui depuis des années sans que jamais elle n’en éprouve la moindre gêne, pourtant… Le monde serait bien fade sans lui, lui et ses rares venues. Ce fut en tous les cas sur ces pensées que la jeune femme entama ses soins, nettoyant avec précaution la plaie de son compagnon, concentrée sur sa tâche. Tout du moins ce fut le cas jusqu’à ce qu’elle commence à s’offusquer soudainement, relevant un regard faussement furieux en direction de Garth, lui assénant quelques coups d’index ravageurs sur le sommet de son torse avant de reprendre son bandage sans jamais cesser de le houspiller. La chasseresse n’était pas très bonne comédienne, elle le fut encore moins dès lors qu’elle capta la surprise dans le regard de son interlocuteur, ce qui acheva de la conforter dans l’idée qu’elle avait su amener le sujet sur le tapis avec brio.

Elle poursuit toutefois son manège, pour finir par conclure dans un sourire bien plus avenant, achevant de faire un nœud au bandage qui entourait désormais la plaie nettoyée du scalde. Un scalde qui éclate soudainement de rire, arrachant d’office un sourire amusé à la brune. Amusé, mais également doux, un peu rêveur tandis qu’elle dévorait des yeux le faciès de l’homme face à elle. Elle espérait être relativement discrète tandis qu’elle se faisait la réflexion qu’il était séduisant. Beau quand il riait, beau quand il était sincère. Peut-être est ce pour cela que ses doigts dévient le long du bras nu du concerné, en une caresse aérienne, ne ramenant sa main vers elle qu’à la fin de ce trajet. La réplique de Garth lui arrache un léger rire également, la poussant dans le même temps à lever les yeux au ciel, ne croyant pas une seule seconde être capable de tenir la comparaison avec Verdandi. Cette dernière était une conteuse de talent, capable de captiver les foules peu importe le sujet qu’elle abordait, là où Enóla était simplement capable d’engueuler avec ferveur son auditoire. Elle n’estimait pas avoir le charisme de la femme en rouge autrement que lorsqu’elle vrillait un regard assassin sur les emmerdeurs du quotidien. « Tu devrais plutôt t’inquiéter de ce que moi j’ai pu lui dire. » Rétorque-t-elle alors à son partenaire dans un sourire taquin, provocatrice au possible. Elle se moquait bien des détails qu’avait pu inventer Garth à leur histoire, se contrefoutant pas mal de sa réputation qu’elle estimait bousillée depuis des années désormais, et tenait plutôt à lui signaler qu’elle était celle qui avait pu raconter beaucoup de choses à Thorgad. Non pas des mensonges, mais des vérités que le scalde pouvait prendre soin de camoufler au quotidien. Il n’en était rien évidemment mais la brune se plaisait à jouer là-dessus, s’amusant de la situation jusqu’à ce que le brun ne lui demande son opinion quant à cette histoire qu’il avait créé de toutes pièces pour justifier l’absence de deux de ses doigts. La question n’est pas surprenante en soi, pourtant elle semble rapidement mettre mal à l’aise la chasseresse, celle-ci détournant les yeux sur le côté pour faire mine de réfléchir. Devait-elle être honnête ? Devait-elle lui dire ce qu’elle avait vraiment ressenti en écoutant cette histoire ? Devait-elle avouer que les éclats de rire qui lui avaient échappé lorsque Thorgad lui avait relaté les évènements n’avaient rien à voir avec ce qui l’avait saisi, plus en profondeur ?

« J’en dis que c’est une bonne histoire à raconter au passant. Cela semblait après tout parfaitement crédible, avec suffisamment de drame pour s’attirer la sympathie sans pour autant que ça en fasse trop, et puis au vu de la manie qu’avait le scalde de s’approcher des femmes qui lui étaient en théorie interdites, cela ne pouvait que renforcer la véracité de ses propos. Pourtant… Mais je l’ai détestée. Avoue-t-elle finalement dans un léger sourire en ramenant le vert de ses yeux en direction du regard de son compagnon. Une fois de plus elle hésite, se demandant si elle devait en rester là ou si elle devait continuer ses explications, se demandant si cela servirait à quelque chose. Mais il n’y avait qu’un seul moyen de le savoir pas vrai ? Et comment pouvait-elle réclamer de Garth qu’il soit honnête avec elle, si elle-même ne daignait pas l’être avec lui ? Ce fut pour cela qu’elle reprit alors, dans un haussement d’épaules visant à dédramatiser la situation : On y parle d’un mariage d’amour, entre toi et moi et pourtant si un homme te tranche deux doigts sous prétexte qu’il veut m’avoir à ta place, tu ne m’en parlerais pas ? Demande-t-elle, fronçant les sourcils sous le coup d’une incompréhension sincère. S’en est presque douloureux à vrai dire, que d’imaginer que même dans le cadre de leur union, le scalde aurait préféré lui faire des cachoteries pareilles. Qu’il aurait préféré ne pas lui parler de tout cela alors qu’elle était la première concernée et, pire encore, qu’il aurait préféré l’abandonner sur des mensonges et l’affreuse sensation de ne pas avoir été assez bien pour lui. Enóla ne relève pas le fait qu’il sous-estimait également ce qu’elle aurait été capable de faire par amour. Elle n’avait jamais aimé, c’est vrai, pas même un enfant qu’elle aurait pu avoir. Pourtant elle se plaisait à croire qu’elle ferait n’importe quoi dans ces conditions, qu’elle se battrait bec et ongle pour son bonheur et qu’elle n’hésiterait pas à planter le premier qui oserait lever la main sur l’être aimé. Cependant, c’est parce qu’elle a parfaitement conscience qu’il ne s’agit que de théories, peut-être fumeuses, qu’elle préfère garder ce détail pour elle. Elle avait de toute manière, autre chose à dire. Donc non seulement tu pars sans m’accorder la vérité, mais par conséquent tu laisserais un homme pareil m’épouser à ta place ? » Il la laisserait aux mains d’un homme violent, égoïste au possible, qui aurait sûrement été capable de la gifler au moindre affront. C’est ce cumul de détails qu’elle jugeait aberrants qui finissent par la faire ricaner légèrement, avant qu’elle ne secoue la tête, désabusée.

« Et puis… C’est vexant de constater que même dans une histoire, j’en vaux pas vraiment la peine. Reprend-elle finalement dans un souffle, détournant instinctivement les yeux dès lors qu’elle eut murmuré le dernier mot de sa tirade, croisant également les bras contre sa poitrine en un geste défensif inconscient. Vexant, pour ne pas dire blessant. Vexant, pour ne pas dire que quelque part, ça lui faisait mal, de se dire que même dans le cadre d’une histoire purement fictive on la laissait sur le bas-côté. N’étais-ce pas suffisant pour elle de savoir qu’on ne l’épouserait jamais plus ? Qu’aucun homme ne renoncerait à sa descendance pour elle, qu’on irait pas se battre pour elle ? Sa stérilité était une malédiction qu’elle subissait au quotidien, et alors même que cet immense détail ne devait pas être pris en compte dans l’histoire, on finissait quand même par renoncer à elle. Peut-être en faisait-elle trop, peut-être qu’on ne pouvait pas autant en demander à un homme qui venait tout de même de se faire trancher deux doigts. Mais étais-ce si utopique que de se dire que cela aurait pu se poursuivre autrement ? Certes Garth était finalement revenu vers elle pourtant cela sonnait comme une telle solution de facilité dans l’histoire, que d’attendre son divorce pour venir la reconquérir, qu’elle ne pouvait y adhérer pleinement. Te méprends pas, raconte cette histoire à qui tu veux si ça te chante, ça m’importe peu. Mais… Elle n’a définitivement rien de bien glorieux. Conclut-elle finalement en haussant les épaules. Ça ne l’était pas pour elle, qui avait le sentiment de n’être qu’une cruche qu’on passait de mains en mains sans vraiment lui demander son avis ou la tenir au courant des détails somme toute importants. Ça ne l’était pas non plus pour lui, qu’elle avait pourtant toujours connu tête brûlée, n’ayant jamais hésité à insulter des gamins pourtant plus forts que lui, n’hésitant pas aujourd’hui encore à provoquer à outrance ou à jouer avec le feu. Elle comprenait toutefois parfaitement que le but de cette histoire n’était pas de relater la vérité et que les moments les moins flatteurs permettaient également au scalde de ne pas avoir à se dévoiler. C’est pour cela qu’elle n’avait rien contre le fait de l’entendre relater cette histoire, qu’elle n’avait rien contre le fait d’entendre autrui lui en parler pour savoir si tout cela était vrai ou non. Mais il lui avait demandé son avis, à elle, et elle le lui avait donné. Cela la gêne cependant, d’avoir été si franche, d’avoir également exhibé ces blessures qui ne se refermeraient jamais et c’est pour cela qu’elle baisse les yeux en direction de la main incomplète de son interlocuteur, reprenant alors dans un nouvel haussement d’épaules. De toute manière, j’ai jamais cru à ces histoires de femmes et de maris jaloux. » Les histoires de Garth étaient nombreuses, les rumeurs allaient bon train quant à la façon dont il avait perdu ses doigts, pourtant elle n’avait jamais cru que cela était la faute à son penchant prononcé pour la gente féminine. Elle se trompait peut-être, mais c’était bien là le problème à force de lui mentir : à défaut de vérité, elle se contentait de sélectionner l’histoire qui lui plaisait le plus, finissant doucement mais sûrement par idéaliser cet homme qu’elle ne connaissait plus vraiment depuis plus d’une dizaine d’années maintenant.

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Garth Sturtsen
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INVENTAIRE : joker n°1 • une lyre et une flûte en corne, dont il joue encore plus mal que tout ce que vous pouvez imaginer • deux dagues, une dans sa botte et l'autre à son côté gauche • vêtements, cordes et collets, champignons séchés, peigne en os, une gourde de vin et d'eau mêlés : nécessaire du petit voyageur exemplaire • une amulette de fer rouillé, gravée d'une rune (perth) et d'un croissant de lune




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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Ven 23 Juin - 7:10

Il la sent, cette furtive caresse le long de son bras ; il regrette qu’elle soit si brève. Que la conversation revienne à ces banalités mensongères, à ce petit jeu qu’ils entretiennent depuis des années sans se résoudre à laisser l’un ou l’autre gagner. Ou perdre. « Tu devrais plutôt t’inquiéter de ce que moi j’ai pu lui dire. Je n’ai que des qualités et des talents, pourtant », qu’il plaide, innocent, gloussant à ses sous-entendus. Lui non plus n’a pas peur pour sa réputation, qui n’est pas bien reluisante. Emplie d’ombres, de mystère, de pitié aussi, d’interrogations auxquelles il n’existe pas de réponse officielle. Tachée de sang, pour ceux qui savent ce qui se cache sous les sourires et les distractions.

Cela dit, Garth ne pensait pas autant troubler son amie, alors qu’il lui demande son avis sur cette petite histoire, inventée de toutes pièces. Il est à une seconde de lui dire que ce n’est pas grave, pas important, qu’elle n’a pas à répondre, si elle n’en a pas envie, mais elle le fait tout de même. Histoire crédible, mais détestée. Son expression se fait interrogative, alors qu’elle lui explique, et qu’à chacune de ses explications, il n’a rien vraiment à opposer. Sans doute parce que cette histoire, pour la peine, est véritablement fausse et qu’à aucun moment elle pourrait être vraie. Il se serait battu, pour elle. Il ne l’aurait jamais laissée sous les mains d’un personnage aussi grotesque, si ça avait été le cas. Par les dieux, il se retrouve honteux, de son invention d’il y a quelques jours, mise face aux immenses trous de son histoire. Fait comme un bleu. « Et puis… C’est vexant de constater que même dans une histoire, j’en vaux pas vraiment la peine. Mais qu’est-ce que tu racontes ? », se désole le scalde, protestant pour la première fois. Les autres imbécilités, passe encore, mais ça ? Même en cent ans, en mille ans, ce serait faux. « [...] De toute manière, j’ai jamais cru à ces histoires de femmes et de maris jaloux. Oh, ma belle… Les hommes sont prêts à bien des choses, lorsqu’ils ont le coeur blessé. On en entend de toutes les sortes, sur les routes. Puis… je n’ai jamais prétendu que mes histoires étaient glorieuses. »

Une de ses mains glisse jusqu’à elle, effleure sa taille, pour ensuite la rapprocher de lui. Ils sont seuls, mais il lui parle encore plus bas. Il veut qu’elle soit la seule à l’entendre. « Mais… ’spèce d’idiote. Tu sais bien qu’c’est pour ça que cette histoire est un mensonge. Y’a que dans des histoires aussi idiotes, que tu ne vaudrais rien, et encore. Crois-tu vraiment que je ne me serais pas battu pour toi, si quoi que ce soit du genre était vraiment arrivé ? Voyons, Enóla… je croyais que tu me connaissais mieux. » Il effleure son visage de son autre main. Il ne sait plus, s’ils se connaissent. Jadis, oui. Lorsqu’ils étaient jeunes, lorsqu’ils traînaient l’un avec l’autre par le biais de son frère, puis volontairement. Avant qu’elle se marie. Avant qu’il parte. « Je t’accorde donc que cette histoire n’est pas vraie, à la surprise générale. Et aussi que… que je suis vraiment arrivé trop tard, jadis. » Garth a un sourire gêné. Il n’a plus l’habitude de l’honnêteté, mais elle le mérite bien.
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Enóla Sivertsen
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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Mer 12 Juil - 17:41


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Plus Enóla poursuit ses explications, plus elle doute, plus elle hésite. Etais-ce bien utile que de se livrer de la sorte ? Elle savait que ce n’était qu’une histoire et qu’il ne fallait guère y prêter un réel intérêt, pourtant dès lors que le scalde s’était enquit de son opinion, la chasseresse n’avait pu retenir ses mots. Puis ses justificatifs, qui lui échappaient parfois dans un souffle gêné, bien souvent dans un haussement d’épaules visant à dédramatiser la situation et pour amoindrir ce qu’elle pouvait éprouver. Sûrement qu’elle aurait préféré une belle histoire à leur sujet, pour pallier à l’incertitude qui la gagnait dès lors qu’il était question de Garth. Une belle histoire sur laquelle fantasmer, à défaut de mieux. De cela toutefois, la brune n’en parle pas, se contentant d’achever son discours que son interlocuteur ne chercha pas à interrompre : elle ignorait toutefois s’il se taisait par respect pour son honnêteté à elle ou s’il ne trouvait juste rien à redire à ses propos. Elle n’aura jamais de réponse à cette question, de toute manière le concerné mettait déjà fin à son mutisme tandis qu’elle avouait trouver vexant de ne jamais être assez bien pour quiconque, surtout pour lui. Mais qu’est ce que tu racontes ? Elle frissonne sous le ton, ayant l’impression d’être une gamine un peu naïve qui n’a jamais rien compris à ce qui l’entourait mais, consciente d’être à fleur de peau le temps de ses confessions, la jeune femme préfère ravaler son irritation passagère pour poursuivre, concluant en expliquant qu’elle n’avait de toute manière jamais cru aux histoires de maris jaloux que pouvait inventer Garth. Elle n’avait jamais imaginé qu’il puisse se faire avoir aussi bêtement, même lorsqu’il n’était qu’un adolescent impulsif un peu con sur les bords, et elle n’envisageait pas non plus qu’il soit incapable de trouver une solution à un problème aussi puéril que celui d’un mari fou de rage. Elle l’imaginait trop débrouillard pour cela, et trop détaché des femmes qu’il côtoyait pour prendre le risque d’aller au devant du danger. Pourquoi donc prendre des risques inconsidérés pour une nuit avec la jolie brunette du coin ? Elle n’imaginait pas qu’il puisse être aussi fou, et son estomac se retournait à la simple idée qu’il puisse avoir suffisamment d’affection pour une femme pour prendre de tels risques. Là encore elle se trompait peut-être mais préféra ne pas y penser.

Se contentant d’hausser les épaules lorsque son interlocuteur lui rappela qu’un homme blessé pouvait être prêt à tout, Enóla releva toutefois les yeux vers le scalde lorsque ce dernier lui rappela qu’il n’avait jamais eu pour but de relater des histoires glorieuses à son sujet. C’est vrai, il se complaisait dans la médiocrité, en apparence tout du moins, et les histoires où il apparaissait comme un héros était tellement sur-jouées qu’elle n’en étaient plus crédibles. Du moins c’était le cas pour quasiment toutes ses histoires, à l’exception d’une qui effleura l’esprit d’Enóla sans qu’elle ne daigne l’évoquer. Tout ce qu’elle trouva à dire se résuma en quelques mots, soufflés d’une voix presque inaudible. « Tu mérites mieux. » Elle savait que ces histoires peu glorieuses servaient l’intérêt du brun, que cela continuerait ainsi longtemps, pourtant elle ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il méritait mieux que ça. Elle savait, qu’il n’était pas aussi stupide qu’il le prétendait parfois, pas aussi maladroit, pas aussi mauvais tout simplement. Elle l’avait toujours admiré dans le fond, et savait que ce sentiment n’était pas né de rien. Peut-être qu’elle estimait également qu’elle méritait mieux : mieux que d’être résumée à une histoire aussi pitoyable, mieux que d’être condamnée à des mensonges de la part du scalde. Ils avaient trouvé leur voie tous les deux, bien qu’elle ignorait tout de celle qu’avait emprunté Garth, pourtant… Etais-ce suffisant ? Ne pouvaient-ils espérer mieux ? Espérer plus ? Perdue dans ses pensées, hésitante, la chasseresse frissonna et fut ramenée à la réalité par les doigts délicats du scalde glissant sur sa taille, une caresse légère qui l’électrisa plus que de raison tandis que, docile, elle le laissait réduire à néant la distance qui pouvait les séparer.  Ne sachant que faire de ses propres mains, ce fut presque instinctivement toutefois qu’elle les déposa sur le sommet du torse de son compagnon, effleurant du bout des doigts la peau qui pouvait apparaître à la base de son cou alors qu’elle soupirait légèrement, presque d’aise, ses muscles se détendant au contact du brun. Un léger ricanement l’agite aux premiers mots du scalde, la contraignant à lui jeter une œillade amusée. Il n’y avait que dans sa bouche que les insultes à son égard sonnaient aussi bien. Mais rapidement elle se tait, rapidement le sourire disparaît et elle l’écoute respectueusement, l’émeraude de ses yeux irrémédiablement attiré par les lèvres de l’homme qui s’agitaient, appréciant le murmure presque inaudible qui s’en échappait.

Elle le laisse dire Enóla, parce que ça fait un bien fou de l’entendre lui dire tout ce qu’elle espérait continuellement. La jeune femme se crispe toutefois à la fin de sa remarque, lorsqu’il signale qu’elle devait pourtant mieux le connaître. « Désolée. Lâche-t-elle simplement avant de se mordre légèrement la lèvre inférieure, gênée. Elle ne doutait pas de la loyauté de Garth à son égard, malgré les jeux, les moqueries et les mensonges, Enóla s’était toujours dit qu’il ferait un allié fidèle si elle en avait besoin. Pourtant l’histoire, inventée de toutes pièces, l’avait touchée plus que de raison et n’avait fait qu’insuffler un peu plus de doute en elle, alors que les incertitudes concernant le scalde la rongeaient déjà au quotidien. Elle ne savait plus en vérité et sûrement que c’était le pire, ce qui la dérangeait le plus. S’accrocher au souvenir du brun n’avait rien de très sain, elle s’en doutait. Mais elle était pour l’heure incapable de renoncer à lui, peu importe l’homme qu’il avait pu devenir. Cela lui aurait été d’autant plus difficile dans l’immédiat, au vu de cette main qui glissait désormais le long de son visage, lui arrachant une profonde respiration, les yeux clos, avant qu’elle ne vrille de nouveau son regard dans le sien. Les derniers mots qu’il lui offre suffisent à lui faire rater un battement de cœur, à moins que l’organe ne soit déjà en train de se briser en songeant à ce qui aurait pu se passer si les choses avaient été différentes. Pourtant, cela la touche moins que la certitude qu’elle avait qu’il était honnête avec elle, comme pouvait en témoigner ce sourire un peu gêné. Un silence passe, durant lequel elle le fixe, avant que la chasseresse ne finisse par se moquer en douceur : La seule fois où tu mets le temps à comprendre qu’une femme te plaît, et fallait que ça tombe sur moi. La boutade est douce, dénuée de reproches et ce fut dans un sourire plus tendre qu’elle fit remonter l’une de ses mains le long du visage du brun avant qu’elle ne commence à jouer avec quelques une de ses mèches de cheveux, fixant ces dernières dans un sourire presque nostalgique. Je t’ai toujours admiré. Commence-t-elle en guise d’aveu. Bien sûr il avait dû le deviner en voyant cette gamine de cinq ans traîner dans ses pattes avec des étoiles au fond des yeux, mais même en grandissant l’admiration avait demeuré, plus discrète, plus retenue. Mais toujours présente. Mais je me disais que l’admiration que je te portais et le bien être que j’éprouvais à tes côtés ne méritaient pas que je renonce au mariage qu’on m’avait prévu. J’ai pas réagi, j’ai pas tenté quelque chose non plus et je le regrette. » Surtout lorsqu’elle voyait ce qu’avait donné la suite. Un mari finissant par la mépriser, mais surtout la solitude mêlée à une peine infinie face à sa stérilité. Elle aurait tout donné pour remonter le temps, ne serais ce que pour affronter cette cruelle vérité avec le soutien qu’elle avait toujours désiré. Peut-être fantasmait-elle l’avenir qu’elle aurait pu avoir avec Garth, mais elle était certaine que ce dernier se serait paré de couleurs plus chatoyantes qu’avec l’homme qu’elle avait épousé à l’époque.

« Et on a changé… Souffle-t-elle pour toute conclusion, s’incluant volontiers dans l’équation. Evidemment qu’elle avait changé, plus résignée, plus sombre en un sens. Elle n’aurait jamais hésité à épouser Garth s’il le lui avait proposé à l’époque, mais aujourd’hui elle ne pouvait qu’éprouver du soulagement en l’entendant évoquer un potentiel mariage uniquement pour plaisanter. Car elle était incapable de le condamner à une vie à ses côtés, de l’obliger à renoncer à une potentielle descendance, de renoncer à ce qu’il aimait dans la vie de nomade qu’il menait. Il ne méritait pas ça. Et de son côté, elle estimait mériter mieux que des mensonges ou une éternelle ignorance quant aux activités de son compagnon, compagnon qui avait changé depuis son départ il y a de cela si longtemps. Les doigts de la chasseresse délaissent alors les cheveux, glissant délicatement le long de l’œil violacé de son interlocuteur sans lui faire mal, pour venir s’arrêter à hauteur de sa mâchoire. Ayant suivi des yeux ses propres gestes, la jeune femme finit par les relever vers Garth. J’ai toujours compris ton départ. Enóla n’aurait jamais la présomption d’imaginer qu’elle avait pu être une des raisons qui avait poussées le scalde à s’éloigner, mais elle savait que dans la famille de l’ancien marin, des chamboulements avaient pu le perturber, suffisamment pour qu’il éprouve le besoin de changer d’air. Mais j’ai jamais compris pourquoi tu ne revenais pas. Avoue-t-elle finalement, trop attachée à Isenseg pour imaginer qu’il n’ait jamais éprouvé l’envie de revenir, une fois qu’il aurait été apaisé. Tes activités ? » Demande-t-elle simplement et nulle fourberie n’émane de ses propos. Elle ne cherchait pas, par ces quelques mots, à se faire une idée plus précise de la réelle profession du brun, mais se demandait juste si c’était pour cela qu’il n’était jamais revenu. Ou si, définitivement, la vie à Isenseg incarnait pour lui un passé révolu sur lequel il ne voulait définitivement pas revenir. Elle ne sait même pas pourquoi elle lui parle de ça, les mots et les interrogations lui échappant instinctivement. Peut-être qu'elle désirait surtout ne pas briser l'instant, continuer à profiter de la sincérité du brun, de leur proximité également. Cela la tuerait que de s'éloigner de lui, bien qu'une voix dans sa tête lui soufflait encore et toujours que c'était la chose la plus sage à faire. Dans leur intérêt à tous les deux.

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Garth Sturtsen
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INVENTAIRE : joker n°1 • une lyre et une flûte en corne, dont il joue encore plus mal que tout ce que vous pouvez imaginer • deux dagues, une dans sa botte et l'autre à son côté gauche • vêtements, cordes et collets, champignons séchés, peigne en os, une gourde de vin et d'eau mêlés : nécessaire du petit voyageur exemplaire • une amulette de fer rouillé, gravée d'une rune (perth) et d'un croissant de lune




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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Sam 29 Juil - 19:52

Il aimerait lui dire qu’elle n’a aucune excuse à faire. C’est à lui, plutôt, d’en formuler, même si les raisons parfois lui échappent et se perdent dans le grand tourbillon de ses questionnements. Leur relation dans son entièreté, peut-être, demande des excuses. L’ensemble de son oeuvre. Elle l’écoute sans rien dire, détendue sous ses doigts, jusqu’à son aveu timide et que son regard clair se plante dans le sien. Vert contre vert. Elle ne se dégage pas de ses caresses, de ses attentions, et le silence s’étire bien longuement avant qu’elle le brise, d’une douce moquerie à laquelle il hausse à peine une épaule amusée, sans écouter la douleur qui pulse depuis ses membres blessés : « La seule fois où tu mets le temps à comprendre qu’une femme te plaît, et fallait que ça tombe sur moi. » Sur qui d’autre est-ce que ça aurait bien pu tomber, de toute façon ? Il n’y a toujours eu qu’elle, dans chacun de ses regards, dans chacun de ses jeux, à chacune de ses visites à Isenseg, à chaque retour des saisons en mer. Seulement, il s’est fait une raison, et sur ses sentiments, il a tenté de tirer un trait. Plus ou moins efficacement.
Surtout moins.

Enóla, dans un miroir de lui-même, mime ses attentions, et il sent ses doigts minces glisser dans ses cheveux, la cendre qui y est cachée probablement se glisser sous ses ongles, comme un souvenir. Un petit soupir de contentement lui échappe, presque un ronronnement, comme celui du félin de Verdandi. « Je t’ai toujours admiré. Admiré ? Il fronce les sourcils, soupçonneux. Il n’a jamais rien eu d’admirable, ni d’honorable. Mais je me disais que l’admiration que je te portais et le bien être que j’éprouvais à tes côtés ne méritaient pas que je renonce au mariage qu’on m’avait prévu. J’ai pas réagi, j’ai pas tenté quelque chose non plus et je le regrette. » Oh, qu’il fait, en silence. Oh, et le malaise, étrange, s’accentue, en lui. Quelque chose qui remue, qui se rappelle, qui tente de revenir.

« Et on a changé… »

Indéniablement. Ils ont changé. Ils ne se connaissent plus vraiment et souvent, lui-même n’est pas sûr de se connaître. De reconnaître ce qu’il est devenu, sur les chemins, cette part d’ombre qu’il a embrassé toujours sans se questionner, sans s’inquiéter de cette ivresse étrange qu’il éprouve à chaque mort et à chaque fois que les septims tombent pour l’en récompenser. Garth se dit, quelques secondes, qu’Enóla mérite mieux que cela. Mieux que lui. Sa joue vient chercher sa main, s’y loge, s’y love, profitant de la caresse aux abords de son oeil blessé. En tournant la tête, il réussit à embrasser le coeur de sa paume, les égratignures causées par il ne sait quoi. Par sa fuite, il espère, et rien de plus grave. Ils sont plus proches, à cet instant, qu’ils ne l’ont été depuis les dernières années. Depuis toujours. « J’ai toujours compris ton départ. Mais j’ai jamais compris pourquoi tu ne revenais pas. Tes activités ? Oui. Et non », qu’il élude, d’abord, habitué à fuir et louvoyer entre les questions. À la brune, cela dit, il doit un peu plus de vérité. Alors il se force et hésite un peu dans le choix de ses mots, mais il parle tout de même : « J’avais besoin de partir, après… après bien des choses. Et d’autres se sont présentées à moi, sur le chemin. » La mort de son père, qu’il porte encore comme une trahison de la mer. Le deuil de cette mer. Celui d’Enóla. Un peu de tout cela, dans la quête du jeune homme qu’il était il y a quinze ans. « J’crois qu’j’ai oublié comment on fait pour rester à un seul endroit. J’ai… j’ai toujours eu un sang d’explorateur, qu’il rappelle avec nostalgie, et un peu comme lui, comme mon père, j’sais pas… j’sais pas comment revenir. Pour de bon. » Il saurait pour qui. Jamais comment. Sa main se serre un peu sur la taille de la chasseuse, la rapproche un peu plus de lui. Ils sont presque collés, cette fois, leurs visages à la même hauteur. Ce serait facile, de l’embrasser. Il en a envie depuis si longtemps.
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Enóla Sivertsen
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Un arc offert par sa famille auquel elle tient comme à la prunelle de ses yeux, un carquois plein de flèches. Un couteau de chasse à hauteur de la ceinture, un autre plus petit glissé dans la botte. Elle peut avoir également une besace lors de plus longs trajets contenant de l'eau, un peu de nourriture séchée, de la corde et une petite statuette de bois représentant une femme qui lui ressemble étrangement.
Elle a également quelques pièges en réserve qu'elle dépose à certains endroits stratégiques aux alentours d'Isenseg et elle va en vérifier les prises tous les jours.

Listen, listen. I would take a whisper if that's all you have to give, but it isn't. You could come and save me. Try to chase it crazy right out of my head.




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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Dim 30 Juil - 15:13


C'est la faute aux loups.
- Ah ouais... C'est un style quand même les loups qui te laissent qu'une entaille sur le bras. Nouvelle espèce ?
Garth & Enóla


Elle parle, sans trop savoir pourquoi elle le fait, sans trop oser espérer que cela puisse changer quelque chose. Elle obtient les aveux de Garth, des confessions qu’elle n’avait jamais attendues et une honnêteté qui ne concernait jamais ce qu’elle cherchait à savoir de lui : ce qu’il faisait de sa vie. Enóla se disait donc que rien ne changeait vraiment dans le fond, que malgré tout il éludait ce qu’il désirait lui masquer et bien qu’elle ait encore en mémoire le jeu qu’il lui a proposé pour glaner la vérité, elle ne peut s’empêcher de se dire que ce n’est pas assez encore. Le jeu, elle l’avait totalement oublié de toute manière, ou plutôt elle avait décidé de le mettre de côté. Car elle savait, en bonne chasseresse qu’elle était, que recueillir des informations sur les évènements de la soirée nécessitait qu’elle se colle à la tâche dès maintenant, tant que la piste était encore fraîche. Or, cela réduirait à néant la soirée qu’elle passait avec Garth, cela la contraindrait à l’abandonner, là, tout de suite, maintenant. Mais plus elle restait, plus la possibilité de découvrir la vérité s’envolait. Elle le sait la brune. Elle le sait et elle a fait son choix, comme pouvaient en témoigner ses caresses et attentions, de même que les frissons qui la secouaient parfois lorsqu’il la gratifiait de la même douceur. Elle le choisit lui. Une fois de plus, bien qu’elle ne parvienne à juguler entièrement l’angoisse qui la saisit, tout au fond, à l’idée qu’il puisse s’agir de sa dernière bribe de patience. La jeune femme redoute l’instant où elle sera lasse de ses jeux, ou elle préférera abandonner plutôt que de se battre encore dans le vent. Ce ne serait pas ce soir et, après quinze années, l’on pourrait croire que cela n’arriverait jamais. Qui sait. De son côté elle préférait ne pas être naïve, elle préférait également ne pas surestimer sa compassion et la confiance qu’elle pouvait placer en Garth.

Plongée dans ses pensées, Enóla tente de faire abstraction de ses émotions, un peu, afin de poursuivre son discours. Elle ne veut pas s’éloigner et sûrement est ce pour cela qu’elle continue de parler, ses doigts demeurant incapable de se dégager du faciès de son interlocuteur. Se dégager de lui… Une idée qui s’évapore entièrement lorsque le visage du brun pivote légèrement, suffisamment pour gratifier la paume de sa main d’un baiser. Elle en frissonne. Elle en vient à se dire qu’elle détestait sa robe en cet instant précis, autant qu’elle pouvait détester les vêtements du brun, prenant conscience du fait qu’elle aurait tout donné pour voir les lèvres du scalde poursuivre leur route le long de son bras, jusqu’à une épaule, puis une clavicule, une mâchoire. Et enfin sa bouche. Ce fut une fois de plus pour ne pas briser l’instant, et pour retrouver contenance, que la chasseuse préféra poser une nouvelle question qui, bien que sincère, aurait pu demeurer sans réponse une éternité durant. Elle n’avait jamais compris pourquoi il ne revenait pas, définitivement, se demandant s’il en avait seulement envie mais au fond cela n’était pas véritablement important. Il menait sa vie comme il l’entendait et elle ne trouverait rien à redire à cela. Ou presque. En tous les cas, si Enóla s’est crispée instinctivement face aux simple « oui » et « non » de son interlocuteur, elle se détend en l’entendant poursuivre. Un discours léger, qui ne veut presque pas dire grand-chose, mais un discours qu’elle comprend tout de même. Elle ne comprend que trop bien et l’espace d’un instant elle espère qu’il ne s’est pas mépris sur ses intentions : elle ne voulait pas le forcer à revenir. Elle le savait nomade et elle l’aimait nomade, depuis toujours, et pour rien au monde elle ne voudrait chercher à lui imposer des chaînes, tout comme elle ne désirait pas imposer ce qu’elle considérait comme étant sa malédiction à un homme comme lui, qui possédait son affection.

Hochant de ce fait doucement la tête, signe de sa compréhension, la brune finit par esquisser un léger sourire, ses doigts continuant à effleurer délicatement le visage du scalde. « C’est ça, que j’ai toujours admiré. Tu pars, parfois sans savoir où ou pourquoi, sans te poser de questions. Tu vadrouilles, tu découvres, tu… Depuis que je suis gosse, je trouve ça épatant chez toi. Parce que moi, je me complais dans ma forêt, dans mon foyer, sur des routes que je connais par cœur à force de les fouler. La curiosité d’Enóla avait toujours été insatiable, mais elle avait toujours trouvé son bonheur avant tout dans le récit des aventures des autres, n’éprouvant que très peu le besoin de partir elle-même vivre les siennes. Elle préférait ses habitudes les trois quarts du temps et si elle était capable de s’émerveiller devant la nouveauté, comme elle s’était émerveillée de Solstheim, son bonheur n’était absolu que dans des lieux connus, plus particulièrement avec des visages connus. Le sourire disparaît cependant, laissant place à un sérieux passager mais intense, alors qu’elle soufflait pour toute conclusion : Je n’aime que ce je que connais vraiment, Garth. » Rappelle-t-elle simplement, n’ayant pas besoin d’accentuer ses mots pour faire comprendre que cela ne concernait certainement pas que des lieux, mais aussi des gens. Des gens, mais surtout lui. Lui qui avait raffermit délicatement sa prise sur sa taille, la rapprochant de lui sans qu’elle ne s’en rende compte sur le moment. Mais elle la constate désormais, cette proximité. Une proximité irritante, car elle lui donne presque chaud et pourtant ce n’était pas assez. C’était frustrant que de savoir son corps presque collé à celui du scalde, lui donnant de ce fait envie de se presser pleinement contre lui. Ça la rendait folle que de pouvoir dévorer des yeux les lèvres si proches du brun, lui donnant envie de s’en emparer avidement, afin de combler ces quinze années où il ne se sera jamais rien passé. Mais elle doute de nouveau, se demande l’espace d’un instant si le geste était inconscient ou parfaitement désiré. Elle se demande si lui aussi crève d’envie de l’embrasser, là, tout de suite, et surtout elle se demande s’il le fera. Elle sait pas si elle le veut, même si son corps entier lui hurle de baisser sa garde et de le laisser faire. Elle sait pas, surtout, si c’est une bonne idée.

Enóla a la gorge nouée, pétrifiée par ses doutes, agacée par ses angoisses. Elle se sent pathétique et incroyablement vulnérable, fragile comme une gamine, bien loin de l’adulte forte qu’elle se veut être depuis des années. Elle s’en veut d’être ainsi, craint que les sens exacerbés du brun ne perçoivent son trouble, ignore comment même justifier ou expliquer le trouble en question. La vie est trop courte pour ne pas être heureuse et il faut savoir parfois se jeter dans un taillis de ronce pour trouver de l’or. Les mots de Thorgad lui reviennent en mémoire, brutalement. Devait-elle se jeter dans le taillis, sans y réfléchir à deux fois ? Faire preuve d’un peu de folie, plutôt que son habituelle retenue. Faire taire son cerveau, meurtri par des expériences passées, pour juste se laisser aller, rien qu’une fois ? Tu crois qu’il blaguerait vraiment sur toi si ce qu’il y a entre vous devient sérieux ? Et si, une fois de plus, Thorgad avait eu raison là aussi ? Et si faire comprendre au brun, définitivement, qu’elle n’était pas aussi insensible que ce qu’elle prétendait depuis quinze ans, pouvait faire avancer les choses ? Peut-être qu’elle pouvait mettre fin à leurs jeux, ici et maintenant. Peut-être que ce qu’elle considérait être sa propre défaite mènerait à quelque chose de meilleur, à force. Au final, ils seraient peut-être deux à gagner. « Je…» La suite, si tant est qu’elle en ait envisagé une, se meurt dans sa gorge. Les doigts de la brune, à hauteur de la mâchoire de Garth, effleuraient délicatement la peau, le cou également. Elle s’agrippe à lui, presque férocement malgré la douceur de ses gestes, comme de crainte qu’il ne s’envole avant qu’elle ne trouve le courage de faire ce qu’elle désirait faire. Elle avait rapproché son visage, lentement, avait effleuré les lèvres de son compagnon sans vraiment s’en emparer et alors que tout son être lui hurlait de dévorer sa bouche, elle ne parvint qu’à renoncer. L’expiration se fait plus profonde, témoin de son échec, alors qu’elle pressait doucement son front contre celui du brun, les yeux clos et la mâchoire serrée au possible.

Il lui faut un temps avant de réussir à siffler de nouveaux mots entre ses dents crispées, sans qu'elle ne daigne ouvrir les yeux, à aucun moment : « Je suis terrifiée. Elle en tremblerait presque entre les bras du brun. Elle se déteste, si vulnérable, elle se déteste de le lui avouer. Pourtant, maintenant les premiers mots offerts, elle se sentirait presque libérée, ou tout du moins comprend-t-elle qu’elle a fait le premier pas et que la suite peut suivre plus naturellement. La chasseuse prend également conscience du fait qu’elle ne lui a jamais dit de telles choses, de toute sa vie. Même il y a de cela si longtemps, lorsqu’elle était rentrée en courant à Isenseg après avoir aperçu ce qu’elle croyait être un warg, tremblante de peur, elle n’avait jamais rien dit. Il avait été là pourtant, et ils avaient passé leur première vraie soirée ensemble, lui cherchant à lui faire penser à autre chose et elle n’osant lui dire ce qu’elle avait cru voir et n’osant admettre à voix haute qu’elle avait eu peur alors même que tout son corps le clamait. Elle ne lui avait jamais dit non plus l’angoisse de sa fausse couche, l’angoisse de la solitude, l’angoisse face au mépris. Enóla ne parlait pas de ses peurs, et là où elle insistait pour que Garth lui confie ses secrets, lui avait toujours eu la décence de ne pas chercher à lui soutirer les siens. Ce fut donc en se disant une fois de plus qu’elle ne le méritait sûrement pas, qu’elle poursuivit dans un chuchotement : Terrifiée à l’idée d’oser, terrifiée par mes exigences, par l’idée de finir par te détester ou, pire, que tu finisses par me détester. Terrifiée par un nouvel échec. » Echec. Elle avait ce mot en horreur, détestait de le voir jalonner sa vie. Echec de son mariage, échec de la naissance, échec pour devenir la gardienne des secrets du scalde. Elle ne supporterait pas de faire de lui sa nouvelle erreur. Elle craignait de lui succomber pour le regretter ensuite, craignait de ne pas avoir de garanties alors même qu’elle savait qu’il était impossible d’en avoir dans ce genre de cas. Elle craignait de se lancer là dedans et d’être celle qui, une fois de plus, fout tout en l’air. C’était plus simple de faire semblant, de jouer le rôle de la bonne amie sans rien espérer de plus. Pourtant cela ne lui avait jamais vraiment suffi non plus, insatisfaite quelques soient les circonstances. Et aujourd’hui, elle ne savait plus quoi faire. Plus du tout.

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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Jeu 10 Aoû - 5:58

Il la sent se raidir sous sa main, dès le moment où il tente d’éluder sa question, mais rapidement se détendre, alors qu’il se plie, pour une fois, au jeu de la vérité. Il n’y a jamais été très doué, toujours plus à l’aise dans le mensonge et dans les roueries qui composent sa vie, mais il y a une certaine félicité, tout de même, à agir ainsi, pour une fois. À voir la brune si satisfaite. À revoir son sourire, doux, et à sentir ses caresses sur sa peau. Papillons délicats que ses doigts sur son visage, sur sa mâchoire. « C’est ça, que j’ai toujours admiré. Tu pars, parfois sans savoir où ou pourquoi, sans te poser de questions. Tu vadrouilles, tu découvres, tu… Depuis que je suis gosse, je trouve ça épatant chez toi. Parce que moi, je me complais dans ma forêt, dans mon foyer, sur des routes que je connais par cœur à force de les fouler. Il ne peut s’empêcher de se dire qu’elle a trouvé où elle devait elle. Lui, toujours pas. Ou, a-t-il préféré fuir ? Malaise, en son for intérieur, qui vibre au bout de ses mains. Il n’aime pas ces questions, qui le ramènent à trop de choses qu’il préfère enterrer. Je n’aime que ce je que connais vraiment, Garth. Un sourcil haussé, amusé. Tiens donc. Donc… il faudrait que me tu parcoures encore et encore, c’est bien cela ? », qu’il souffle, séducteur, provocateur, tenté par cette idée séduisante que celle d’Enóla le parcourant encore et encore, et vice-versa. Découvrir ses grains de beauté et ses cicatrices, pour s’en faire une carte à connaître par coeur, une nouvelle province, un nouveau pays dont il se voit déjà devenir le souverain. Juste régnant et esclave à la fois, soumis aux désirs de celle qu’il courtise sans relâche depuis quinze ans. Quinze ans et ils en sont toujours au même point. Il ne se connaissait pas une telle patience, le Garth, et à bien y réfléchir, il se voit bien impressionné par lui-même. Il se sous-estimait, franchement.

Elle ne répond pas à sa boutade, à sa malice. Silencieuse, la Enóla, générant son propre silence, sa propre attente. Garth en vient à angoisser, un peu, à se demander ce qu’elle peut bien penser, à ce moment. Car il le voit bien que derrière ses yeux pâles, son cerveau fonctionne à toute allure et que même Odin ne pourrait suivre le fil de ces pensées furieuses et multiples. « Je… » Et aussitôt, elle le sait. Tension à couper, à trancher, qui les entoure et vibre entre eux. Tension qui semble être la chose qui empêche Enóla de l’embrasser, et lui également. Par Freyja, qu’est-ce qu’il lui prend ? Ils s’accrochent l’un à l’autre férocement, et le désir se fraie un chemin dans son corps, plus sûrement encore qu’à toutes les fois où ils ont joué avec le feu, avec les sous-entendus, avec leurs mains qui s’effleurent et leurs lèvres qui se cherchent sans se trouver, et pourtant, il ne l’embrasse pas. Peut-être parce que le scalde sait en avoir envie, mais il veut qu’elle le fasse. Qu’elle lui prouve qu’elle aussi.

C’est peut-être ce qui les perdra tous les deux.

Les yeux fermés, elle ose s’affronter : « Je suis terrifiée. » Elle ? Son expression se fait sérieuse. Enóla, terrifiée. Il n’y croit pas. Elle n’a jamais peur de rien. Même de ce qu’elle a vu, jadis, et dont elle n’a jamais osé prononcer le nom. Elle est bien plus forte que cela. Puis, Enóla ne peut pas avoir peur de lui. « Terrifiée à l’idée d’oser, terrifiée par mes exigences, par l’idée de finir par te détester ou, pire, que tu finisses par me détester. Terrifiée par un nouvel échec. » Leurs fronts toujours appuyés l’un contre l’autre, il secoue un peu la tête, négativement. Le scalde s’écarte à peine et dépose une de ses mains sur les yeux d’Enóla, lui cachant cette fois tout à fait la vue. « Ose », qu’il dit tout contre ses lèvres, sans tout à fait l’embrasser. Elle sent peut-être son sourire, dans ses lèvres qui se courbent, dans son souffle qui s’accélère. Et autre chose, Freyja les garde, dans leurs corps trop collés, dans ce désir qu’elle peut sentir appuyé contre elle. La voix plus basse, plus chaque que jamais, il murmure : « Je te désire, Enóla, chaque jour et chaque nuit depuis si longtemps. J’ai envie de te faire mienne et de te parcourir… encore et encore, jusqu’à te connaître par coeur, et toujours te revenir. J’ai regretté d’avoir été timoré et lent, jadis, et je le regrette encore. Déteste-moi autant que tu voudras, mais n’aies pas peur de moi. Crois-moi. Juste pour cette fois, crois-moi. Ose. Je te promets que tout ira bien. » Il promet, mais il ne sait pas s’il pourra tenir cette promesse. Il essayera. Par les dieux, il essayera.


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Enóla Sivertsen
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AGE : Trente-quatre ans
STATUT CIVIL : Divorcée
METIER : Chasseur
LOCALISATION : Isenseg

INVENTAIRE : joker n°1.
Un arc offert par sa famille auquel elle tient comme à la prunelle de ses yeux, un carquois plein de flèches. Un couteau de chasse à hauteur de la ceinture, un autre plus petit glissé dans la botte. Elle peut avoir également une besace lors de plus longs trajets contenant de l'eau, un peu de nourriture séchée, de la corde et une petite statuette de bois représentant une femme qui lui ressemble étrangement.
Elle a également quelques pièges en réserve qu'elle dépose à certains endroits stratégiques aux alentours d'Isenseg et elle va en vérifier les prises tous les jours.

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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Jeu 10 Aoû - 15:25


C'est la faute aux loups.
- Ah ouais... C'est un style quand même les loups qui te laissent qu'une entaille sur le bras. Nouvelle espèce ?
Garth & Enóla


Il n’aidait pas, avec son sourire taquin, son regard brillant et ses tirades provocatrices soufflées sur un ton séducteur qui ne la laissait pas indifférente. Difficile de se concentrer dans ces conditions, difficile de rester sérieuse alors qu’elle s’imaginait déjà le chevaucher, pourtant l’instant était important et la brune avait à cœur de lui rappeler ce qu’elle attendait de la vie. Ce qu’elle attendait de lui. Elle brûlait d’obtenir plus, d’abandonner les sous-entendus et les provocations pour passer aux actes, mais elle savait que cela ne la comblerait qu’un temps. Peut-être que cela ne l’apaisera que le temps d’une nuit, et dès le lendemain elle se sentirait bête, avec la sale impression d’avoir cédé sans rien obtenir en retour. En vérité, Garth n’avait pas de chance. Si elle ne l’avait pas connu plus jeune, si elle avait moins tenu à lui toute sa vie durant, elle lui aurait succombé depuis une éternité déjà sans se poser la moindre question. Mais les sentiments s’en mêlaient, or la chasseuse avait les sentiments en horreur, méprisant le sentiment de faiblesse que cela pouvait faire naître en elle et maudissant les doutes et les interrogations qui en découlaient également. Elle voudrait bien cesser de réfléchir lorsqu’il était question du scalde, mais en était bien incapable. En comparaison, cela semblait tellement facile pour lui, sûrement parce qu’il ne comptait pas céder de son côté, sûrement parce qu’il n’irait pas lui offrir ce qu’elle, elle voulait. Il serait gagnant. Elle… Elle ne savait pas. Pourtant Enóla sent bien, l’espace d’un instant, qu’il semble en proie à ses propres démons. Comme l’esquisse d’un doute qu’elle devine aux légers tremblements secouant le bout des doigts du brun et bien que cela ne dure pas, ça la rassure un peu. Elle n’était peut-être pas la seule à se demander ce qu’elle faisait. Pourtant cela ne l’incite pas à rétorquer, la jeune femme ne voulant rentrer dans ce nouveau jeu de provocation alors même qu’ils avaient entretenu une conversation presque sérieuse, plutôt honnête, jusqu’alors. Et puis… Il y a ces lèvres, si proches, et ce corps contre le sien. Elle ne rétorque pas, car elle rêve de ne plus avoir à dire quoi que ce soit, elle espère que rien d’autre ne lui échappera si ce n’est des soupirs de plaisir et le prénom de son interlocuteur, gémit au creux de son oreille.

C’est parce qu’elle rêve de tout ça, dans le fond, qu’elle rapproche son visage, tente de l’embrasser et se ravise dans un profond soupir. Faible, hésitante. Terrifiée. C’est dur à avouer, c’est dur à concevoir, pourtant elle ne craint pas une seule fois le jugement de Garth à son égard. Si elle a bien encore une certitude à son sujet, c’est qu’il ne se permettrait pas de la juger sur ses craintes ou même sur ses sentiments quels qu’ils soient. Il avait toujours eu du respect pour eux tout du moins est-ce ainsi qu’elle percevait parfois ses silences ou sa manie de se mettre en retrait, comme pour lui laisser de l’espace. Mais si elle sait tout cela, qu’espérait-elle donc de son aveu ? Qu’il la pousse, sans nul doute. Qu’il lui dise de ne plus réfléchir, qu’il lui dise de foncer, d’oublier ses doutes et sa retenue. Qu’il l’embrasse, aussi, tout simplement. L’espace d’une seconde toutefois, la chasseuse a peur, frissonnant en sentant le bref signe négatif de la tête du scalde et en le sentant s’éloigner. A peine, ce qui fut toutefois suffisant pour l’inquiéter. Une inquiétude de courte durée tandis que ses yeux demeurent voilés par la présence de la main du poète, mais elle ne s’en soucie pas, trop occupée par ces lèvres presque contre les siennes et le souffle qui en émane. Ose. Elle voudrait bien, se laisser aller à cette injonction, juste obéir à ce doux murmure et assouvir tant son désir à elle, impalpable pour l’heure, que celui du scalde qu’elle percevait désormais nettement, ne faisant que l’enflammer un peu plus. Et Garth poursuit son discours, dans un murmure si infime qu’elle croit le rêver. Instinctivement, Enóla incline quelque peu la tête, comme pour fuir les mots qu’il lui offrait, comme si elle n’y croyait pas vraiment ou se refusait justement de croire à ces quelques paroles. Elle sait qu’il la désire, se complaisant depuis toujours dans une attitude séductrice, appréciant plus que de raison les regards qu’il posait sur elle. Il savait ce qu’elle était, il connaissait sa malédiction et pourtant il ne cessait de la dévorer des yeux, ce qui lui avait toujours plût. Elle sait tout ça mais se doutait un peu moins du fait que son compagnon la désirait sur le long terme, certes envieux de goûter à sa peau et de profiter de son corps comme le ferait tout homme avide de chair, mais pourtant lui faisant également part de son désir de lui revenir à chaque fois. Ce n’était pas juste profiter pour mieux repartir, pour mieux l’abandonner. C’était partir pour mieux revenir et cela lui donnait enfin l’impression que la possessivité était dans les deux sens, qu’elle lui appartenait autant qu’il était sien. Et ça lui plaît, malgré le trop plein d’ombres pesant sur la vie du scalde, que d’imaginer qu’il était à elle malgré tout. Un peu.

Cependant, il y a des failles dans ce discours. Des failles qu’elle perçoit malgré l’abandon dont elle semble faire doucement preuve. Car Garth se fourvoyait, en affirmant qu’elle était libre de le détester. Il ne comprenait pas que sa haine était synonyme de rupture définitive, qu’elle ne tolérerait plus sa présence si elle devait nourrir des sentiments négatifs à son égard. Le détester reviendrait à le chasser de sa vie, définitivement. Mais elle n’ose pas le lui dire, préférant croire que cela n’arriverait pas et qu’il savait ce qu’il faisait. Pourtant, la méfiance de la chasseuse ne s’endort pas totalement, ou plutôt elle n’oublie pas ses objectifs initiaux. Ce fut ainsi dans un éclair de lucidité qu’elle finit par s’emparer du poignet de son interlocuteur pour dégager doucement, mais fermement, sa main de ses yeux. Elle les rouvre par ailleurs et capte de nouveau le regard du brun, si proche d’elle. « Et toi ? Souffle-t-elle alors. Ce n’est pas un reproche, ni même une menace. Ça sonne plutôt comme un constat, le constat de ce qu’ils sont l’un pour l’autre en ce moment. Finalement, l’on ne lit qu’une détermination farouche au fond de ses prunelles, une détermination contrebalancée par la douceur de ses gestes. Pourtant il ne s’y tromperait sûrement pas : elle savait parfaitement ce qu’elle faisait, plus sûre d’elle qu’elle ne l’a jamais été de la soirée. Elle se fait charmeuse, consciente de l’émoi provoqué par les caresses qu’elle prodiguait désormais, ses doigts glissant le long du bras blessé et donc dénudé de Garth tandis que son autre main s’agrippait presque sensuellement à la chemise du concerné, à hauteur du ventre, si bien qu’il suffisait d’une simple décision de sa part pour passer sous le vêtement en question pour s’aventurer plus loin, à même la peau. Elle n’en fait rien toutefois, se contentant de capturer le regard de son compagnon pour souffler le reste de son discours. Quand vas-tu me croire ? Me croire quand je te dis vouloir simplement te connaître à nouveau, te connaître par coeur. Me croire quand j’affirme préférer mourir que de te trahir. Je veux tout de toi, Garth, et je suis prête à te donner tout de moi en retour. Etais-ce si fou ? Si déraisonnable, que de demander la vérité absolue ? Elle ne désirait pas de détails, pas plus qu’elle ne comptait le harceler chaque jour de sa vie ensuite. Elle ne voulait qu’un mot, qu’une explication, sur un mode de vie qu’il n’aurait plus jamais à justifier après cela. Ne voyait-il pas, de toute manière, qu’elle avait envisagé le pire ? Qu’elle se doutait bien que ces secrets n’étaient pas là pour rien et qu’il était peut-être devenu un salopard fini ? Mais elle s’en fichait, elle s’en fichait dès lors qu’elle n’était pas concernée par les aspects les plus sombres de sa personnalité. Peu lui importait le sort des autres, peu lui importait le regard qu’il portait sur le monde, tant qu’il continuait de la regarder elle de cette si jolie façon. Le murmure qui échappe à la brune se fait alors plus ténu encore : J’espère que tu me feras confiance. J’espère que tu me diras tout. Car moi aussi, Garth, je te promets que tout ira bien. » Et ce fut sur cette promesse qu’elle l’embrassa.

Elle avait déjà embrassé des hommes. Elle avait déjà couché avec des hommes. Mais elle n’avait pas souvenir qu’un simple baiser puisse être aussi bon et frustrant à la fois, aussi libérateur et douloureux en même temps. Enóla n’a plus la patience ni la retenue suffisante pour se faire timide ou pour simplement faire durer l’instant comme elle le faisait depuis un bon moment déjà. Il n’était désormais question de rien d’autre que le désir qui l’enflammait et qui ne demandait qu’à être assouvi, en parfait écho à celui qu’elle percevait contre ses hanches. Quinze ans. Quinze putain d’années qu’elle se dérobait à cette étreinte et désormais elle se maudissait, elle maudissait sa fierté, sa curiosité, et tout ce qui l’avait rendue incapable de succomber aussi facilement au scalde. Et ce fut ainsi en se promettant de rattraper toutes ces années perdues qu’elle poursuivit leur baiser avec plus de fougue encore. Sa main sur le bras du poète était remontée à une vitesse fulgurante pour agripper la nuque du concerné, le pressant ainsi contre son visage, contre ses lèvres qui ne sauraient tolérer la moindre pause. Elle en maudit son besoin de respirer, son souffle manquant qui l’oblige à s’interrompre un bref instant pour mieux repartir à l’assaut. C’est ainsi guidé par le besoin impérieux de sentir le corps de son compagnon contre le sien que la chasseuse recula de quelque pas pour se heurter d’elle-même au mur dans son dos, appréciant sûrement pour la première fois de sa vie la sensation d’être prise au piège, tandis que sa main toujours accrochée à la chemise de Garth l’attirait vers elle dans le même temps, l’incitant à ne plus lui laisser le moindre espace de libre. Elle voulait son corps contre le sien. Elle voulait beaucoup de choses en cet instant précis. Et ce fut tant par désir de le découvrir que par envie de le rendre fou, que la main de la brune passa finalement sous la chemise, effleurant le ventre de l’homme, pressant les muscles qu’elle découvrait et qui lui rappelaient que ce n'était pas cohérent avec le mode de vie d'un simple scalde, effleurant quelques cicatrices encore invisibles mais palpables, le tout en remontant progressivement le long de son torse, non sans une avidité certaine. Elle sait que le lieu n’est pas propice à de tels ébats, tout du moins pas alors qu’elle savait parfaitement qu’elle ne se contenterait pas d’une seule étreinte. L’auberge où elle logeait n’était pourtant pas loin, objectivement, mais l’idée de perdre son temps à parcourir la distance qui la séparait de sa chambre lui était insupportable dans l’immédiat, bien qu’elle sache que cela n’irait pas en s’arrangeant. Il n’y avait ainsi plus qu’à espérer que Garth soit plus raisonnable, ou au moins plus envieux de parcourir son corps dignement, ce que ne leur permettrait certainement pas cette ruelle, aussi déserte soit-elle.

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After all it's not easy
Banging your heart against some mad buggers wall


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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Dim 20 Aoû - 9:56

Sa main s’enroule et s’empare de son poignet, rabaissant la sienne, de main, afin de lui rendre la vue. Il n’oserait jamais quitter son regard, Enóla mi-chasseresse, mi-prédatrice. Comme s’il craignait qu’à la quitter des yeux, il se fera attaquer, dévoré vivant, par ce qui couve dans ses yeux. « Et toi ? » Lui ? Lui, il est ridicule, pathétique, enroulé autour de son doigt. Il a toujours eu le coeur mou, prêt à faiblir au moindre joli coeur et plus encore à la moindre jolie croupe, caricature bien souvent exagérée de ce penchant qu’il a toujours eu pour la gent féminine. Inutile de nier, cela dit, que le coeur (et la croupe) de son amie l’intéresse depuis bien longtemps, et que jamais il n’a cessé de tenter de l’obtenir. De la faire sienne. Pour le jeu. Pour la chasse. Pour autre chose, que Garth ne veut pas considérer. Lui ? Lui, ses reins se cambrent vers cette main qui s’accroche à sa chemise, sa gorge émet un son si bas qu’on croirait qu’il ronronne, et chaque frisson parle pour lui. « Quand vas-tu me croire ? Me croire quand je te dis vouloir simplement te connaître à nouveau, te connaître par coeur. Me croire quand j’affirme préférer mourir que de te trahir. Je veux tout de toi, Garth, et je suis prête à te donner tout de moi en retour. » Un jour, est sa seule réponse, qu’il n’ose même pas dire. Un jour. Quand il ne tuera pas pour vivre, quand il lèvera le nez sur la provenance de ses écus, quand il ne risquera pas de mettre sa vie en danger pour ses propres bêtises. On apprend vite, dans ce sale métier qui est le sien : toute attache est une faiblesse. Un point à attaquer. À menacer.

Il n’est pas parti pour cela, mais certainement que la raison de son non-retour a tout à voir avec les conséquences possibles de ses choix de vie. Conséquences qu’il ne veut pas voir s’abattre sur la tête de quiconque cher à son goût. Sa mère, son frère, sa soeur, ses enfants, Enóla, son frère, Verdandi. Thorgad, il suppose, également. Une poignée de famille et de camarades, rares élus qui portent ce titre.

« J’espère que tu me feras confiance. J’espère que tu me diras tout. Car moi aussi, Garth, je te promets que tout ira bien. »

Un jour.

Il en a rêvé. Il l’a fantasmé. Une fois dix fois cent fois mille fois. Rien pourtant qui accote la réalité de leurs lèvres qui se joignent, enfin, de leurs bouches qui se cherchent, dans une union fougueuse. Garth ne s’entend pas grogner, gronder, prend à peine conscience de ses mains qui explorent le corps collé contre lui et qui se retrouve, dans un enchaînement de gestes, collé contre le mur à son tour. Le mur glacé, la peau d’Enóla presque trop chaude, et ses lèvres, par Freyja, plus brûlante que le feu des volcans et que la colère d’Odin. Il est furieux, de se retrouver bloqué dans ses mouvements, sa découverte, par son bras blessé qui l’élance à chaque geste et le fait tressaillir ; fâché qu’à l’adrénaline se mêle la douleur de ses actes du jour, les courbatures de celui qui a combattu, qui a couru. Il est fâché, même, de ne pas avoir ses dix doigts, pour entièrement et totalement toucher Enóla, autant qu’il le désirerait (sienne). Sentiments mélangés, perplexes - colère, soulagement, désir, frustration, tout s’emmêle et ne fait qu’accentuer son besoin d’elle. Quinze ans. Ils ont tenu quinze ans. Et maintenant, ça a assez duré. Ils ont assez joué. Garth est tout entier collé contre la chasseuse et les douleurs de ses membres l’enhardissent uniquement à relever ses jupes, à caresser chaque parcelle de peau qu’il peut trouver, et il ne sait pas quelle illumination divine lui vient subitement et le convainc de ne pas faire ça . « Pas… pas ici », qu’il réussit à articuler contre sa bouche, malgré le désir terrible qui menace et qui gronde, en lui, qui se fait à chaque moment plus impérieux, plus exigeant. Qui lui souffle qu’ici, ou ailleurs, quelle importance, tant que ce soit maintenant. « Chez toi. » Dans sa chambre à elle, qu’il sous-entend ; la sienne, il la partage avec Verdandi, et elle ne risque pas d’apprécier l’attention. De se retrouver avec son scalde pourri et son amie chasseuse en pleine séance de galoche furieux, puis d’autres attentions pas moins enfiévrées. Et autant il a réussi à proposer une autre alternative que la ruelle, autant le fait de se déplacer, de devoir attendre, est cruel. Trop, pour ses dents qui viennent mordre son cou (sienne), pour leurs bassins plaqués l’un contre l’autre, pour sa main blessée serrée sur sa cuisse.
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Elle a également quelques pièges en réserve qu'elle dépose à certains endroits stratégiques aux alentours d'Isenseg et elle va en vérifier les prises tous les jours.

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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Dim 20 Aoû - 16:43


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Elle s’en veut d’avoir attendu tout ce temps, et sait pertinemment au fond d’elle-même qu’elle s’en voudra ensuite d’avoir succombé. Ça ne sert à rien, lui souffle une voix. Il te décevra, ajoute cette dernière. Cette même voix qui la retient depuis quinze ans, incarnation même de sa fierté, ce sentiment qui lui dicte qu’elle mérite mieux que des mensonges, mieux que ce que Garth se contente de lui offrir. Fierté qui se mue en peur, celle la même d’être laissée sur le bas côté quoi qu’il en dise, l’angoisse d’être comme les autres dans le fond, peut-être mieux traitée sous les draps mais n’ayant pas le droit à tous les égards qu’elle réclame au quotidien. Elle a peur qu’il ne parte, après avoir gagné. Que le jeu prenne fin, sans aucune amélioration véritable, la laissant seule avec son amertume et ses regrets. Enóla est au courant de tout ça, parfaitement consciente des craintes et des doutes qui l’assaillent depuis près de la moitié de sa vie mais en cet instant précis, les alertes de son cœur meurtri et de son esprit méfiant ne se fraient pas tout à fait un chemin. Elle entend, mais elle n’écoute pas. Elle préfère s’abandonner aux sensations exquises qui la saisissent maintenant que le scalde est contre elle. S’abandonner à la découverte du corps de son compagnon, s’abandonner aux doigts de ce dernier parcourant sa propre peau. C’est délicieux, de le sentir aussi dépendant de cette étreinte, de le sentir aussi pressé. Plus que tout, la chasseuse se surprend à aimer cette main amputée de deux doigts, comme s’il s’agissait d’un signe distinctif qui lui prouvait que c’était bien lui qui la caressait ainsi. C’est une sensation différente, qu’elle ne pourrait donc pas oublier. Ça l’amuserait presque, si le désir ne la dévorait pas autant, que d’avoir l’impression qu’il manque quelque chose lorsque la main glisse sur la peau dénudée de ses cuisses, sans pour autant que cela ne la gêne. C’est bien lui, et elle semble presque en prendre conscience tandis qu’elle soupire le prénom du concerné contre sa bouche, telle une invitation, une supplique. Elle l’embrasse à nouveau et gronde contre les lèvres du brun quand celui-ci finit par rappeler l’évidence : ils ne pouvaient le faire ici. Pour pleins de raisons qu’elle comprenait et partageait. Pourtant elle peste en silence, témoigne de son mécontentement à cette simple idée en grondant comme le ferait un animal sauvage, ses lèvres déviant le long de la mâchoire de l’homme, puis de son cou qu’elle gratifie de profonds baisers, se plaisant à le marquer au passage. Elle cherche à le tenter, via ses lèvres et ses mains qui ne cessaient de parcourir son torse, ses hanches, glissant ensuite le long de son dos qu’elle caressait du bout des ongles, faisant mine d’être prête à l’y griffer. Sans aucun doute, elle veut qu’il soit à bout, autant qu’elle puisse l’être. Et quitte à lui succomber, elle voulait qu’il s’en souvienne toute sa vie durant.

Mais il avait raison, ce qui ne l’empêche pas de repartir à l’assaut, la brune basculant la tête en arrière et offrant ainsi gracieusement sa gorge et son cou, soupirant d’aise et ses doigts se crispant sur la peau de son partenaire lorsque les dents de ce dernier vinrent titiller sa chair. L’espace d’un instant, elle se contente de se laisser faire, de fermer les yeux et de profiter de chaque sensation, de chaque frisson. Instinctivement elle se presse contre lui, réclamant toujours plus, et elle n’avait pas besoin de parler pour qu’il comprenne le bien être, mêlé de frustration, qu’il faisait naître en elle. Ses soupirs, ses frissons, ses ondulations à hauteur de son bassin qu’elle cherche continuellement à exciter, tout en elle clamait son désir d’en obtenir toujours plus. Soudainement, l’idée de laisser le scalde la parcourir encore et encore ne semblait plus si mauvaise que cela. Pas au vu des réactions de son corps, des battements incessants de son cœur. Mais il avait raison. Il avait raison, mais il y avait cette inquiétude, muette et presque sourde, qui lui rappelait que s’éloigner du scalde : c’était prendre le risque de ne plus s’en approcher. Elle craignait qu’un simple trajet jusqu’à sa chambre ne lui donne l’occasion de réfléchir et donc de se raviser. Il ne fallait pas que ça arrive. « Ne t’éloigne pas. Qu’elle lui intime alors, dans un souffle qui laissait toutefois entendre qu’elle ne tolérerait pas qu’on la contredise. C’était un ordre. C’était vital. Ne t’éloigne surtout pas. » Qu’elle rappelle, presque pour elle-même cette fois, tandis qu’elle l’embrassait une dernière fois avant de le repousser, ses mains posées à plat sur son torse pour le contraindre à reculer, lui donnant l’occasion de se dégager et de déjà s’éloigner un peu. Elle presse le pas, remontant la ruelle qu’ils avaient emprunté plus tôt, mais elle a besoin de se retourner, parfois, marchant à reculons tandis qu’elle lui volait un bref baiser, quand elle n’était pas simplement occupée à l’attraper par le sommet de son pantalon pour l’attirer à sa suite. Puis elle lui tournait de nouveau le dos, pour ne pas se tromper de chemin ou juste pour éviter de tomber bêtement, et alors elle comptait sur les attentions du brun. Elle comptait sur le scalde pour se presser dans son dos, lui rappelant ainsi son désir palpitant. Elle comptait sur lui pour l’effleurer, déposer un baiser dans son cou, lui parler de tout ce qu’il désirait lui faire, peut-être. Qu’importe tant que cela lui permettait de songer à la nuit qui l’attendait plutôt qu’au lendemain.

Enfin ils arrivent à l’auberge. Enóla ne tient toutefois pas à se faire remarquer plus que de raison par ceux qui se trouvaient dans l’établissement aussi se contente-t-elle de se presser pour récupérer la clé de sa chambre, pour grimper les escaliers en sautant plusieurs marches et ce malgré sa robe devenue ô combien encombrante. Ses doigts se font moins assurés, sa main tremblante d’adrénaline, tandis qu’elle déverrouille la serrure, mais elle retrouve tout son aplomb une fois dans la pièce, posant brutalement la clé sur le premier meuble qui passait, prête à claquer la porte derrière eux si Garth ne s’en chargeait pas lui-même. La chasseuse s’accorde quelques secondes pour retirer rapidement ses chaussures et si elle est toujours aussi hâtive dans ses mouvements, la sensation procurée par l’intimité que leur offrait la chambre suffit à la calmer presque soudainement. Comme si, maintenant à l’abri des regards, maintenant qu’ils étaient vraiment que tous les deux, elle voulait un peu plus que de simplement succomber à un désir animal, un désir de chair. C’est pour cela qu’elle pivote en direction de l’homme et lève un simple index pour l’arrêter dans un potentiel élan, son regard ancré dans le sien. « Retire ta chemise. » Qu’elle demande simplement, bien qu’encore une fois elle donnait l’impression qu’elle n’apprécierait pas qu’on lui refuse quoi que ce soit. Enóla n’avait pas spécialement envie de le déshabiller elle-même, ne voyant pas un intérêt particulier à l’idée de lui retirer ses fringues à la hâte et préférant largement pouvoir caresser sa peau nue par la suite. En revanche, en le laissant s’occuper de lui-même de cette tâche, à ainsi quelques pas à peine devant elle, elle aurait alors tout le loisir de le voir. De le voir vraiment. De parcourir du regard les cicatrices qui balafraient sa peau et qu’elle avait senti un peu plus tôt. De constater ainsi qu’il n’était pas question de bêtes, d’animaux, mais bien de marques laissées par des hommes. Sûrement que, malgré le désir, elle voulait profiter du moindre signe, du moindre indice. Elle ne saurait sûrement jamais comment il a reçu ces coups, elle ne saurait pas non plus s’il avait déjà frôlé la mort et combien de fois cela avait pu lui arriver. Mais elle verrait. Et soudainement, cela lui semblait déjà être un petit pas, un petit quelque chose d’important. Etrangement cela lui faisait également penser à la large cicatrice qu’un ours lui avait laissé il y a de cela une éternité, au sommet de sa poitrine. Elle ne s’était jamais souciée du regard que les hommes portaient dessus, mais cette fois ci, à l’idée même de s’exhiber devant Garth, Enóla sentit une pointe de gêne se ficher quelque part en elle. Comme si, après quinze ans, il s’était sûrement fait trop d’idées à son sujet, et qu’il risquait d’être déçu. Et ce malgré tout l’entrain qu’elle mettrait en œuvre pour lui montrer qu’elle en valait la peine, au moins sous les draps.

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Garth Sturtsen
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INVENTAIRE : joker n°1 • une lyre et une flûte en corne, dont il joue encore plus mal que tout ce que vous pouvez imaginer • deux dagues, une dans sa botte et l'autre à son côté gauche • vêtements, cordes et collets, champignons séchés, peigne en os, une gourde de vin et d'eau mêlés : nécessaire du petit voyageur exemplaire • une amulette de fer rouillé, gravée d'une rune (perth) et d'un croissant de lune




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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Lun 28 Aoû - 8:27

Chasseurs l’un autre que l’autre, ils se font animaux, sauvages, dans le désir qui les consume et les domine, les empêche de penser simplement, sainement. Elle va le rendre fou. Son grondement contre ses lèvres, sa langue, sa bouche ; ses mains qui le cherchent, le fouillent, presque. Ils se marquent mutuellement, l’un et l’autre. Sienne. Il la mord si fort au cou qu’il sent le sang dans sa bouche. « Ne t’éloigne pas. Ne t’éloigne surtout pas. »

Il n’oserait pas.
Il n’oserait jamais.
Elle le tuerait. D’un seul regard. Si Garth faisait autre chose que l’embrasser à la dérobée, parfois, que glisser entre ses mains sur ses courbes, sans se soucier de ceux qui assistaient à leurs actes impudiques, s’il se dérobait à ses décisions, à ses ordres.

Lui qui aime tant se faire remarquer, pour étrangement mieux se faire oublier ensuite, se cache pratiquement derrière la chasseuse lorsqu’ils arrivent à l’auberge. Le visage enfoui dans son cou pour le dissimuler, ombre qui la suit à la trace dès qu’elle a récupéré la clé de sa chambre et qu’ils peuvent y entrer et ne pas en sortir jusqu’au matin. Ou pour les quelques prochains jours.
L’idée est séduisante.
Il referme calmement la porte derrière lui et retire ses bottes, sans quitter Enóla des yeux. Elle-même ne retire que ses chaussures et il est un peu soulagé ; l’urgence qui les a pris, dans la ruelle, aurait pu se poursuivre jusque dans la chambre, dans une frénésie qui l’aurait empêché de profiter de la découverte de ce corps fantasmé depuis des années. Il aurait tout apprécié, sans aucun doute, mais à choisir… il préfère encore cette appréhension délicieuse qui le mord au ventre. La brune se retourne vers lui, l’arrêtant alors qu’il se relève, une seule de ses bottes enlevées. « Retire ta chemise. » Il aimerait faire une mauvaise blague, répliquer quelque chose comme vos désirs sont des ordres, l’affubler du titre de reine qui ne revient légitimiment qu’à la Lund, faussement se faire son serviteur avec moult révérence comique, mais pour une fois, sa langue n’obéit pas. Se rebelle contre son envie de fanfaronner, de se faire le dindon de la farce, le plus malin des deux, et ses doigts se plient plutôt à la demande, à l’ordre. Un bouton, deux boutons. La dague enlevée de sa botte restante et soigneusement déposée à côté de la clé, sur le meuble, sa lame encore tachée de sang. Sa botte ensuite retirée, laissée au bord de la porte avec sa jumelle. Son manteau. Le cuir rejoint le sol dans un bruit lourd. Un troisième bouton, mais il en a assez, et Garth passe sa chemise par-dessus sa tête, sans terminer de la déboutonner. Un froissement doux de tissu est tout ce qui témoigne de la chute du tissu au sol.

Quel étrange tableau il doit faire, qu’il pense une seconde.
Son bras blessé.
Les marques de suie et de sang sur ses membres. Les ecchymoses.
L’amulette pendant à son cou, sa lune rouillée captant la lumière des chandelles.
Son oeil au beurre noir.
Sa main estropiée.
Les cicatrices qu’elle ne connaît pas, qu’elle n’a jamais vu, mais qui s’étalent, forment des chemins sur son torse qui ne perd jamais tout à fait le hâle des beaux jours et trahit sa vocation de voyageur. Routes blanchâtres sur son épiderme, comme toutes celles qu’il a parcouru. Légères, certaines. Profondes, d’autres.
Des muscles qui n’ont rien de ceux d’un scalde.
Ni même d’un trop ancien marin.
La dague tachée de sang.

Il lève le menton. Fier. Le regard plein de défi. Qu’elle dise quelque chose. Qu’elle critique. Garth peut bien prétendre qu’il ne craint pas, mais il tremble tout de même un peu, alors qu’il s’approche d’elle et effleure son visage d’une main. Son cou, où la marque nette de ses dents est imprimée dans la chair. Le haut de sa robe, enfin, qu’il rêve de voir tomber au sol, rejoindre ses vêtements. Il serre le haut de sa robe. « À toi. » Avant qu’il lui déchire et lui arrache.
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Enóla Sivertsen
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Un arc offert par sa famille auquel elle tient comme à la prunelle de ses yeux, un carquois plein de flèches. Un couteau de chasse à hauteur de la ceinture, un autre plus petit glissé dans la botte. Elle peut avoir également une besace lors de plus longs trajets contenant de l'eau, un peu de nourriture séchée, de la corde et une petite statuette de bois représentant une femme qui lui ressemble étrangement.
Elle a également quelques pièges en réserve qu'elle dépose à certains endroits stratégiques aux alentours d'Isenseg et elle va en vérifier les prises tous les jours.

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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Lun 28 Aoû - 17:06


C'est la faute aux loups.
- Ah ouais... C'est un style quand même les loups qui te laissent qu'une entaille sur le bras. Nouvelle espèce ?
Garth & Enóla


Il ne la lâche pas d’une semelle, et outre son désir dévorant qui lui soufflait qu’il était vital que le scalde demeure contre elle, la brune se surprend à apprécier cette proximité. Malgré les doutes, malgré sa méfiance naturelle qui la poussait à ne pas faire totalement confiance à Garth au vue des zones d’ombres le concernant, elle avait désormais l’impression que rien ne pourrait lui arriver. Il était là, dans son dos, tel une ombre, et un sentiment de sécurité absolue s’empare alors d’elle. Il ne laisserait rien ni personne interrompre ce moment, se mettre entre eux deux. Tout ira bien. C’est donc forte de ces convictions nouvelles, bien que sûrement éphémères, que la chasseuse pénètre dans l’auberge et se presse jusqu’à sa chambre, frissonnant au passage en sentant le visage du scalde niché dans son cou. Enóla se dit qu’il agit ainsi par envie, par désir, et n’envisage pas la possibilité qu’il puisse ne pas vouloir être vu avec elle dans une telle situation. Dans l’optique de la protéger. Mais alors qu’elle se sent encore fiévreuse, ce sentiment d’urgence s’évapore lorsqu’elle se retourne pour observer le brun une fois qu’ils eurent pénétré dans la chambre. Le désir de chair laisse place à des sentiments plus nobles, plus profonds. Une envie de le découvrir, véritablement, qui la pousse à se montrer autoritaire une fois de plus. Retire ta chemise. Elle a conscience du statut de reine qu’elle s’octroie depuis plusieurs minutes, de cette détermination farouche qui témoigne de sa force de caractère, de son besoin de ne pas être contredit en cet instant précis. Elle sait également que cela n’a jamais été le genre de Garth que de se faire docile, ils jouaient depuis trop longtemps pour qu’elle n’ait pas conscience de son humour parfois douteux ou de sa manie de la provoquer en toutes circonstances. Pourtant, cette fois ci, il ne dit rien. Et ce silence, couplé au regard qu’il vrille sur elle, suffit à lui faire rater un battement de cœur. La jeune femme ne sait pas si c’est pour compenser ce raté, ou pour d’autres raisons qu’elle ne voudrait pas admettre, que l’organe se met alors à palpiter avec plus de ferveur que jamais. Ça se bouscule dans sa poitrine, lui donne l’impression qu’elle allait imploser, tandis qu’un premier bouton se voit défait. Suivi d’un deuxième, dans des mouvements presque lents qui lui arrachent de délicats frissons. Elle est tout bonnement incapable de le quitter des yeux, incapable de juguler correctement son souffle tandis qu’elle savoure le spectacle qu’il lui offre de son plein gré.

Ses prunelles d’émeraude se perdent sur la peau qui se dévoile progressivement mais finissent par être happées par la dague qu’il sort alors de sa botte pour la poser sur le meuble. Le sang la tâchant la préoccupe d’instinct, Enóla ignorant si elle devait le maudire pour ces activités visiblement plus dangereuses qu’elle ne l’avait cru ou l’embrasser avec fougue pour le remercier d’avoir mis sous ses yeux un tel détail. Un tel aveu. Malgré la situation, elle ne peut s’empêcher de songer aux scénarios qu’elle s’était fait concernant Garth. Les pires scénarios, évidemment. Voleur ? Elle ne l’avait pas vu lors des festivités alors peut-être était-il en vérité le genre de vaurien qui se faisait passer pour un incapable pour mieux détrousser autrui ensuite. Peut-être s’était-il fait prendre ce soir là. Mercenaire ? Elle ne voit pas très bien l’utilité qu’aurait pu avoir le roi pour une lame supplémentaire dans le cadre de sa propre fête, d’autant plus qu’il n’avait pas prévu le danger à venir et même si cela ne changeait rien à la possibilité que Garth soit le genre d’homme à vendre des services martiaux, elle ne voyait pas pourquoi il aurait fini blessé. Espion ? Peut-être, elle-même commençait à s’adonner à ce genre de sournoiserie et c’est pour cela qu’elle ne pouvait qu’être admirative devant la façon qu’avait le scalde de se mettre en pleine lumière sans jamais attirer attention. Il serait efficace, à n’en point douter, bien que son état actuel tendrait à montrer qu’il était un espion plus sanglant que discret, sans parler du fait qu’elle se demandait bien qui le brun pourrait alors servir. Assassin ? Celui là même qui avait manqué de tuer le roi, ou la femme empoisonnée ? Un autre ? Impossible à dire, tout comme elle peinait à imaginer les raisons qui auraient pu le pousser à tuer pour de l’argent, pourtant elle ne pouvait écarter cette possibilité. Pas alors qu’il était blessé, pas alors qu’il avait visiblement blessé quelqu’un également. Et surtout pas maintenant que son regard se voyait de nouveau attiré par les mouvements du scalde qui daignait enfin faire tomber sa chemise, dévoilant les muscles qu’elle avait commencé à effleurer plus tôt. Des muscles qui, comme elle l’avait déjà deviné, ne concordaient pas avec sa simple profession de scalde. Il était plus que ça. Sûrement qu’il était pire que ça aussi.

Elle prend une profonde inspiration, comme s’il lui fallait du courage pour se jeter dans le taillis de ronces qu’évoquait Thorgad. Du courage pour l’observer, le dévorer des yeux même, sans chercher à le questionner plus avant. Ce n’est qu’en expirant qu’elle parviendra finalement à se détendre, à faire glisser son regard le long des diverses plaies qu’il arbore sans avoir envie de connaître leur provenance. Elle voit le sang séché par endroit, la suie qu’elle n’avait pas vraiment remarquée jusqu’alors et qui témoigne du fait que Garth aura été présent au palais bien plus longtemps qu’elle. Il lui faut ainsi quelques secondes pour prendre conscience du danger qu’il frôlait sûrement au quotidien, quelques secondes de plus pour réussir à apprécier la musculature du brun et les cicatrices, qu’elle jugeait séduisantes, qu’il arborait sans s’inquiéter pour sa vie. Elle les grave par ailleurs dans sa mémoire, meurt d’envie de les toucher à nouveau mais cette fois ci en voyant ce qu’elle faisait. Il y a toujours cette peur cependant, cette voix qui lui souffle que ce n’était pas une bonne idée, que de toute façon ça ne pouvait pas bien se passer alors qu’il lui dévoilait clairement avoir changé plus qu’elle ne pouvait le soupçonner jusqu’alors. Mais cette voix, Enóla la fait de nouveau taire en remontant les yeux jusqu’à hauteur du pendentif de Garth. La chasseuse ne perçoit pas le regard plein de défiance qu’il vrille par ailleurs sur elle, l’idée même de commenter ce qu’elle voyait ne lui étant pas venu à l’esprit de toute manière, et elle se contente de sourire en percevant ce croissant de lune. Un sourire léger, presque nostalgique, tandis qu’elle se raccroche à ce souvenir, ce bijou qu’elle lui avait toujours connu et qui lui rappelait une fois de plus que, malgré tout, c’était bien lui. Le sourire disparaît cependant pour laisser place à un peu plus de sérieux, plus de cette tension odieusement agréable, lorsque l’homme se rapproche alors d’elle. Elle frissonne au contact de sa main, agite imperceptiblement la tête comme le ferait un chat en quête d’attention tandis qu’il poursuit sa course jusqu’à son cou malmené puis le sommet de sa robe. A toi. Soudainement, c’est moins amusant. Plus inquiétant, aussi, que d’être celle qui devait désormais s’exhiber naturellement. Pourtant elle s’exécute sans broncher, ancrant son regard dans celui de son compagnon et si nulle fierté particulière ne fait scintiller ses prunelles, on y lit une prétendue nonchalance visant à masquer sa gêne et ses doutes.

Elle ne le lâche pas des yeux tandis qu’elle décroche les discrètes fibules qui avaient maintenues sur ses épaules un fin châle, les déposants sur un meuble à portée. Le tissu en question tombe au sol et révèle les lacets qui maintenaient sa robe serrée, dans son dos. Enóla incline alors légèrement la tête, presque moqueuse l’espace d’une seconde tandis qu’elle rapproche sa main de celle que l’homme maintenait à hauteur de sa robe, le gratifiant d’une pichenette afin de rappeler qu’il n’était pas censé poser ses mains sur elle avant qu’elle ne soit nue. Encore une fois, elle ne doute pas qu’on lui obéirait, se disant de toute manière que la rébellion potentielle de Garth ne la dérangerait pas le moins du monde. Ramenant une main dans son dos, elle tire sur les lacets de cuir tant et si bien que la robe glisse déjà le long de ses épaules, bien moins stable. Elle tire alors légèrement sur le bord de ses manches et parvient ainsi à dégager ses bras du vêtement. Il n’en faut alors pas plus pour que celui-ci finisse par chuter définitivement au sol, la laissant entièrement nue devant lui. Saisie d’une envie soudaine de croiser les bras contre sa poitrine, ce qui aurait été le comble, la jeune femme préfère s’occuper les mains autrement, les posant sur le ventre du scalde et remontant lentement le long de son torse, retraçant le contour de chaque cicatrice au passage, essayant d’ignorer le regard qu’il pourrait poser sur elle. Elle et l’affreuse cicatrice qui barrait le sommet de sa poitrine, une plaie dont il savait tout car ayant encore habité Isenseg à l’époque bien qu’il ne l’ait jamais vue. Elle et sa peau plus pâle que la sienne, témoignant du fait qu’elle passait trop de temps à subir les rudes hivers de leur village natal et à errer sous le couvert des arbres pour vraiment prendre le soleil. Elle et les quelques autres cicatrices, des souvenirs laissés par d’autres animaux, les griffures des branches ou les marques de la roche contre son corps quand elle chutait de trop grandes hauteurs. Elle et ses muscles, plus légers que ceux de l’homme ou que ceux d’une quelconque guerrière, qui témoignaient simplement de son endurance et de son agilité, sans parler de son dos qui clamait à quiconque d’assez observateur qu’elle était une archère accomplie. Sans parler de tout le reste, de tout ce qu’il finirait par découvrir : son ventre plat qu’elle détestait qu’on touche, son cou et sa nuque qui incarnaient des zones particulièrement érogènes chez elle, les frissons délicieux qui la parcouraient lorsqu’on passait une main dans sa longue chevelure d’ébène. Il découvrirait son amour de la proximité, des contacts, de la sensation d’être emprisonnée entre ses bras musclés. Il apprendrait tout de la sonorité de ses soupirs et gémissements, sa façon de souffler son prénom tantôt pour simplement faire part de sa satisfaction tantôt pour en réclamer plus. Il remarquerait sa manie de faire glisser ses ongles dans son dos, celle qui consistait à goûter à chaque parcelle de peau d’abord à l’aide de ses lèvres puis du bout de la langue. Il comprendrait à quel point son obstination à lui refuser cette étreinte depuis quinze ans ne signifiait pas qu’elle ne l’avait jamais désiré, bien au contraire. Il remarquerait ainsi l’abandon dont elle ferait preuve dans ses bras, une confiance aveugle qui s’évanouirait au petit matin. Tout ça, c’est ce qu’elle était. Peut-être que ce n’était pas ce qu’il avait attendu et espéré tout ce temps, mais c’est ce qu’elle était, dès lors qu’il était question de lui.

« Ne laisse jamais personne te tuer, Garth. » Souffle-t-elle alors, un peu soudainement, tandis qu’elle encadrait son visage de ses mains, ses lèvres proches des siennes. Elle ne le lui avait jamais vraiment dit. Bien sûr elle savait depuis longtemps que sa propre mort affecterait le scalde, et celui-ci devait donc se douter que sa mort la toucherait également. Mais elle ne le lui avait jamais dit. Et maintenant qu’elle était là, contre lui, envieuse de ne plus avoir à soupirer autre chose que le prénom de son amant pour le reste de la nuit, il lui semblait important qu’il le sache. Maintenant qu’elle avait vu la dague, vu les plaies, les cicatrices et envisagé plus fortement encore que les risques que prenait le brun au quotidien étaient inconsidérés, il lui semblait essentiel qu’il sache. Elle lui interdisait tout bonnement de mourir. Surtout loin d’elle, surtout d’une autre main que la sienne. Et alors même qu’elle lui cédait enfin, après quinze ans, il lui semblait encore plus inconcevable qu’il meurt ensuite. Il n’avait pas le droit de lui faire ça. Pas le droit d’annoncer vouloir lui revenir pour mieux se faire saigner dans la semaine qui suivait. Pour l’heure toutefois, elle ne se préoccupe plus des dangers qui longent la route de Garth. Elle ne se souciait que de ses mains, et surtout du pantalon qu’il arborait encore et qui la gênait plus que tout au monde en cet instant précis. C’est pour cela que, tandis qu’elle l’embrassait de nouveau avec ferveur, l’une de ses mains glisse jusqu’à ce tissu, défait avec habileté la ceinture qui le maintien en place et n’attend pas plus longtemps pour passer outre le vêtement. Son propre souffle s’accélère tandis que c’est avec délice qu’elle le gratifie de caresses audacieuses, pour son plaisir à lui et sa satisfaction à elle. Cela dure un temps, bref, avant qu’elle n’abaisse soudainement le vêtement pour qu’il en soit définitivement débarrassé. Provocatrice et tentatrice comme elle savait si bien l’être, la brune fait lentement glisser ses doigts le long des hanches de son compagnon, dévie le long de l’intérieur de ses cuisses, revient sur ses pas pour mieux se frayer un chemin jusqu’à ses fesses. De son autre main, elle s’agrippe à sa chevelure sans jamais cesser de capturer sa bouche. Elle recule dans le même temps en direction du lit, l’attirant dans son sillage et finissant par se détacher de lui uniquement pour mieux presser l’une de ses mains sur son torse, l’invitant plus ou moins fermement à s’asseoir pour mieux le rejoindre. Outre la satisfaction certaine qu’elle avait à ainsi le chevaucher, Enóla estimait que c’était encore le plus simple au vu des blessures du musicien. Mais au fond, peu lui importait tant qu’elle avait la garantie qu’il ne cesserait jamais de la gratifier de ses attentions, tandis qu’elle-même se mettait à onduler son bassin contre le sien, ses propres lèvres descendant le long de son cou, puis de son torse, goûtant à sa peau entre deux soupirs envieux.

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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Mar 5 Sep - 11:59

Il aurait pu laisser sa dague où elle est. Il aurait pu, mais il ne l’a pas fait. Peut-être par pure provocation, pour attiser la curiosité d’Enóla, dont il a vu le regard vert passer de lui à son arme, la fixer trop longtemps, comme pour tenter d’en extraire tous les secrets par la seule force de ses prunelles.
(combien a-t-il tué, avec cette lame, avec cette main)
Il est prêt à plaider la prudence, laisser une arme à terre est dangereux et il préfère ne pas s’empaler sur ses propres lames par inadvertance, mais il sait que l’excuse sonnera tout aussi faux à voix haute que dans sa tête.
(il est pire que tout)

Garth n’ose pas la quitter ses yeux. Chaque geste est trop lent, trop douloureux, le dévore et le mord au creux de son ventre. Elle chasse sa main, moqueuse, lui indique qu’elle décide, et par pur esprit de contradiction, il a d’autant plus envie de tout arracher. De reprendre une de ses dagues et de découper tout ce tissu qui se place entre le corps d’Enóla et le sien, de transformer sa robe en pauvres guenilles qu’elle ne pourra jamais remettre. Qu’elle reste nue pour toujours, et il sera bien satisfait. Il reste pourtant sage, les bras de chaque côté du corps, ceux-ci agités de si infimes tremblements, de se retenir de la toucher. D’arracher. De mordre.
(combien en a-t-il caressé, avec cette main)
Les fibules et le châle, d’abord, soigneusement déposés. Les lacets, relâchés, qui permettent à la robe de glisser sur ses épaules, puis tout le long de ses bras. Tout le long de son corps. Il n’a pas assez de ses yeux, pour tout regarder, pour tout détailler, le regard d’un animal affamé devant une proie particulièrement appétissante, et pourtant le toucher aussi délicat et hésitant que s’il touchait une chose des plus éphémères. Des plus susceptibles de s’évaporer, comme un rêve, comme une bulle, s’il ose réellement la toucher. Pourtant, Enóla ne disparaît pas, alors qu’il fait glisser ses mains sur sa peau pâle et les cicatrices encore plus claires, sans même s’attarder sur celle qu’il connaît sans jamais avoir vu. Il a déjà hâte de l’embrasser, de la tracer de sa langue, de descendre pour détailler chaque contour de sa poitrine, de son ventre et plus bas encore, jusqu’à découvrir le cœur brûlant de ses jambes. Tâter ses muscles, leur longueur fine qui témoigne de sa vie, des courses dans les bois et des armes bandées, brandies, lancées, maniées avec finesse. Des images qui court-circuitent son cerveau, sa pensée, qui le paralysent dans ses propres gestes. Presque gourds. Trop lents. Le sang situé dans un tout autre endroit.

Son visage se fait subitement encadrer de deux longues mains, aux cals doux contre les doigts et les paumes. Enveloppé de chaleur. « Ne laisse jamais personne te tuer, Garth. » Il voudrait rire, mais il répond uniquement par un signe de tête léger, à peine une inclinaison. Il n’en a jamais eu l’envie, même s’il court la mort et les problèmes par-delà les chemins, et encore moins l’intention.
Enóla l’embrasse et il sent ses mains courir jusqu’à sa ceinture. Aussitôt, l’une des siennes quitte la taille de la chasseuse afin de retirer sa deuxième dague, encore attachée à sa ceinture. Le fourreau atterrit dans un bruit mou, sur la robe abandonnée au sol. Si la lame était découverte, elle y découvrirait autant de sang que sur sa jumelle. Des mensonges et des cachettes, des mystères, des secrets qui ne se découvriront peut-être jamais. Garth revient dès lors, une fois toutes les armes déposées, à l’attaque et à la découverte du corps nu tout appuyé contre le sien. Il apprécie le contact des courbes sous ses paumes, frissonne à chaque exploration faite de sa part, et ne s’oppose pas un seul instant au pantalon qui s’échoue au sol, le laissant aussi nu qu’elle.
(il aime qu’elle le touche)
(combien ces mains ont-elles tué)
(touché)
(sienne)

Assis sur le lit, tout se rapproche. Le mouvement du bassin qui l’hypnotise, le torture un peu plus, attise sa faim de ce qui est si proche. Sa main valide – il ne sait même plus laquelle, entre celle estropiée et celle blessée – glisse entre les cuisses d’Enóla. Son sourire se fait canaille, presque grotesque tant il recèle de malice et d’amusement, de satisfaction à ce qu’il trouve sous ses doigts, aux soupirs qu’il tire de la brune et aux siens qui lui répondent. « Tu vas me rendre fou », qu’il grogne, à peine audible tant sa voix est basse et rauque, tant il a l’impression qu’il est tout entier possédé par son désir. Il n’a jamais vécu cela – jamais à ce niveau quasi débilitant, électrisant. Il y a encore l’adrénaline de la chasse à l’homme dans le palais, encore l’odeur du feu qui dure sur sa peau et ses vêtements, encore le goût du sang sur sa langue, et tout se mêle au jeu, au désir, à ce qui enfin se libère et s’ouvre. Enóla, tant rêvée, tant fantasmée, et rien de tout cela n’accote la réalité. Pas un seul instant. Il ne sait même pas s’il réussira à se souvenir de tout cela. Il a l’impression d’être saoûl, l’esprit trop léger, perdu. Il se penche vers l’arrière, afin de mieux regarder Enóla, pour la voir toute entière de ses deux yeux brûlants, étend son dos endolori contre la couverture. « Ça fait si longtemps que j’ai envie de toi. »
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Enóla Sivertsen
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AGE : Trente-quatre ans
STATUT CIVIL : Divorcée
METIER : Chasseur
LOCALISATION : Isenseg

INVENTAIRE : joker n°1.
Un arc offert par sa famille auquel elle tient comme à la prunelle de ses yeux, un carquois plein de flèches. Un couteau de chasse à hauteur de la ceinture, un autre plus petit glissé dans la botte. Elle peut avoir également une besace lors de plus longs trajets contenant de l'eau, un peu de nourriture séchée, de la corde et une petite statuette de bois représentant une femme qui lui ressemble étrangement.
Elle a également quelques pièges en réserve qu'elle dépose à certains endroits stratégiques aux alentours d'Isenseg et elle va en vérifier les prises tous les jours.

Listen, listen. I would take a whisper if that's all you have to give, but it isn't. You could come and save me. Try to chase it crazy right out of my head.




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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Mer 6 Sep - 1:31


C'est la faute aux loups.
- Ah ouais... C'est un style quand même les loups qui te laissent qu'une entaille sur le bras. Nouvelle espèce ?
Garth & Enóla


Elle appréhende malgré tout, comme cela ne lui était pas arrivé depuis une éternité. Elle n’avait plus peur des hommes et de leurs regards depuis longtemps, pourtant avec Garth, c’est différent. En partie parce que cela fait quinze ans qu’il désire et réclame cet instant, en partie parce qu’il a sûrement connu d’autres femmes plus belles qu’elle -trop de femmes, qu’elle pense- et enfin également parce qu’il y a toujours un peu de cette gamine admirative en elle. Cette gamine qui n’avait jamais envisagé que tout cela puisse se produire, n’avait jamais pensé que Garth puisse s’intéresser à elle un jour et qui n’avait pas non plus cru possible de s’intéresser à lui en retour. Pas de cette façon, de cette manière plus profonde qu’un simple désir de chair, quoi qu’elle puisse en dire. Tout lui fait peur en vérité, que cela se passe bien ou mal, elle est terrifiée quelque part. Une angoisse sourde, qui s’atténue toutefois, suffisamment pour laisser le désir reprendre le dessus, lorsque les doigts du scalde finirent par glisser le long de sa peau désormais découverte. L’inspiration est profonde, elle en retient presque son souffle à vrai dire, quand lui-même parcourt sa peau en faisant preuve d’une délicatesse qu’elle ne lui aurait pas soupçonné. Elle se sent précieuse Enóla, importante, belle. L’espace d’une seconde, elle croit même qu’il prend conscience de sa fragilité et qu’il cherche à en prendre soin. Elle se fait des idées, sûrement, mais cela suffit pour qu’elle se détende sous les caresses infimes de l’homme qui lui fait face, pour qu’elle finisse par reprendre sa respiration et ses idées au passage, daignant enfin bouger en s’emparant du visage de son comparse, pour mieux lui intimer de ne jamais mourir. Pas maintenant, ni demain, ni jamais. Peu importait le valhalla, la gloire, l’honneur ou toutes ces conneries qui pourraient lui prendre son scalde. Il devait juste rester en vie, et tout faire en ce but. Tout faire pour lui revenir, comme il l’avait dit. Et ce ne fut qu’en percevant cet infime signe de tête, qu’elle interprète comme étant une promesse qu’il a intérêt de tenir, qu’elle se décida à l’embrasser de nouveau, à balayer la gêne et l’appréhension qui la saisissait pour se concentrer uniquement sur ses envies et désirs. L’envie de le toucher, de caresser chaque parcelle de sa peau et de découvrir le moindre de ses muscles. Son désir qui lui hurle de cesser ce petit manège, d’en venir aux choses sérieuses. Une injonction à laquelle ses mains obéissent instinctivement, débouclant la ceinture et faisant rapidement suivre le pantalon tandis que la brune savourait dans quelques frissons l’exploration de son corps à laquelle s’adonnait le poète. Elle en vient même, l’espace d’une seconde, à se demander quelles rimes pathétiques il serait capable de trouver pour définir l’instant qu’ils vivaient.

Ses interrogations puériles s’envolent toutefois et la chasseuse ne parvient qu’à presser un peu plus son amant, parcourant son corps tout en le guidant jusqu’au lit, le contraignant à s’assoir dessus avant de le chevaucher à son tour. Et elle provoque, elle cherche, elle s’amuse à sa façon à ainsi onduler contre lui. Elle l’embrasse toujours, et quand elle ne le fait pas, elle se refuse malgré tout à trop éloigner son visage du sien, afin de ne rien manquer de ses soupirs ou de ses grognements, les appréciant comme s’il s’agissait de la plus belle des récompenses. La plus belle des satisfactions. Mais si la chasseresse cherche des preuves du plaisir du brun, elle-même ne peut faire autre chose qu’en offrir en retour lorsque les doigts du scalde glissèrent jusqu’entre ses cuisses, la gratifiant d’attentions nouvelles, plus sensuelles, plus aguicheuses. Enóla s’y abandonne volontiers, les yeux mi-clos alors qu’elle soupire de satisfaction et de plaisir, ne pouvant toutefois retenir un léger ricanement lorsque Garth affirme qu’elle va finir par le rendre fou. Douce ironie, au vu de la torture, certes délicieuse, qu’il lui fait subir en cet instant précis. Douce ironie, quand elle songe au fait qu’il était celui qui la rendait dingue depuis quinze ans, à toujours esquiver ses questions les plus sérieuses, la faisant virer chèvre avec ses mensonges et ses jeux. Mais de cela, elle préfère ne pas en parler. En vérité elle n’y songe pas vraiment, trop obnubilée par son propre désir, une envie qui la consume, qui lui fait pousser le vice un peu plus loin. « Tu l’es déjà. » Qu’elle souffle au creux de son oreille, chaudement, une pointe d’ironie et de provocation au fond de la voix tandis qu’elle sous entendait sans gêne quelconque qu’il était fou d’elle depuis bien longtemps déjà. Ça lui plaît que d’imaginer que ça puisse vraiment être le cas, et de toute manière ça la rassure que de jouer les femmes fortes qui ne doutent pas de leur potentiel de séduction. Elle mordille alors le lobe, part de là pour tracer un sillon de sa langue le long du cou du brun, puis plus bas encore, avant que le concerné ne lui échappe en s’allongeant sur le lit, vrillant sur elle un regard si ardent qu’elle a l’impression d’être véritablement brûlée, quelque part. C’est pire encore lorsqu’il reprend la parole.

La brune ne doute pas du désir du scalde à son égard, consciente de son envie de la faire sienne depuis des années et si l’entendre le lui dire de vive voix a quelque chose de flatteur, sans parler du fait qu’elle appréciait toujours le moindre élan d’honnêteté de la part de Garth, cela la renvoie à d’autres sentiments plus compliqués. « Je devrais te faire attendre une éternité de plus. Qu’elle lâche dans un murmure, ses prunelles brièvement perdues dans le vague finissant par s’ancrer dans celles de son interlocuteur. Enóla s’était immobilisée, ses mains reposant sur le torse de son amant, ne lâchant pas des yeux ce dernier tandis qu’elle hésitait à parler. Elle devrait, oui. Elle aurait dû ne jamais l’embrasser dans cette ruelle, ne pas se jeter sur lui comme elle l’avait fait. Ne pas craquer, tout simplement. Après tout, pourquoi les désirs de chair du brun, aussi anciens soient-ils, devraient primer sur ses envies à elle ? Pourquoi devrait-elle lui succomber, tout en le laissant entretenir le mystère quant à ses activités véritables. Pourquoi devrait-elle perdre pour un homme, aussi important soit-il à ses yeux. La vérité était cependant aussi simple qu’elle était insatisfaisante pour la chasseuse. Mais j’en meurs d’envie aussi. » Conclut-elle finalement, rappelée à lui par les caresses dont il la gratifiait encore, rappelée par le goût de sa peau et de ses lèvres. Et plus encore, tentée par ce désir palpitant logé si proche de son entrejambe à elle. Tentée au point qu’elle n’a plus envie d’attendre, plus envie de parler ni même de réfléchir. Elle se penche sur lui, l’embrasse, caresse son torse d’une main tandis que l’autre descend bien plus bas pour le gratifier de nouvelles caresses audacieuses : les derniers préliminaires avant qu’elle ne le guide en son sein. Et que c’est bon, de l’avoir finalement en elle. Elle en gronde de plaisir, mord la lèvre inférieure du scalde sous le coup d’une vague de plaisir. Et ce n’était que le début. Le début d’une longue série d’ondulations, de va et viens. Le début de sa mélodie, constituée pour l’heure de soupirs, de gémissements. Elle s’attarde, ainsi allongée contre son corps, mais finit par se redresser. Elle se met en scène, s’exhibe, fait la fière. Une main toujours posée sur le torse de son amant, l’autre repoussant sa chevelure en arrière alors qu’elle se mordillait la lèvre inférieure sans le quitter des yeux. Elle prend le contrôle, en profite, le dévore des yeux au passage. Elle le parcourt inlassablement, finit par se soucier de son propre plaisir à elle en guidant parfois les mains du scalde, l’incitant à s’agripper à des courbes précises, le pressant en silence à emprisonner un sein entre ses doigts. Le tout sans jamais cesser ses mouvements de bassin, langoureux.  

Si la position lui convient pendant un moment -bien qu’elle soit incapable de dire combien de temps elle se prête à cet exercice-, Enóla finit par en vouloir plus. A vouloir différemment. Prends moi, qu’elle gronde au creux de son oreille dans un souffle agité, sa respiration se faisant progressivement anarchique. En cet instant précis, elle se contrefoutait des blessures de Garth. Il n’avait qu’à assumer ses conneries, sa manie de se mettre en danger, et tout le reste. Assumer la plaie récente qui barrait son bras, les élancements qui devaient le saisir. Elle voulait qu’il prenne le dessus, dans tous les sens du terme, qu’il y mette du sien bien plus qu’il n’a pu le faire avec d’autres femmes. Qu’il la marque, et pas simplement en mordant son cou comme il avait pu le faire plus tôt. Après tout, n’avait-il pas voulu la faire sienne ? Et s’il devait rouvrir des blessures, s’il devait saigner dans ce même lit pour ça, alors ainsi qu’il en soit ainsi. Elle se contrefoutait de sa douleur. Royalement. Tout ce qui importait à la chasseuse, c’était la sensation exquise de n’avoir jamais connu un tel désir, jamais connu un besoin aussi pressant de l’assouvir. Aussi savait-elle qu’elle ne se contenterait pas d’une fois.

Tu vas me rendre fou, qu’il disait. Ce n’est que le début, aurait-elle pu rétorquer.

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Garth Sturtsen
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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Mar 19 Sep - 5:02

Il s’éveille une première fois.
Confus.
Agréablement confus.
Les yeux entrouverts, dans la pénombre de la nuit, il distingue à peine les vallons de la femme nue allongée à ses côtés. Elle lui fait dos et il lui faut un temps, avant que son esprit connecte tous les points. Comprenne tout. Se souvienne de tout. Il y a la chaleur de ce dos, de cette nuque, de ces fesses, et Garth, dans son demi-sommeil se presse contre ce corps tiède qui épouse si bien le sien. Le visage dans ces cheveux sombres, emmêlés, au parfum qui dénote plus que clairement leurs activités précédentes. Son propre corps est entièrement endolori et même la douleur s’est endormie. Elle a été vive, tout au long de leurs ébats, alors que leurs sages préliminaires se sont transformés en chevauchée sauvage - à la demande de la dame. Et à son propre désir, car il est très loin d’avoir été forcé. Les élancements ont voyagé de ses bras jusqu’à son dos, en succession d’éclairs furieux qui crispait ses membres, mais il a tout ignoré. Tant pis s’il a aggravé son cas. Tant pis. Elle l’a réclamé. Prends-moi. Et il l’a fait. Par les dieux, par Freyja, il l’a fait, et… il recommencerait.
Sur son visage, un demi-sourire canaille s’esquisse, et ses dents doucement mordillent la chair de cette épaule offerte à sa bouche, remontent sur un cou qui se tend, imperceptiblement, à sa caresse. Il s’arrête, pourtant, repose sa tête, et le silence, le sommeil, revient le cueillir.
Il recommencera, mais une autre fois.

♦♦♦♦♦

Il s’éveille une deuxième fois.
Paniqué.
Le souffle court, il cherche quelque chose dans le lit, rabat les couvertures d’un côté et de l’autre. Il marmonne, mais rien qui soit compréhensible, bouillie étrange de mots mâchés qui se frappent sur ses lèvres à peine entrouvertes. Ses yeux vitreux, absents, ni présents, ni vivants, alors que le cauchemar a brisé son sommeil si vivement qu’il en est encore prisonnier. Le scalde cherche, traque, des ennemis qui ne sont point là, qui ne peuvent rien contre lui, à cet instant. Il s’empare subitement du poignet d’Enóla et le tord, jusqu’à ce qu’elle le frappe de sa main libre afin qu’il la lâche. Immobile, Garth la regarde enfin dans les yeux, devenu silencieux. Le souffle court, erratique, jusqu’à se calmer. « C’est toi », murmure sa voix rauque. Lentement, Garth desserre sa prise et s’allonge à nouveau sur la paillasse, aux côtés de la femme, comme si de rien n’était. Il se rendort comme une masse. La main crispée à sa taille, en recherche d’une arme qui n’y est pas.

Il ne se rappellera de rien.

♦♦♦♦♦

Il s’éveille une troisième fois.
Pour de bon.
La tête couchée tout contre la poitrine d’Enóla. Vision de rêve. Son corps marbré de marques de ses ongles, de ses doigts, de traces de sang séché. Ses propres membres en sont baignés. Sa langue, taquine, trace le contour de ses seins, dans une caresse qui fait grogner, gronder, la chasseuse, jusqu’à ce qu’elle ouvre un oeil vert sur lui. Puis deux. Il cesse ses attentions, remonte son visage jusqu’au sien, effleure ses lèvres. Sourit, doucement. « Je pourrais t’attacher ici et te garder pour moi », qu’il murmure, un sourcil haussé à cette alléchante proposition. Il sait que c’est idyllique, utopique - sa seule condition physique actuelle l’empêche de pouvoir prêter serment, alors qu’il en rêverait. Il a besoin d’un soigneur digne de ce nom, pour les blessures engourdies qui s’éveillent au même rythme que lui, se rappelant à son esprit. Le sang qui recouvre leurs corps et les draps est le sien.
Il n’est pas pressé de sortir de cette chambre. Garth le sait : du moment où il sortira de cette chambre, ou même, simplement de ce lit, tout sera terminé. Le charme rompu. Et bien d’autres choses, encore.
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Enóla Sivertsen
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Un arc offert par sa famille auquel elle tient comme à la prunelle de ses yeux, un carquois plein de flèches. Un couteau de chasse à hauteur de la ceinture, un autre plus petit glissé dans la botte. Elle peut avoir également une besace lors de plus longs trajets contenant de l'eau, un peu de nourriture séchée, de la corde et une petite statuette de bois représentant une femme qui lui ressemble étrangement.
Elle a également quelques pièges en réserve qu'elle dépose à certains endroits stratégiques aux alentours d'Isenseg et elle va en vérifier les prises tous les jours.

Listen, listen. I would take a whisper if that's all you have to give, but it isn't. You could come and save me. Try to chase it crazy right out of my head.




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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Mar 19 Sep - 23:22


C'est la faute aux loups.
- Ah ouais... C'est un style quand même les loups qui te laissent qu'une entaille sur le bras. Nouvelle espèce ?
Garth & Enóla


Elle s’éveille une première fois.
Inquiète.
Rapidement soulagée.
Ses prunelles captent d’abord les fenêtres closes et l’absence de rayon de soleil filtrant à travers elles si bien qu’Enóla comprit qu’il était encore tard. Il était tard, pourtant elle n’est pas seule. Elle qui s’était demandé ce que ferait Garth dès lors que son désir aurait été rassasié, avait été rassurée de voir qu’il était resté malgré tout, qu’il n’était pas parti une fois son envie assouvie. Mais une inquiétude sourde s’était emparée celle : allait-il partir au beau milieu de la nuit, tel un voleur ? La présence d’un corps contre le sien, dans son dos, suffit à la soulager. Il n’avait pas fui et bien qu’elle-même admettait que cela aurait été sûrement plus simple pour eux deux de ne pas avoir à se parler au lever du jour, elle était au fond ravie de constater qu’elle n’était pas de celles qu’il abandonnait peut-être sans une once de respect. Muette, ce fut dans l’esquisse d’un sourire qu’elle passa plusieurs minutes à écouter le bruit de la respiration contre sa nuque, à savourer le souffle qui chatouillait sa peau. A apprécier sa présence, tout simplement. Son scalde, si proche et si lointain à la fois. Immobile, la chasseuse commence par hésiter, se posant de nouveau trop de questions. Sa main finit toutefois par se mettre en mouvement, doucement, et vient chercher celle de Garth dans son dos. Délicatement, de crainte de le réveiller, elle la ramène par-dessus son propre corps, le contraignant ainsi à l’enlacer et laissant les trois doigts restants au scalde se refermer sur ce qu’ils désiraient. Leur proximité désormais accentuée, ce fut avec une incroyable facilité, et dans un soupir de bien être, que la brune se rendormit.

------------

Elle s’éveille une deuxième fois.
Malgré elle.
Ce fut l’agitation soudaine qui gagna les draps qui la contraignit à rouvrir les yeux, dans un froncement de sourcils. Encore endormie, la femme se redresse bien vite toutefois en découvrant le scalde lui-même redressé et en train d’agiter les couvertures en tous sens, comme à la recherche de quelque chose. Elle ne comprend pas ce qui lui prend et son regard témoigne de son incompréhension. Enóla ne comprend pas un mot de ce qu’il grommelle dans son coin et aurait commencé à s’inquiéter s’il le lui en avait laissé le temps. Mais à peine avait-elle esquissé un mouvement en sa direction, à savoir sa main qui s’avançait afin de l’effleurer dans un geste rassurant, que les doigts du scalde crochetèrent son poignet et l’emmenèrent dans un mouvement inadapté. Dans un hoquet de surprise, et à moitié de douleur, ce fut instinctivement que la chasseuse se contorsionna pour que son bras suive le mouvement au maximum, afin d’éviter qu’il ne le lui brise définitivement le poignet, tandis que sa main libre se transforma en poing. Le coup part, sans qu’elle ne sache vraiment ce qu’elle touche, et aussitôt l’agression à son égard prend fin, la laissant stupéfaite et le souffle court. Ce n’est qu’à ce moment précis que Garth semble la voir et la chasseresse n’a pas le temps de s’offusquer ou de réclamer des explications que déjà une poignée de mots échappent au brun. C’est toi. Un simple souffle tandis qu’il semblait seulement prendre conscience de ce qui était pourtant une évidence. Enóla quant à elle, ne parvient pas à répliquer, trop focalisée sur l’expression à la fois paniquée et abasourdie de son compagnon. Indéniablement, il semblait avoir cauchemardé et sa façon de la lâcher pour mieux se rallonger, et se rendormir tout aussi vite, ne fait qu’en témoigner.

Elle n’a rien dit. Elle n’a rien fait. Elle se contente de l’observer sans un mot, lui et sa main crispée qui contrastait avec sa respiration qui se fait de plus en plus détendue. L’orage était passé. Pour le moment, qu’elle se dit presque tristement, malaxant doucement son poignet endolori. Mais elle s’en fiche, de ce poignet blessé. Elle s’en fiche car elle n’a d’yeux que pour lui, lui et ses angoisses, lui et ses cauchemars. La brune a toujours vu en Garth un homme débrouillard et depuis des années, à force d’imaginer le pire quant à ses activités, elle le voyait surtout en prédateur. Cette nuit là, elle comprit qu’il pouvait également être proie. Qu’il craignait d’en être une, ou peut être qu’il l’avait déjà été et en avait été profondément marqué. Il était sur le qui-vive, sûrement continuellement et elle commençait seulement à le voir. Enóla en vint à le maudire une fois de plus pour ses silences, pour sa manie de ne pas vouloir lui révéler la vérité, tandis que dans le même temps, la mention de mercenaire se voyait rayée de son esprit. Un mercenaire n’a pas à craindre pour sa vie même une fois la nuit tombée. Pas comme ça.  Hésitante -encore- la brune tend doucement les doigts vers le scalde mais s’interrompt dans son mouvement. Elle a peur de le réveiller, peur qu’il se méprenne quant à la nature de la présence à ses côtés. Elle ignore combien de temps elle passera encore à le regarder, les doigts suspendus dans les airs, avant de se décider à l’effleurer. Doucement, elle caresse sa main, referme ses doigts autour des siens comme pour le détendre alors qu’elle se rallongeait docilement à ses côtés. Ou plutôt, tout contre lui. Ses lèvres gratifient son épaule d’un baiser papillon avant qu’elle ne niche sa tête dans son cou, se pressant contre lui en quelques gestes lents et mesurés. « Ne laisse personne te tuer… » Murmure-t-elle à nouveau avant de fermer les yeux.
Le sommeil mettra du temps à la saisir de nouveau. Et si cette scène allait s’effacer de la mémoire du scalde, elle serait au contraire gravée au fer rouge dans celle de la chasseuse.

------------

Elle s’éveille une troisième fois.
Avec délice.
Les grognements sont mitigés, à la fois témoins de son mécontentement à l’idée d’être réveillée et à la fois de sa satisfaction face aux sensations qui la gagnaient dès le réveil en question. La brune finit toutefois par braquer un œil, puis le second, en direction du scalde qui n’attend pas plus longtemps pour ramener son visage vers le sien. Le sourire qu’il lui offre suffit à lui en arracher un en retour, avant qu’elle ne se mette à ricaner, amusée à l’idée qu’il puisse envisager de la retenir ici. « Tu sais parfaitement que tu me retiendrais plus efficacement avec des mots qu’avec des liens. Rétorque-t-elle simplement, l’esquisse d’un sourire aux lèvres, faisant allusion à cet aveu qu’elle désire depuis quinze ans maintenant. Conciliante toutefois, la brune rajoute une dose d’humour à ses propos en guise d’échappatoire pour le scalde : Et puis, pour rappel, cette chambre n’est pas gratuite. La petite touche d’ironie lui arrache un plus large sourire, avant qu’elle ne garde de nouveau le silence, son regard ancré dans celui du brun. Elle sait que si l’un d’eux partait, cela mettrait fin à beaucoup de choses. Elle ne sait pas vraiment ce qui changera, ne sait pas vraiment ce que sa cervelle ira lui reprocher ou non dès lors que Garth aura quitté la pièce. Mais quelque chose changera. Et elle ne le souhaite pas vraiment, de crainte que cela n’aille pas dans le bon sens, alors elle passe le temps en silence. Ses doigts glissent instinctivement le long d’un des bras de Garth, le caressant en de longs allers et retours, ignorant les plaies et le sang qui les souillait tous les deux -elle n’aurait pas plus d’égard pour ses blessures maintenant qu’elle n’en a eu durant leurs ébats- et si elle est à l’aise avec ce silence et leur inactivité, appréciant la quiétude qui s’en dégageait, cela ne dure pas. Tu dois reprendre ta vie. C’est ce qu’elle se dit, considérant que sa nuit passée avec Garth n’avait été qu’une douce parenthèse dans leurs vies respectives. Elle s’en souviendrait sûrement éternellement, et il y avait fort à parier également que si son compagnon se devait à retenter de la séduire à l’avenir, il serait plus difficile encore de lui résister au vu de ce qu’il s’était passé cette nuit là. Pourtant, cela ne signifiait sûrement pas grand-chose pour lui. Pour elle, c’était moins sûr, bien qu’elle s’efforce de ne pas y penser. Je dois retrouver Silke, et les autres. Finit-elle par souffler, tout sourire ayant quitté son visage. Et rentrer. Complète-t-elle simplement, détournant le regard pour essayer de capter un rayon de soleil à travers les volets. Etrangement, elle n’ose pas le regarder quand elle explique devoir partir. Mais c’est plus simple de l’observer de nouveau quand elle lui retourne la question. Et toi ? Tu vas rester à Solstheim ? » Ce fut sans trop vraiment le remarquer que les doigts de la brune dévièrent légèrement, les caresses sont toujours aussi douces mais insistent inconsciemment sur les plaies récentes du brun. Elle avait pris un peu plus conscience des dangers qu’il côtoyait. Elle avait également compris qu’elle ne voulait pas qu’il les côtoie encore tandis qu’elle demeurerait chez elle, ignorante de tout.

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Garth Sturtsen
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IDENTITY : Fred, deadpool.
FACECLAIM : Tom Riley + coatlicue.
runner on the loose
AGE : Trente-sept ans.
STATUT CIVIL : Célibataire au coeur mou.
METIER : Scalde moisi.
LOCALISATION : Sur les routes, aux côtés de Verdandi.

INVENTAIRE : joker n°1 • une lyre et une flûte en corne, dont il joue encore plus mal que tout ce que vous pouvez imaginer • deux dagues, une dans sa botte et l'autre à son côté gauche • vêtements, cordes et collets, champignons séchés, peigne en os, une gourde de vin et d'eau mêlés : nécessaire du petit voyageur exemplaire • une amulette de fer rouillé, gravée d'une rune (perth) et d'un croissant de lune




And when they've given you their all
Some stagger and fall
After all it's not easy
Banging your heart against some mad buggers wall


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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Sam 30 Sep - 5:02

Comme toujours Garth est satisfait de la voir réagir à ses boutades et ses crétineries, ricaner à ses mots tendancieux - et tout aussi ravi qu’elle y réponde avec la même malice. Comme un adolescent qui tente d’impressionner, de charmer, plus que maladroitement. « [...] Et puis, pour rappel, cette chambre n’est pas gratuite. Mon charme saura bien nous acheter la paix », qu’il essaie de frimer, mais il sait que l’argument ne tiendra pas. Pas alors que son charme est lui-même bien attaché à Enóla, pour encore quelques temps. Son corps se dépose à nouveau à ses côtés, ses bras se faisant faibles, fatigués. Ils ne se quittent pas des yeux, paisibles dans le silence de la chambre, et il ne se dérobe pas à ses caresses prudentes. Garth ne sait pas qu’il a cauchemardé, les rêves peuplés du palais royal en feu et d’anciens démons, de peurs toujours actuelles. Il dort habituellement du sommeil des justes, qu’importe où sa carcasse se repose, et même si la brune lui racontait l’épisode, il serait dubitatif. Il ignore tout et prend sa douceur pour un simple besoin de repos.

« Je dois retrouver Silke, et les autres. Et rentrer. Elle détourne les yeux et il se retient de faire de même. Un inconfort le prend, un malaise qu’il a envie d’évacuer par quelques blagues nulles, ou quelques chansons superbement faussées. Et toi ? Tu vas rester à Solstheim ? « Les caresses d’Enóla sont prudentes sur ses plaies. La veille, elle ne s’est pas gênée pour lui faire mal, et survolté, il en avait à peine conscience. Aujourd’hui, même du bout des doigts. il tressaille de douleur. Ça lui apprendra. « Peut-être. Peut-être pas. Verdandi a quelques trucs à faire ici, encore, j’crois, donc je vais l’attendre avant de repartir. Avec tout ce qui s’est passé hier… voyager seul n’est pas une bonne idée. » Puis, voyager sans Verdandi, il ne fait plus cela depuis très longtemps ! Qui donc lui raconterait la fin du monde à tous les soirs ? Personne n’épargnera personne. Un frisson glacé remonte le long de sa colonne vertébrale et lui tord les entrailles, et s’accompagne d’une pointe de culpabilité. « Je n’aurais pas dû la laisser seule, hier », qu’il murmure, honteux de lui-même. Quel piètre ami il fait ! A-t-elle rêvé de cet oiseau de mauvais augure, et ces mots qu’elle a elle-même répété si souvent ? Il aurait dû être là pour la réconforter, la rassurer, la sortir de ses cauchemars.
Mais il ne regrette pas son choix. Ne regrette pas la nuit avec la chasseresse, à céder pour une seule fois à leurs instincts. La suite n’aura rien de simple, par contre, et rompre l’instant le rebute de plus en plus.
Le scalde remarque que les doigts d’Enóla s’attardent sur la blessure causée par le poignard de l’assassin, et sa main vient capturer la sienne. « Et ne t’inquiète pas. Un garde a voulu nous empêcher de sortir, j’ai réussi à le convaincre du contraire. » Il sourit, fanfaron, sous son oeil au beurre noir, sa pommette fendue, son bras blessé. Ce n’est qu’un demi-mensonge, aisément vérifiable, par ailleurs. Il ne veut simplement pas qu’elle s’inquiète plus. Ou pire : qu’elle s’entête à fouiller dans sa vie, afin d’y déterrer la réalité de sa profession.
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Enóla Sivertsen
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IDENTITY : Drathir
FACECLAIM : Olga Kurylenko (Praimfaya)

AGE : Trente-quatre ans
STATUT CIVIL : Divorcée
METIER : Chasseur
LOCALISATION : Isenseg

INVENTAIRE : joker n°1.
Un arc offert par sa famille auquel elle tient comme à la prunelle de ses yeux, un carquois plein de flèches. Un couteau de chasse à hauteur de la ceinture, un autre plus petit glissé dans la botte. Elle peut avoir également une besace lors de plus longs trajets contenant de l'eau, un peu de nourriture séchée, de la corde et une petite statuette de bois représentant une femme qui lui ressemble étrangement.
Elle a également quelques pièges en réserve qu'elle dépose à certains endroits stratégiques aux alentours d'Isenseg et elle va en vérifier les prises tous les jours.

Listen, listen. I would take a whisper if that's all you have to give, but it isn't. You could come and save me. Try to chase it crazy right out of my head.




(Asunn ♥️)

Sign Isenseg (Winter Soldier)
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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   - Mar 3 Oct - 0:02


C'est la faute aux loups.
- Ah ouais... C'est un style quand même les loups qui te laissent qu'une entaille sur le bras. Nouvelle espèce ?
Garth & Enóla


Il plaisante, comme toujours. Il fait le fier, comme toujours. Elle s’en amuse, comme toujours. Quoi qu’un peu moins que d’habitude, comme si le sourire se faisait progressivement plus forcé, au fur et à mesure qu’elle prend conscience que leur situation ne peut s’éterniser. Ils allaient se quitter, une nouvelle fois. Elle rentrerait chez elle tandis qu’il vaquerait à ses propres occupations, jusqu’à la prochaine fois. C’est comme d’habitude, qu’elle se dit, pourtant elle n’y croit pas vraiment. Elle n’y croit pas tandis que Garth se rallonge doucement à ses côtés, lui rappelant de ce fait qu’il était dans un sale état et qu’elle ne s’en était pas souciée jusqu’alors. Elle ne s’en souciait toujours pas. Après tout, il lui disait sans cesse de ne pas s’inquiéter pas vrai ? Elle n’allait donc pas s’inquiéter en cet instant précis, pas alors qu’elle était là. Elle n’avait peur pour lui que lorsqu’elle était au loin, ignorante de tout. Or, elle serait bientôt au loin, et elle le lui rappelle dans un souffle, détournant le regard tandis qu’elle avouait devoir retrouver sa jarl, d’autres proches d’Isenseg. Il lui fallait rentrer. Mais avant cela, elle l’interroge, cherche à savoir ce que lui fera. Restera-t-il à Solstheim ? Ou bien, et son cœur loupe un battement lorsqu’elle y pense, la suivra-t-il ? La réponse ne tarde pas et le petit grain de folie, le petit grain d’espoir, se mue en amertume. Il ne sait pas ce qu’il fera, car tout cela dépendrait de Verdandi. Evidemment. Impossible, ou presque, de les voir séparés. Ils avaient appris à voyager ensemble et à vivre ensemble. Et de toute manière, Garth est un nomade, un nomade qu’elle ne voulait pas enchaîner. Enóla n’est donc pas surprise par la réponse du scalde, mais elle avait espéré autre chose. Elle espérait autre chose depuis qu’elle avait fini par l’embrasser dans cette ruelle, la veille. Douce naïveté. La chasseuse se juge idiote, mais c’est pire encore lorsque l’homme à ses côtés évoque le sentiment de honte qui l’étreint, dans un murmure. Je n'aurais pas dû la laisser seule hier, qu’il dit. As-tu seulement pensé à moi ?, songe-t-elle en retour, une pointe de tristesse se fichant quelque part. Elle comprenait la culpabilité du brun pour l’avoir elle-même éprouvé en ayant fui le palais et les festivités. Elle s’était inquiétée pour Silke, pour les autres qui étaient sûrement restés coincés dans ce guet-apens. Pourtant, une fois à l’abri, c’est le nom du scalde qui lui est venu à l’esprit. Son nom, qui l’a poussée à rebrousser chemin en direction du palais. Et lui, avait-il pensé à elle ? Avait-il été prêt à agir pour elle, ou les dieux avaient-ils simplement cru bon de le mettre sur sa route, juste pour pouvoir rire des deux idiots qu’ils étaient ?

Muette, Enóla préfère ne pas relever, pour ne rien révéler des sentiments qui l’agitaient avec férocité. Pour ne pas qu’il décèle l’amertume au fond de sa voix, la jalousie naissante qui lui broyait les tripes et une colère, retenue depuis quinze ans, qui lui intimait de foutre le camp sur le champ. De l’abandonner là, tout en faisant croire que c’était facile de le laisser. Ce fut cependant dans un frisson surpris qu’elle finit par tourner la tête vers lui. Il venait de s’emparer de sa main, la brune ayant presque oublié qu’elle avait continué de l’effleurer du bout des doigts comme si elle était née pour ça, et désormais le voilà en train d’essayer de l’apaiser. Au fond, elle est soulagée qu’il se soit trompé quant aux raisons de sa tension actuelle. « Tu plantes un garde durant les festivités du roi et je suis censée ne pas m’inquiéter ? Lâche-t-elle pour toute réponse, haussant un sourcil après avoir jeté un bref coup d’œil à la dague encore tâchée de sang qui trônait sur un meuble à l’autre bout de la pièce. Une manière bien particulière de convaincre les gens. Toutefois, la chasseuse n’imagine pas que Garth puisse lui donner des explications supplémentaires. Au mieux il gardera le silence pour toute approbation, au pire il mentira. Et elle ne voulait pas de ses mensonges, pas ce matin, pas alors que ça ternirait l’éclat de cette nuit passée ensemble. C’est par ailleurs en hommage à cette nuit que les lèvres de la femme glissèrent sur l’épaule de son compagnon, le gratifiant d’un baiser avant qu’elle ne se redresse sur le lit. C’était bien. C’était beau. C’était bon. C’est ce qu’elle se dit, encore trop attachée aux sensations divines procurées par les caresses du brun et aux battements saccadés de son cœur dus aux baisers échangés pour vouloir foutre tout ça en l’air dès maintenant. Et c’est parce qu’elle ne veut pas bousiller tout ça qu’elle s’empresse de quitter le lit. Tu devrais la retrouver alors. Elle se penche, attrape sa robe malmenée qui avait été abandonnée à même le sol, mélangée aux vêtements du brun. Tu la salueras de ma part. » Verdandi était une amie, tout du moins une personne agréable avec qui Enóla aimait passer du temps. Toutefois elle côtoyait Garth, ce qui avait poussé la brune à se méfier des activités de la conteuse. Elle l’appréciait, mais ne lui confierait pas sa vie. Tout comme elle constatait, une fois de plus, qu’elle avait tout intérêt à ne pas la confier à Garth non plus.

Le tissu remonte sur ses épaules, couvre son corps et c’est d’une main experte qu’Enóla parvient à attraper les lacets de cuir au sommet de son dos, tirant dessus afin d’ajuster la robe et exécutant un nœud sommaire pour faire tenir le tout. Ça ne tiendra pas très bien, mais elle n’a pas envie de demander de l’aide au scalde. Alors elle attendra, de retrouver Thorgad ou quelqu’un d’autre pour ça. Le châle suit le mouvement, les fibules sont replacées et la chevelure est nouée rapidement vers l’arrière. Elle tient à ce que ses cheveux soient attachés, car lorsqu’ils ne le sont pas, c’est généralement qu’elle a pris du bon temps. Et elle ne veut pas que ça se sache, pour Garth et elle. C’est pas sérieux, après tout. En tous les cas, les mouvements s’enchaînent et elle se retrouve rapidement prête. Prête et surtout totalement immobile au milieu de la pièce, se sentant soudainement idiote à être aussi pressée. Inspirant profondément, elle détourne le visage et daigne enfin observer le scalde. Elle hésite, ne sait que dire, quoi avouer. « Sois prudent… Sont les seuls mots qui franchissent ses lèvres, car malgré tout ce qu’elle pouvait penser ou éprouver, cela n’en restait pas moins vrai. Qu’il reste donc en vie, comme il le lui avait plus ou moins promis. Et ce fut ainsi sur ces mots qu’elle se dirigea vers la porte, lui laissant ainsi implicitement le soin de s’occuper de fermer la chambre et de rendre la clé au tavernier quand il partirait. Il avait le temps, car elle ne reviendrait pas dans la pièce avant un bon moment, de crainte qu’il soit toujours là. Mais alors qu’elle s’apprêtait à franchir le seuil de la porte, la chasseuse s’arrête et pivote une dernière fois. Méfie toi… Quand tu dors avec d’autres. T’as le sommeil agité Garth. » Et elle s’en va définitivement sur cette simple remarque, éprouvant une satisfaction un peu malsaine à l’idée de le faire douter, même un peu. Qu’avait-il pu dire dans son sommeil ? Ou faire ? Elle ne lui en dirait rien, espérant simplement que ça l’inquiéterait, lui et sa foutue manie de lui faire des cachoteries.

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Sujet: Re: « C'est la faute aux loups [Garth]   -

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