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 وابق معي إذا أنا سألتك الرحيل (jörvar)
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behind the shield.
there's a warrior.


Sujet: وابق معي إذا أنا سألتك الرحيل (jörvar)    - Jeu 11 Mai - 0:15

Les prunelles restent posées contre sol tandis que les pas se font rapides, incertains, maladroits. L'esclave se glisse au coeur du palais sans dire le moindre mot, sans adresser un regard à qui que ce soit, le coeur au bord des lèvres et les battements plein la tête. Quelques jours à peine se sont écoulés depuis les flammes ; elle en sent encore la chaleur étouffante dans ses poumons, comme la cendre, trop lourde. Mais le pire reste sa peau ; sa peau olive qui, de part ses maladresses écœurantes, craquelle de croûtes difformes et douloureuses. La belle essaie bien de les cacher, sous ses vêtements; cela ne change pourtant rien au fait que la douleur résonne dans le moindre de ses mouvements, que le moindre effleurement la fait grimacer. Au coin de ses yeux, parfois, des éclats de larmes. Elle garde la tête baissée, alors, et serre les lèvres pour ne rien laisser paraître. Sahar garde les plaies contre sa peau comme une marque de son propre échec ; d'autres esclaves se sont soignés, mais la métisse n'en fait pas partie. Les plaies restent contre sa chair ; elle a besoin de les sentir. Besoin de sentir ses fautes sur sa peau. De se blesser, encore et encore, à chaque mouvement, à défaut de pouvoir hurler et pleurer sa peine à chaque seconde. Et au travers des piques de douleur, elle cache aussi sa peur. Sa peur des flammes, sa peur du monde, sa peur de la mort. Elle souffre, pour ne pas trembler. Cache les échos de ses tremblements dans ceux justifiés par la douleur.
Alors, elle avance, tête basse. Elle avance dans le palais, se dirigeant vers les quartiers de Leiknir pour récupérer quelques bêtises certainement oubliées. Elle avance et les pans de sa robe caressent ses fines cuisses martyres, et elle pince ses lèvres pour retenir l'éclat d'une grimace douleur.
La grimace sur les lippes, elle se fait la guerre à elle-même, un pas à la fois.
Elle se punie, un mouvement à la fois.
Les croûtes craquent et les grimaces s'enlacent.
La belle avance toujours plus vite, coupe les coins ronds et fronce des sourcils. L'odeur est encore là ; l'écho des flammes entre les murs du palais. Le parfum de la chair brûlée, sauvagement mélangé aux objets variés. Elle avance un peu plus vite ; elle accélère pour fuir les souvenirs qui s'éveillent à sa mémoire.
Le parfum d'autres corps, d'un autre palais.
Le souvenir de sa liberté oubliée, d'hommes aux moins souillés, de flammes affamées.
Sahar avance plus vite, encore, encore et encore. Elle avance et tourne puis, la tête basse, encore, toujours, le percute de plein fouet. Elle ne l'a pas vu, lui non plus d'ailleurs, ne l'a pas vu. La belle laisse une exclamation quittée ses lèvres si parfaitement scellées, quelques secondes plus tôt. La petite femme lève les yeux vers le colosse pour s'excuser, reculant de quelques pas.
Elle s'empresse de les baisser - on ne les regarde pas dans les yeux, jamais, ils sont toujours plus forts, et parfois, ils peuvent s'imaginer des choses, voir des envies qui n'existent pas - avant de les relever de nouveau, lorsqu'elle réalise qui il est.
Le palpitant calme un peu sa danse folle, le souffle reste précipité, pourtant. L'odeur reste prise dans son nez, et la belle ne peut l'ignorer. Les souvenirs valsent autour d'eux, tandis que son oeil s'agrippe à celui bleu de Jörvar. Elle respire un peu mieux ; Sahar ne l'avouera certes jamais, mais l'homme lui apporte un infini sentiment de sécurité. Elle ne le montre pas.
- Monsieur Jörvar, qu'elle murmure d'une voix nouée par les lieux, l'odeur, les souvenirs.
Les lèvres se pincent en une fine moue qui, si l'on connait ses traits stoïques, peut sembler à un sourire. Elle lui adresse un léger signe de tête, pour le saluer. La seconde suivante, elle quitte son regard, baisse de nouveau les yeux, la tête aussi, un peu. Elle recule d'un pas, puis deux, pour ne plus le toucher. Sahar a cette impression d'être trop proche, encore.
Les lèvres se pincent puis elle grimace, cherchant quoi dire, se demandant pourquoi elle cherche, aussi. L'esclave n'a pas besoin de lui parler.
Elle lève les yeux vers lui, malgré tout, ouvre la bouche pour quelque chose, la garde ouverte quelques secondes, la confusion dansant sur le faciès, avant de la fermer, sans mots. Les sourcils restent froncés et le regard, dans le sien, comme si elle espérait qu'il sache plus qu'elle ce qu'elle désire dire.
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