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 blood of my blood. (sjøen)
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Sujet: blood of my blood. (sjøen)   - Ven 12 Mai - 4:00



au fer de lance
Une rafale diluvienne dérange subitement les pavillons de la cour d’entraînement. L’erg où combattent les soldats du roi est menacé depuis l’aurore par la froidure d’un hiver que le printemps peine à déloger. Leurs plastrons, cuirasses et boucliers luisent comme des carapaces d’insectes noirauds cherchant à gober la clarté du jour. Cet effort physique qui les ahane donne à leur gueule tendue une mine patibulaire coudoyée par le sang-froid relevé, non sans peine, depuis que le prêche du Konungr a fait son œuvre et a creusé dans leur sapience les sillons de la confiance. Inéluctable, dès la nouvelle de la trahison filiale apprise, le sire s’en est allé tonitruer au faciès de ses troupes toute une logorrhée de seigneur attendant après leur hardiesse, dévotion et puissance. De la démagogie tapie sous rauquements pour que soient anéantis les doutes et angoisses ébréchant une armée amputée, désertée par des camarades et amis aujourd’hui adversaires, félons, couards. Trois mots serinés par le monarque lorsque, ce matin encore, il se tenait à cet endroit précis, modeste tourelle de bois surplombant le camp aux factions centuplées depuis la déclaration de guerre. L’homme sous couronne a abandonné ses opulents atours pour s’harnacher de cuir, de bure, d’acier et de gravité, vibrant d’un quant-à-soi martial qui a raclé cette bonhomie naturelle avec laquelle, jusqu’aux festivités d'einmánuðr, le Munificent paradait. Pognes fermement enroulées contre balustrade, il mire les affrontements factices qui, en contre-bas, s’éploient à grands coups de saxes et haches, tandis que plus loin sifflent les flèches dégobillées par les archers au silence de plomb. Les orbes vont et viennent, auscultent les gestes et contorsions, dardent sur telle bisbille ou tel quolibet mimé la menace sous-jacente d’un régiment désuni. Mais l’on se tient. Peut-être par droiture, peut-être, aussi, parce que les bellicistes ont remarqué depuis quelques instants déjà le retour de leur chef dans la casemate. Après un bref entretient avec Akam afin que lui soient révélées l’humeur générale et les lacunes patentes senties çà et là parmi les nouvelles recrues, Markvart est directement monté sur son juchoir de gypaète. Un point d’honneur est journellement mis pour venir examiner ses combattants, après quoi il redescend et vient suer à leur flanc, se rompant pareillement à l’exercice comme le plus commun des quidams.  

Cette fois-ci, néanmoins, quelque chose attire son attention. Ou plutôt quelqu’un. Veillant à ne point fixer la jeune silhouette pour qu’aucun soupçon ne soit éveillé chez la bleusaille, le souverain prétexte épier un duo de ferrailleurs pour mieux garder dans un coin de son champ de vision la carrure fluette de l’apprenti reître. Nonobstant sa vigueur, le novice fait montre d’une malhabileté certaine, quoique naturelle considérant son âge vraisemblable et son envergure malingre. Un jeu de jambes et une brève esquisse de minois sous casque plus tard, la mâchoire du patriarche se contracte lors même que l’identité du garçon lui est dévoilée. Il ne connaît peut-être pas les goûts et dégoûts de sa marmaille, pater familias indigne ! – quoique dûment remercié par un fils plus indigne encore que son maudit géniteur –, il sait reconnaître la chair de sa chair lorsqu’il en décèle la couleur dans une mare soldatesque. Disjoignant ses épaisses phalanges du vieux bois ouvragé, il ébranle carcasse et dévale calmement les marches avant de rallier la fange conglomérée. Le lourd manteau obscur en peau de bête est délaissé sur billot, tandis que la dextre saisit l’Ulfberht et la dégaine avec roideur. L’on s’écarte pour laisser place nette au Soleil Noir, avant de reprendre la lutte une fois son pas éloigné. Il arrive à hauteur de l’adolescent qui s’échine à cogner un fagot de paille à l’effigie humaine et, sans crier gare, abat sa lame contre celle plus fine. L’épée saute des menottes et rejoint la terre meuble comme un corps inerte tombé au front. De quoi arracher, sans conteste, l’attention du gamin.
Enfin. De sa gamine.  
L’incident attire les regards et un certain malaise se met à voleter autour du Konungr et du tendron que d’aucuns constatent être la princesse Sjøen. D’autres, moins proches du face-à-face, croient encore en la présence d’un jeunot. « Qui t’a appris à tenir une arme, mon garçon ? Une éclopée de rombière ? » La phonation, de prime abord dure, dérobe aux esgourdes impies la maladresse d’un père qui sait n’être qu’un étranger. Substituer encore un peu l’identité réelle de la cadette, c’est se donner la chance d’abattre les murailles tutélaires ayant, pendant plus d’une décade, handicapé toute approche à l’endroit de cette enfant. « Reprends ton aiguille. Et ne fais pas semblant, cette fois-ci. » Convoyant la bravade d’un sourcillement narquois, il se place face à l’aspirante et, une fois fait, la désarme derechef. La saynète en fait rire certains qui, devant l’évidente indulgence du pater ne morigénant pas sa progéniture pour autre chose que son adresse, se remettent au labeur. « Avant de vouloir guerroyer, instruits-toi au maintien. Un navire aura beau posséder les voiles les plus souples qui soient, il n’ira jamais loin si sa coque est malbâtie. Ramasse, et ne me laisse plus te soulager du poids de ton acier, ou c’est de ta main que je te délesterai pour de bon. » À en voir le sérieux des rides usant avant l’heure le quinquagénaire, son défi est redoutablement franc. Adulte elle veut être. Adulte elle sera. Les traitements de faveur n’étant pas, de toute manière, une marotte chez ce paternel.
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Sjøen Lund
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AGE : Quatorze printemps. Tout juste.
STATUT CIVIL : Encore loin, très loin des histoires de mariages et d'alliances.
METIER : Fille de roi, dernière née.
LOCALISATION : Solstheim. Là où vit sa famille. Dans ce grand... truc... vide et ennuyeux.

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Sujet: Re: blood of my blood. (sjøen)   - Sam 13 Mai - 18:46

We're not fighting, we're... having a grown up conversation.

BLOOD OF MY BLOOD






C
es jours étaient bien étranges. Pourtant, le ciel restait le même. Gris, lourd, comme si les cieux eux-mêmes n’avaient pas vu cela venir. La trahison, pareille à une odeur, invisible mais présente. Parfois foudroyante. Même si la princesse avait toujours douté du moindre mot de son aîné – il n’était pas comme elle, directe et malhabile de ses paroles – jamais elle n’aurait cru possible ce qui se passait. Traître… Oh elle s’était toujours plainte de sa famille ! Jamais acceptée, jamais considérée, toujours sur le côté. Et en ces jours troubles, la jeune fille se sentait même écartée de ce qui, fut un temps, la déchargeait de toute cette rancœur. Tenter d’esquiver les gardes pour jouer au chef de gang dans la basse-ville, ça l’avait excitée pendant un temps… mais à cet instant précis, elle souhaitait faire partie de quelque chose de plus grand. Quelque chose de plus important. Akam était de moins en moins là pour la garder ou la surveiller, signe évident pour la princesse qu’il avait des tâches bien plus primordiales à régler. Les préparatifs d’une guerre, par exemple… La guerre, les batailles, les fracas d’épée sur l’herbe rougie. Chaque fois qu’elle y pensait, son ventre se compressait. Excitation, peur, empressement, doutes… Tant de sentiments se mélangeaient, sans qu’elle ne parvienne à savoir si elle en avait réellement envie ou non.

Oh Sjøen… si tu savais. Tu auras l’occasion d’y prouver qui tu es ! Ce dont tu es capable. Et là, tous ceux qui t’auront sous-estimée n’auront même plus de paupières pour fermer les yeux sur tes prouesses. Car les grands héros sont ainsi : ils prouvent leur valeur dans le feu des combats !

Comme si cette pensée avait regonflé son torse, la jeune fille s’empressa de quitter sa rêverie pour s’élancer dans les couloirs. Le terrain d’entrainement n’était pas bien loin, et sa main la démangeait. Heureusement pour elle, tout le monde était bien trop occupés pour se rendre compte qu’un casque vint à manquer. Tout comme une épée fine, simplement posée sur un amas d’armes diverses. En dépit de tout ce qu’elle aimait penser d’elle, la jeune fille avait bien conscience qu’avec son gabarit, une épée comme celles des combattants de son père ne serait pas conseillé. Il n’y avait plus de plaisanterie, plus de jeux d’enfant… En enfonçant ce casque – certes un peu grand – sur son crâne et en brandissant cette épée, elle devenait un soldat. Un guerrier ! Un homme qui se bat pour vivre, et qui vit pour se battre… Au milieu du tumulte des armes, des cris essoufflés et de la sueur des hommes qui s’échangeaient lames et poings avec violence mais discernement, elle se glissa telle une souris, se cherchant un espace pour pouvoir s’exprimer elle aussi. Face à ce pantin de paille immobile par exemple. Oui, lui ferait un partenaire idéal ! Ce n’était pas comme si quelqu’un allait sacrifier son temps pour s’entrainer avec l’adolescente. Qu’ils se rendent tous aux portes de Helheim. Répétant les maigres mouvements qu’elle avait appris en espionnant sa sœur aînée et en se rappelant des quelques conseils qu’Akam lui avait prodigués, elle s’appuya sur une de ses jambes pour donner un coup direct sur le pantin. Puis un deuxième. Elle manqua de perdre l’équilibre suite au contrecoup, mais se reprit. Elle recommença. Son entourage disparaissait petit à petit, et elle ne voyait plus que son adversaire, son ennemi, celui qu’elle s’était juré de tailler en pièce.

Un fracas. Soudain, cinglant, l’arme lui échappa des mains. La jeune fille se figea d’un coup, son cœur ne battit plus jusqu’à ce qu’elle leva son regard vers son paternel. «Qui t’a appris à tenir une arme, mon garçon ? Une éclopée de rombière ? »Elle en resta sans voix, les sourcils légèrement froncés mais les yeux incapables de se baisser vers son épée. Une fois le choc passé, son pied recula d’un pas, ses poings se serrèrent.

« Moi-même ! » clama-t-elle, presque agressivement. Ce n’était évidemment pas lui qui lui avait enseigné ces choses-là, même si elle en avait vu, des pères qui enseignaient à leur progéniture ses connaissances. À évidence, sa famille avait toujours marché différemment. « Voyez-vous une autre éclopée de rombière par ici, père ? »

Elle se doutait bien que ce n’était pas une bonne réponse, et qu’elle avait reçu assez d’aide pour ne pas avoir à revendiquer l’intégralité de ses prouesses. Mais elle se sentait insultée quand son père, son propre père, venait juger son dur labeur sans y avoir participé une seule fois. «Reprends ton aiguille. Et ne fais pas semblant, cette fois-ci. » Il se plaça devant elle, et si de prime abord elle ne pouvait pas croire qu’après tout ce temps, le konungr prenait enfin soin d’entrainer sa progéniture, la jeune fille se prêta au jeu. Elle reprit sa posture, ses doigts tenant fermement la poignée de son épée, le regard ne faiblissant pas face à son géniteur. Elle attaqua. Mais il la désarma aisément. Encore une fois, sa lame rencontra le sol, et la jeune fille s’en voulut. Depuis si longtemps elle espérait prouver au monde qu’elle était forte et douée, et en particulier à son géniteur qui l’avait sans cesse délaissée… et voilà que pour la deuxième fois dans la même journée, elle perdait son épée d’un seul geste de son adversaire. Ses dents serrées et ses traits frustrés ne laissaient aucun doute sur l’insatisfaction qu’elle ressentait. « Avant de vouloir guerroyer, instruits-toi au maintien. Un navire aura beau posséder les voiles les plus souples qui soient, il n’ira jamais loin si sa coque est malbâtie. Ramasse, et ne me laisse plus te soulager du poids de ton acier, ou c’est de ta main que je te délesterai pour de bon. » Elle obéit, ne le quittant pourtant pas des yeux. Entendre cette menace de perdre sa main ne lui faisait pas peur, ce n’était pas la première fois qu’on lui adressait ce genre de mot. Et en temps normal, elle n’était pas avare de répartie ! Mais la situation était trop étrange pour qu’elle puisse réellement répondre. Il s’agissait de son père, et non pas d’un autre gamin des rues.

« Venez donc me la couper. » grinça la princesse entre ses dents, ne pouvant malheureusement pas retenir sa langue.

L’épée de nouveau dans sa main, elle se remit en garde, essayant de se calquer davantage sur la posture de son paternel. Ou bien celle des autres soldats autour. La princesse ne saurait dire s’il était dur car il la sous-estimait comme tant d’autre, ou bien parce qu’il la voyait comme… une sorte d’égale. Ou du moins comme un konungr pouvait voir un combattant. Un apprenti combattant.

Son pied prit un nouvel appui, et encore une fois elle s’élança contre son père, prenant garde à ne pas se faire désarmer aussi facilement que les deux dernière fois. Elle opta alors pour une attaque moins frontale, en essayant de frapper sur le flanc gauche.
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